Ceuta: Manifestations de soutien à l’enclave en Espagne
par Victoria Waldersee et Miguel Pereira
CEUTA, Espagne, 2 septembre (Reuters) – Des représentants d’habitants de l’enclave de Ceuta ont appelé au calme mercredi alors que des rassemblements étaient prévus dans la soirée à travers l’Espagne en signe de solidarité avec ce territoire espagnol d’Afrique du Nord, confronté à une crise migratoire et humanitaire sans précédent.
Près de cinq semaines après une vague d’arrivées à la frontière en provenance du Maroc qui a fait des morts, les autorités de Ceuta estiment que plus de 10.000 migrants, dont des mineurs non accompagnés, se trouvent toujours dans l’enclave, dans des camps de fortune ou dispersés dans ses rues et sur ses plages.
Leur présence a entraîné des manifestations quasi quotidiennes d’habitants dénonçant la gestion de la crise par Madrid. Ils réclament le retour des migrants dans leurs pays d’origine ou leur répartition dans le reste de l’Espagne.
« Le gouvernement n’a pas agi face à une situation critique. La situation échappe de plus en plus à tout contrôle. Nous sommes fatigués, tout comme ceux qui sont venus commencent à l’être, et les tensions montent », a prévenu Lola, une habitante de Ceuta qui n’a donné que son prénom.
Francisco Garcia Segado, président de l’association de résidents FPAV Ceuta, a précisé que les organisateurs de la manifestation souhaitaient qu’elle soit « propre, libre, sans manquer de respect à qui que ce soit », tout en empêchant la participation de l’extrême droite, par crainte que des militants venus de la péninsule ne provoquent des violences.
« Ce que nous voulons, c’est la tranquillité (…) revenir à la normale. Revenir à la normale signifie que chacun retourne d’où il vient », a-t-il dit.
Les récentes manifestations ont été marquées par des attaques sporadiques contre un campement de fortune installé sur la plage d’El Trampolin ainsi que par l’arrestation de ressortissants marocains accusés d’avoir lancé des pierres et des bouteilles sur des patrouilles de l’armée.
BLOCAGE POLITIQUE
Les manifestations organisées mercredi dans toute l’Espagne ont été organisées par la Fédération espagnole des municipalités et provinces (FEMP), dominée par le Parti populaire (PP), principale formation de l’opposition conservatrice.
Le gouvernement de gauche garde ses distances avec cette initiative, accusant la droite d’exploiter la crise à des fins politiques.
« Il ne s’agit pas de défendre Ceuta et les habitants de Ceuta, mais d’attaquer le gouvernement », a dénoncé le ministre socialiste de la Politique territoriale, Angel Victor Torres, sur les ondes de la radio publique RNE.
Des collectifs de gauche et des syndicats ont parallèlement organisé des contre-rassemblements dans plusieurs villes, dont Madrid, afin de dénoncer les « persécutions et attaques racistes et islamophobes » visant les migrants à Ceuta.
Les discussions entre les autorités locales et le gouvernement central sur la gestion de la crise restent dans l’impasse. Le PP, qui dirige la plupart des régions, certaines avec l’appui du parti d’extrême droite Vox, demande l’expulsion de toutes les personnes encore présentes, y compris les mineurs.
Le gouvernement a de son côté porté la capacité des centres d’hébergement temporaires à plus de 3.400 places, contre environ 500 auparavant, et a déployé plus de 1.600 policiers.
Mais des associations locales et des responsables politiques jugent que ces mesures demeurent très insuffisantes pour garantir la sécurité des habitants comme des migrants.
« Le gouvernement central doit fournir des financements et le gouvernement local doit fournir des espaces (…) c’est le bras de fer auquel nous sommes confrontés », a déclaré Juan Miguel Morales, directeur Sur Acoge, une association qui défend les droits des exilés.
« La réponse a manqué de réactivité, c’est une évidence », a-t-il ajouté.
(Victoria Waldersee in Ceuta, Corina Pons, Emma Pinedo et David Latona à Madrid, version française Nicolas Delame, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Nos deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.


