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Après la déroute du premier tour, les Républicains jouent leur survie en France

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Le score historiquement bas de la candidate des Républicains, Valérie Pécresse, au premier tour de l’élection présidentielle en France pose la question de l’avenir, voire de la survie d’un parti longtemps considéré comme incontournable sous la Ve République.

« Et maintenant ? », se sont demandé les militants dimanche soir à l’annonce du résultat qui a fait l’effet d’une douche froide : moins de 5%, sous la barre synonyme de remboursement des frais de campagne.

A cette même période il y a dix ans, Nicolas Sarkozy briguait un second mandat à la tête d’une famille politique issue du gaullisme qui venait de régner pendant 17 ans sur le pays. Il a perdu face au socialiste François Hollande, lui-même remplacé cinq ans plus tard par Emmanuel Macron.

Aujourd’hui, l’existence même des Républicains est en jeu, alors que les voix de ses électeurs se dispersent entre Emmanuel Macron, la candidate Rassemblement national Marine Le Pen, qualifiée pour le deuxième tour, et l’essayiste d’extrême droite Eric Zemmour.

« J’ai dû batailler sur deux fronts. Contre le camp du président sortant et contre celui des extrêmes, alliés pour diviser et battre la droite républicaine », a déclaré Valérie Pécresse dans son discours de défaite où elle a dit qu’elle voterait à titre personnel Emmanuel Macron au second tour le 24 avril. « Le réflexe du vote utile a joué à plein. »

La candidate malheureuse, « endettée de cinq millions d’euros », a lancé lundi un appel aux dons pour financier sa campagne.

Après avoir dynamité le Parti socialiste il y a cinq ans – un enterrement confirmé dimanche par le score d’Anne Hidalgo, inférieur à 2% – le positionnement « ni de droite ni de gauche » d’Emmanuel Macron frappe de plein fouet le centre-droit.

Son programme économique lui fait souvent écho, de même que le durcissement de son positionnement sur la sécurité et l’immigration, empêchant toute confrontation réelle.

« ÊTRE PRÊTS » POUR 2027

Des ténors de LR comme l’ancien ministre Eric Woerth, le maire de Nice Christian Estrosi et le président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur Renaud Muselier n’ont pas attendu la présidentielle pour rallier Emmanuel Macron. D’autres, comme Guillaume Peltier, ont rejoint Eric Zemmour.

Dans le camp du président sortant, des mouvements s’opèrent sans pour autant former pour l’instant de force cohérente, avec notamment la constitution du pôle « Horizons » emmené par l’ancien Premier ministre Edouard Philippe en vue des élections législatives des 12 et 19 juin.

« Nous ne sommes fongibles ni dans le lepénisme, ni dans le macronisme », a déclaré lundi le président de LR, Christian Jacob, à l’issue d’une réunion organisée pour tirer les conséquences du premier tour.

« L’enjeu c’est les législatives, ce qui compte c’est l’unité et l’indépendance », a-t-il ajouté.

Comme lui, une partie des troupes LR veut préparer en priorité le scrutin parlementaire de juin qui verra le parti, majoritaire au Sénat, tenter de sauver ses 101 députés. D’autres ont déjà les yeux rivés sur la prochaine course à l’Elysée.

Certains, y compris dans l’entourage d’Emmanuel Macron, attendent un signe du président Nicolas Sarkozy, encore très influent dans sa famille politique et qui n’avait pas soutenu publiquement Valérie Pécresse.

« Je ne pense pas que notre parti va s’effondrer », a estimé dimanche soir le député LR Julien Aubert. « Si Le Pen perd, c’est fini et si Macron gagne, ce sera son dernier mandat donc en 2027 il y aura besoin de quelque chose de nouveau et il faudra être prêts ».

De nombreux militants avec lesquels Reuters s’est entretenu ont en effet mis en garde contre la tentation d’enterrer trop vite un parti qui dirige des régions, des villes et de nombreuses collectivités locales, alors que la « macronie » a du mal à s’implanter dans les territoires.

Pour Jacques, avocat retraité âgé de 67 ans, la priorité est de consolider la maison fissurée avant qu’elle ne s’effrondre. « Il y a un risque que le parti explose et le positionnement de Sarkozy n’aide pas. Ça dépendra de la dynamique de Marine Le Pen mais il faut qu’on reste unis », a-t-il dit à Reuters.

(Reportage John Irish avec la contribution d’Elizabeth Pineau, édité par Jean-Michel Bélot)

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