L’Iran reconnaît avoir abattu l’avion d’Ukraine Airlines à Téhéran
L’Iran reconnaît avoir « involontairement » abattu mercredi le Boeing 737-800 d’Ukraine International Airlines à Téhéran, tuant les 176 passagers et membres d’équipage à son bord, a rapporté samedi la chaîne de télévision nationale iranienne, citant l’armée iranienne. L’armée dit avoir pris cet appareil pour un avion hostile.
L’armée iranienne est responsable de l’accident du vol 752 d’Ukraine International Airlines, porte-drapeau et plus grande compagnie aérienne de l’Ukraine, qui devait relier l’aéroport international Imam-Khomeini de la capitale iranienne Téhéran à l’aéroport international Boryspil de la capitale ukrainienne Kiev. Les 176 personnes à bord ont péri, dont 138 se rendaient au Canada.

Les Américains disent se fonder sur des images satellite montrant des taches de chaleur caractéristiques de deux missiles sol-air qui auraient été tirés deux minutes après le décollage du Boeing 737 d’Ukraine Airlines de l’aéroport Imam-Khomeini. /Photo prise le 8 janvier 2020/REUTERS/Nazanin Tabatabaee/WANA
Le crash aérien le plus meurtrier en Iran depuis 2003
L’accident du vol 752 d’Ukraine International Airlines est le crash aérien le plus meurtrier survenu en Iran depuis l’accident d’un Iliouchine Il-76 en 2003 qui avait provoqué la mort de 275 Gardiens de la révolution. C’est également le plus grave pour le Canada depuis celui du vol 182 d’Air India en 1985, qui a coûté la vie à 268 Canadiens. C’est le pire accident impliquant un Boeing 737 NG, surpassant celui du vol 812 Air India Express en 2010, et le deuxième le plus meurtrier d’un Boeing 737 après celui du 737 Max 8 de dernière génération du vol 610 Lion Air en 2018.

UKRAINE AIRLINES: WASHINGTON JUGE CRÉDIBLE UN TIR ACCIDENTEL IRANIEN
Quelle est l’origine du crash ?
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré que selon des sources concordantes des services de renseignement alliés, l’avion aurait été abattu par un missile sol-air Tor-M1, ce qui est l’une des pistes de l’enquête ukrainienne mais qui est réfutée par les autorités iraniennes.
Les données de vol transmises par ADS-B et recueillies par Flightradar sont normales. La réception s’arrête brutalement à 6 h 14, en montée, moins de trois minutes après le décollage. La dernière altitude-pression transmise est de 2 415 m (7 925 pieds), soit 1400 m environ au-dessus de l’altitude de décollage. La vitesse était alors de 275 kt (509 km/h). L’avion s’est écrasé à 6 h 222 dans un parc de loisirs de Chahriar, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Téhéran. Aucun appel de détresse n’a été reçu par le contrôle aérien.
Sur une vidéo amateur publiée par Ali Hashem TV, on voit très clairement un objet lumineux tomber du ciel à quelques kilomètres de distance du vidéaste – témoin au sol – puis à l’approche du sol cet objet se disloque dans un halo de lumière correspondant à des flammes ; l’impact n’est pas visible mais est concomitant d’un ciel nocturne subitement éclairé comme il le serait par l’embrasement d’une grande quantité de carburant. Selon des témoins dans un autre avion l’appareil aurait été en feu et aurait fait demi-tour par la droite vers l’aéroport avant son écrasement au sol. Les médias australiens, russes et américains (dans l’ordre chronologique des fuseaux horaires) relaient cette version.

Un mémorial à l’aéroport international Boryspil, près de Kiev. Un tir accidentel de missile iranien est très probablement à l’origine du crash mercredi de l’avion de ligne de la compagnie Ukraine International Airlines peu après son décollage de Téhéran, ont estimé des responsables américains jeudi. /Photo prise le 8 janvier 2020/REUTERS/Valentyn Ogirenko
Des missiles iraniens tirés vers des bases militaires en Irak
Dans la même nuit, une dizaine de missiles iraniens ont été tirés vers des bases militaires en Irak. L’hypothèse que l’avion ait été touché par des missiles anti-aériens a été rapportée notamment par le journal jordanien Al-Hadath, et jugée plausible, jusqu’à preuve du contraire, par des experts en sécurité. Mais elle a été démentie par les autorités iraniennes. Pour comprendre cette hypothèse, il faut préciser que les attaques iraniennes ciblant les bases américaines en Irak se sont terminées vers 2 h 00 locales soit envrion 4 h avant la perte de l’appareil ukrainien, ce qui implique que l’hypothèse de l’avion abattu correspondrait à un projectile ciblant l’aéronef (intentionnellement ou par erreur) et non un projectile ciblant les bases américaines en Irak.

Les sauveteurs travaillent sur les lieux du crash d’un Boeing 737 ukrainien dans le district de Parand, dans le sud de Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2020. (Xinhua/Ahmad Halabisaz)
L’avion a été abattu, selon le Pentagone
Initialement, les services de renseignement occidentaux ont déclaré qu’ils privilégiaient une cause accidentelle. Mais le 9 janvier 2020, des sources concordantes au Pentagone et dans les services de renseignement américains et irakien indiquent que l’avion aurait été abattu accidentellement par un missile sol-air Tor-M1. En effet, la défense anti-aérienne iranienne était en alerte en raison de la crise avec les États-unis. Des émissions radar, ainsi que 2 flashes infra-rouges correspondant à des départs de missiles auraient été détectés. Des fragments de missile Tor auraient été retrouvés non loin du site du crash, ce que les autorités iraniennes ont démenti, précisant que l’hypothèse d’un missile était à écarter.
Le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine Oleksiy Danilov a confirmé que la destruction de l’avion par un missile Tor M-1 faisait partie des hypothèses envisagées, au même titre qu’une panne, une collision avec un drone ou un autre aéronef, ou une action terroriste.

Les débris de l’avion de ligne de la compagnie Ukraine International Airlines, un Boeing 737, qui s’est écrasé mercredi peu après son décollage de l’aéroport international de Téhéran, tuant les 176 personnes à bord. /Photo prise le 8 janvier 2020/REUTERS/Nazanin Tabatabaee/WANA (West Asia News Agency)
Justin Trudeau et Boris Johnson fustigent l’Iran
Le 9 janvier 2020, le premier ministre canadien Justin Trudeau déclare également que l’avion aurait été abattu par les forces iraniennes : « Nous avons des informations de sources multiples, notamment de nos alliés et de nos propres services qui indiquent que l’avion a été abattu par un missile sol-air iranien. Ce n’était peut-être pas intentionnel ».
Dans la foulée, le premier ministre britannique Boris Johnson a également déclaré que l’avion avait bel et bien été abattu par un missile.
La vidéo du New York Times
Le même jour, le New York Times publie une vidéo qui semble montrer un lancement de missile qui explose en touchant un avion. L’avion prend feu mais continue son vol. La vidéo a été localisée comme étant prise dans la ville nouvelle de Parand, et l’angle de vue correspond à la position et à la trajectoire connue de l’avion au moment où le contact a été interrompu. Le Times dit avoir vérifié plusieurs autres vidéos montrant ensuite l’avion en feu en direction de l’aéroport, et son explosion à l’impact.
L’Iran passe aux aveux
Le 11 janvier 2020, l’État-major des forces armées iraniennes a reconnu qu’une «erreur humaine» était à l’origine de l’accident du vol 752 d’Ukraine International Airlines assuré par un Boeing 737-800 qui s’est produit le 8 janvier 2020 à l’ouest de la capitale iranienne juste après son décollage de l’aéroport international Imam-Khomeini.
L’avion, un Boeing 737-800 immatriculé UR-PSR, avait effectué son premier vol le 21 juin 2016 et été livré à Ukraine International Airlines à la mi-juillet de la même année. L’appareil avait trois ans et sept mois au moment de l’accident.
Les victimes du crash
Parmi les victimes figurent neuf membres d’équipage. Le commandant de bord Volodymyr Gaponenko totalisait 11 600 heures sur Boeing 737 dont 5 500 en tant que commandant de bord. Le copilote Serhii Khomenko avait 7 600 heures à son actif sur Boeing 737. Ils étaient accompagnés d’un pilote instructeur, Oleksiy Naumkin, qui avait enregistré 12 000 heures sur Boeing 737 dont 6 600 en tant que commandant de bord. Le personnel navigant commercial comptait six personnes.

Un homme signe un livre de condoléances pour les victimes du crash à l’ambassade d’Iran à Minsk. L’enquête sur l’origine de l’accident de l’avion de ligne ukrainien se poursuivait vendredi au lendemain des déclarations canadiennes jugeant crédible l’hypothèse d’un tir accidentel de missile iranien. /Photo prise le 10 janvier 2020/REUTERS/Vasily Fedosenko
En plus des membres d’équipage, l’avion transportait 167 passagers soit 176 personnes à bord (sans aucun survivant). Selon le manifeste des passagers, il y avait à bord quatre-vingt-deux Iraniens et soixante-trois Canadiens. Au total 138 passagers avaient une correspondance à Kiev pour le Canada, la plupart faisant partie de la diaspora iranienne au Canada. Il y avait onze Ukrainiens à bord (dont les neuf membres d’équipage).
Eviter l’espace aérien iranien
Plusieurs compagnies aériennes ont immédiatement réagi au crash en déroutant des vols qui survolaient l’Iran ou en annulant des vols vers l’Iran. Qantas a dérouté ses vols pour éviter l’espace aérien iranien. Air France, Flydubai, Emirates, KLM, Lufthansa, Turkish Airlines et Ukraine International Airlines ont annulé leurs vols vers l’Iran. La Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis a interdit à tous les avions civils américains de survoler l’Iran, l’Irak, le golfe d’Oman ainsi que le golfe Persique.
Une enquête ouverte
Le jour même du crash, le porte-parole de l’Organisation de l’aviation civile iranienne (OAC), Reza Jafarzadeh, déclare qu’une équipe d’enquêteurs a été envoyée sur le site de l’accident. Le gouvernement ukrainien a également envoyé des experts à Téhéran pour participer à l’enquête dont certains ayant participé à celle du vol MH 17, abattu par un missile en Ukraine en 2014.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a donné instruction au procureur général ukrainien d’ouvrir une enquête criminelle sur l’accident. Un quartier général opérationnel sera formé par le Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine pour enquêter sur l’accident.
Les boîtes noires de l’appareil seront exploitées. Selon l’agence de presse semi-officielle Mehr les autorités iraniennes ont déclaré ne pas avoir encore déterminé vers quel pays elles seraient envoyées pour analyse, mais que ce ne serait pas les États-Unis. Malgré l’absence de relations diplomatiques avec l’Iran depuis 2012, le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a déclaré que son pays voulait jouer un rôle important dans l’enquête et proposé l’aide de ses experts.
Dans un rapport préliminaire du 8 janvier 2020, l’OAC confirme que l’avion s’est écrasé, en feu, avec une trajectoire de retour vers l’aéroport. Les boîtes noires (CVR et FDR) ont subi des dommages superficiels dus au feu et à l’impact. Conformément à l’annexe 13 de l’OACI, les autorités de l’Ukraine, des USA, de la Suède et du Canada ont été conviées à prendre part à l’enquête. Le rapport précise qu’un groupe de travail se consacre aux explosifs.
Conflit entre l’Iran et les USA
Le crash a lieu dans un contexte de tensions extrêmes en Iran avec les États-Unis : la veille, au moins 56 personnes sont mortes et 212 autres ont été blessées dans un mouvement de foule à Kerman lors des obsèques du général Qassem Soleimani, tué par les États-Unis en Irak quatre jours plus tôt. Dans la nuit, quinze ou vingt-deux missiles avaient été tirés par l’Iran sur des cibles américaines en Irak, sans faire de victimes selon Donald Trump, les forces armées irakiennes et les autres sources fiables, (mais tuant 80 personnes selon la télévision d’État iranienne).
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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