De nombreuses entreprises chinoises licencient leurs employés après la mise en place de l’IA
par Laurie Chen
PÉKIN, 10 juin (Reuters) – Selon Liu, qui travaillant pour une grande entreprise du secteur de l’Internet à Hangzhou, son employeur a discrètement remercié les travailleurs indépendants en mars, après avoir imposé l’utilisation d’outils d’Intelligence artificielle (IA), notamment l’agent OpenClaw, qui a connu une adoption fulgurante dans le pays cette année.
Depuis l’essor de cette technologie, Pékin souhaite que les entreprises y recourent suffisamment rapidement pour transformer la productivité, mais pas de manière excessive, ni trop visible, pour éviter les licenciements massifs et une instabilité sociale.
Les sociétés comme celle ou travaille Liu, qui a demandé l’anonymat en raison du caractère sensible du sujet, procèdent discrètement à des renvois à petite échelle, espérant gagner en productivité grâce à l’IA sans attirer l’attention du gouvernement, selon neuf employés issus des secteurs de la technologie, du divertissement et de la publicité.
Le Conseil d’État chinois et le ministère des Ressources humaines n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires envoyées par fax.
DES ENTREPRISES CHERCHENT À ÉVITER LES LICENCIEMENTS MASSIFS
En vertu de la législation chinoise du travail, les entreprises doivent obtenir l’autorisation du gouvernement pour toute suppression d’emplois dépassant 10% de leurs effectifs. Les tribunaux chinois se sont prononcés à au moins trois reprises contre des sociétés ayant licencié des salariés pour les remplacer par l’IA.
Selon un cadre supérieur d’une entreprise chinoise de fintech, une restructuration est déjà en cours dans les grands groupes, visant notamment le secteur du marketing et les services à la clientèle.
Un ingénieur de la division cloud d’Alibaba,, a également déclaré que les réductions d’effectifs liées à l’IA avaient commencé dans certaines parties de l’entreprise et qu’elles se dérouleraient probablement par le biais de diminutions progressives et de départs naturels, plutôt que par une seule vague de licenciements massifs.
Alibaba n’a pas répondu à la demande de commentaires de Reuters.
BOOM DE L’IA ET RÉDUCTION DES EMPLOIS
L’initiative « AI Plus » de Pékin vise une adoption de cette technologie à hauteur de 70% dans les secteurs clés d’ici 2027 et de 90% d’ici 2030. Les analystes ont prévenu qu’une période de transition difficile suivra certainement et ont affirmé que la création d’emplois liés à l’IA est plus lente que leur suppression.
Alors que les offres pour ce type de postes ont bondi de 74% en 2025, cet essor masque un marché global en difficulté où un nombre record de 12,7 millions de diplômés universitaires sont confrontés à une baisse des salaires de départ et à une diminution des emplois.
Citibank a estimé dans un rapport récent que 9,6% de tous les emplois chinois – soit environ 70 millions – sont exposés à un risque élevé de suppression due à l’IA. Ce risque atteint 13,6% pour les travailleurs âgés de la vingtaine.
L’industrie du divertissement fait partie des plus touchées, les studios de micro-séries à petit budget se tournant vers des acteurs et des décors générés par des systèmes d’automatisation.
Certains outils d’IA sont déjà commercialisés pour remplacer des services entiers. Wukong, la plateforme d’Alibaba destinée aux entreprises, propose d’automatiser des tâches telles que les ventes en ligne, le livestreaming et le développement de logiciels.
(Rédigé par Laurie Chen et la rédaction de Pékin; rédaction complémentaire de Casey Hall à Shanghai et Eduardo Baptista à Pékin; version française Rihab Latrache, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Nos deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

