Cameroun : Un feminicide à Yaoundé relance le débat sur les violences de genre
Le meurtre brutal de Beguel Crescence Merline, poignardée à mort le 25 août 2026 dans un hôtel de Yaoundé par un jeune homme rencontré sur Internet, suscite une vive vague d’indignation au Cameroun. Ce drame pousse la société civile et les organisations de défense des droits humains à exiger une législation spécifique et ferme contre les féminicides, dans un contexte national marqué par une recrudescence alarmante des homicides basés sur le genre.
Un rendez-vous virtuel qui bascule dans l’horreur
Le mardi 25 août 2026, le quartier Fouda à Yaoundé est devenu le centre d’une tragédie qui a secoué la capitale camerounaise. Beguel Crescence Merline, une femme de 44 ans, a été mortellement agressée au sein de l’établissement hôtelier Salvador. Son agresseur présumé est un jeune homme de 22 ans, résidant habituellement à Douala, avec qui elle avait noué des contacts via les réseaux sociaux.
Selon les premiers éléments de l’enquête préliminaire, une violente dispute a éclaté à l’intérieur de la chambre d’hôtel occupée par le suspect. Ce dernier accusait la victime d’avoir utilisé un faux profil en ligne lors de leurs échanges textuels. Le conflit portait également sur une demande de remboursement de l’argent dépensé par le jeune homme pour organiser cette rencontre physique. L’altercation a rapidement dégénéré en violence physique. Malgré les appels au secours répétés de la victime, l’agresseur lui a porté des coups de couteau mortels au niveau de la gorge. Le suspect a tenté de prendre la fuite par les toits du bâtiment avant d’être encerclé, maîtrisé et blessé par un comité de vigilance local, puis remis à la gendarmerie.
Indignation des autorités et condamnations unanimes
La violence de ce crime a immédiatement provoqué la réaction des autorités administratives et judiciaires locales. Le préfet du Mfoundi et le procureur de la République se sont rendus sur les lieux du drame pour constater les faits et veiller au bon déroulement de l’enquête. Les autorités ont promis que toute la lumière serait faite sur cette affaire et que le suspect présumé répondrait de ses actes devant les tribunaux compétents.
Au-delà des cercles officiels, l’annonce de ce meurtre a provoqué une vague de condamnations unanimes au sein de l’opinion publique et de la société civile internationale. Plusieurs associations de défense des droits des femmes ont exprimé leur colère face à la multiplication de ces actes de violence.
Elles rappellent que les plateformes numériques sont devenues des espaces à haut risque pour les femmes en l’absence de mécanismes de protection adaptés. Les militants dénoncent une forme de banalisation de la violence sexiste et appellent à une prise de conscience collective pour protéger les citoyennes.
Des appels pressants pour criminaliser le féminicide
Face à l’insuffisance des outils juridiques actuels, les collectifs féministes et plusieurs acteurs politiques demandent une réforme urgente du Code pénal camerounais. Actuellement, la législation nationale traite ces crimes sous la qualification globale de meurtre ou d’homicide involontaire, sans distinction de la dimension sexiste ou sexuelle.
Les défenseurs des droits humains lancent un appel pressant au gouvernement, notamment au ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, pour qu’une loi spécifique sur le féminicide soit adoptée par le Parlement. L’objectif de cette réforme est d’inscrire le terme « féminicide » dans le droit positif camerounais afin de durcir les peines encourues, de supprimer les circonstances atténuantes pour les crimes passionnels et de garantir une meilleure prise en charge des plaintes pour violences conjugales ou harcèlement.
Une crise nationale : le bilan macabre des violences de genre
Ce meurtre s’inscrit dans une tendance lourde et inquiétante au Cameroun. Les violences de genre connaissent une progression géométrique ces dernières années. En juin 2026, lors d’une session à l’Assemblée nationale, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille révélait déjà un bilan officiel de 50 cas de féminicides enregistrés pour les seuls quatre premiers mois de l’année.
Avec ce nouveau drame survenu à Yaoundé, les données compilées par la société civile et les médias indiquent que plus de 60 femmes ont perdu la vie sous les coups d’un conjoint, d’un partenaire ou d’un agresseur sexiste depuis le début de l’année 2026. Cette statistique dépasse les niveaux enregistrés aux mêmes périodes en 2024 et 2025, confirmant que le Cameroun traverse une véritable crise sécuritaire et sociale liée au genre qui nécessite une réponse politique immédiate.
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