Quand les élections américaines virent aux critiques spirituelles
Lors de la convention républicaine, du 24 au 28 août 2020, les attaques contre la foi chrétienne de Joe Biden et des démocrates se sont multipliées. Petit aperçu des joutes religieuses qui animent et rythment la politique américaine.
Aux États-Unis, les conventions démocrate (du 17 au 20 août) et républicaine (du 24 au 28 août), organisées en vue des élections, ont toutes deux commencé par une prière, suivant la tradition. Mais il s’agissait de prières très différentes. Alors que le parti démocrate a prononcé une bénédiction sur «les républicains, les indépendants et les démocrates», la prière du parti républicain a clairement fait apparaître ses orientations politiques. «Nous prions pour que les membres de l’autre parti se détournent des ténèbres et se joignent à notre marche vers toi, notre Seigneur et Sauveur», a déclaré Jay Shepard, délégué du Vermont, qui se décrit lui-même comme «un catholique et républicain, partisan de Donald Trump».
De part et d’autre, les références religieuses étaient légion. Si la convention démocrate fut l’un des rassemblements les plus religieux dans l’histoire de la politique récente, la convention républicaine lui a probablement dérobé ce titre, multipliant les invectives. Le 28 août 2020, la convention républicaine s’est terminée le 28 août 2020 avec une attaque de Donald Trump lui-même. «Dans ce pays, nous ne comptons pas sur les politiciens de carrière pour nous sauver», a-t-il déclaré, en référence à «la bataille pour l’âme de la nation», slogan de Joe Biden. «Nous ne nous tournons pas vers le gouvernement pour restaurer nos âmes. Nous mettons notre foi en Dieu tout-puissant».
La posture d’attaque républicaine
Alors que les démocrates mettent en avant le catholicisme de Joe Biden, les républicains adoptent une posture d’attaque. Pour eux, l’appel des démocrates au nationalisme chrétien est lié à la suggestion que la foi chrétienne est attaquée en Amérique, une foi dont Donald Trump sera le garant.
Charlie Kirk, activiste conservateur, souligne que les démocrates ont été prompts à fermer les Églises, tout en laissant les entreprises ouvertes. Selon lui, les Églises du Nevada sont soumises à des mesures sanitaires plus strictes que les casinos. Donald Trump sera le «gardien de l’Amérique», a-t-il déclaré. Il garantira un mode de vie grâce auquel «vous pourrez librement pratiquer votre religion et où l’Église sera plus essentielle qu’un casino».
Donald Trump Jr., le fils aîné du président, a repris ce message la nuit-même. «Les gens de foi sont attaqués. Vous n’êtes pas autorisé à aller à l’Église, mais le chaos de masse a un laissez-passer. C’est presque comme si cette élection s’apprêtait à opposer l’Église, le travail et l’école aux émeutes, au pillage, au vandalisme ou, selon les termes de Joe Biden et des démocrates, aux « protestations pacifiques ».» – Une référence aux manifestations liées au mouvement Black Lives Matters, autorisées pendant la pandémie au contraire des cultes présentiels.
Le duo Joe Biden et Kamala Harris en ligne de mire
Les démocrates en général, Joe Biden et Kamala Harris en particulier, ont été considérés comme des ennemis de la foi. «La vision de Joe Biden-Harris pour l’Amérique ne laisse aucune place aux personnes croyantes», a déclaré Cissie Graham Lynch, fille de l’évangéliste Franklin Graham. «Que vous soyez boulanger, fleuriste ou entraîneur de football, ils vous forceront à choisir entre l’obéissance à Dieu ou à César.»
Toutes les références religieuses n’ont évidemment pas été formulées sous forme de critiques. Par exemple, Alice Johnson, avocate de la réforme de la justice pénale, avait mentionné sa foi en la justice et la miséricorde lors de l’examen de l’adoption du First Step Act, rare moment de bipartisme sous la politique de Trump. Lors de la Convention républicaine, une vidéo de Donald Trump et Andrew Brunson, pasteur évangélique, a été montrée. Emprisonné pendant deux ans en Turquie, le pasteur a été libéré en 2018 avec l’aide du gouvernement américain.
Or durant la convention, les attaques ciblées contre la foi personnelle de Joe Biden et sa position sur l’avortement étaient une constante. Lou Holtz, entraîneur de football renommé, a tourné en dérision la campagne de Biden et Harris, la qualifiant de «campagne la plus radicalement pro-avortement de l’histoire». Pour l’entraîneur, Joe Biden et Kamal Harris sont, comme d’autres politiciens, des «catholiques de nom seulement et ils abandonnent des vies innocentes.» (Harris fréquente une église baptiste et n’est pas catholique, ndlr.)
Conserver l’électorat chrétien
De leurs côtés, les démocrates ont aussi formulé des attaques à peine voilées sur la foi de Donald Trump, à l’instar de cette blague de la comédienne Julia Louis-Dreyfus: «Souvenez-vous, Joe Biden va à l’Église si régulièrement qu’il n’a pas besoin de gaz lacrymogènes et de troupes fédérées pour y entrer.»
Cependant, le discours des républicains sur Dieu a semblé renforcer le soutien du président auprès des évangéliques et d’autres chrétiens blancs qui constituent son électorat. Si certaines études indiquent que Donald Trump a conservé le soutien des évangéliques blancs, d’autres montrent qu’il est à la traîne parmi les fidèles à la suite de la pandémie. Il y a également une incertitude croissante quant à savoir si le président peut conserver la faveur des catholiques blancs – une force clé dans les États du Nord-Est du pays.
Si les attaques religieuses de la convention républicaine pourraient très bien fonctionner en termes d’électeurs, elles pourraient tout aussi bien avoir une influence contraire. En effet, le tir de Lou Holtz sur le catholicisme de Joe Biden a incité le Révérend John I. Jenkins, président de l’Université de Notre Dame dans l’Indiana, à faire la déclaration suivante: «Nous ne devons jamais remettre en question la sincérité de la foi d’un autre, qui est due au mystérieux fonctionnement de la grâce dans le cœur de cette personne.»
Suffit-il à Trump d’attaquer la foi des démocrates, d’invoquer le nationalisme chrétien ou de se présenter comme un champion de la liberté religieuse pour conserver le soutien qui l’a catapulté au pouvoir en 2016 ? Le temps nous le révèlera. Pour l’instant, les républicains semblent d’avantage désireux de le présenter comme un défenseur de la foi plutôt que comme un portrait de piété. Jay Shepard, qui a offert la prière d’ouverture de la convention républicaine, semble même reconnaître la relation chancelante que Trump entretient avec les questions religieuses. Il semble ainsi l’excuser : «Nous reconnaissons que la foi est un voyage. Nous commençons ce voyage là où nous sommes maintenant et où nous nous efforçons d’être. Aidez-nous, Seigneur, à suivre le président Trump, dont les actions montrent qu’il est en chemin.»
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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