La France lance un plan de 15 milliards d’euros pour « sauver » l’aéronautique
par Tim Hepher et Myriam Rivet
PARIS (Reuters) – Le gouvernement a lancé mardi un plan de 15 milliards d’euros pour soutenir l’industrie aéronautique française, décrétant « l’état d’urgence » pour un secteur au sein duquel 100.000 emplois sont menacés à court terme du fait du plongeon du trafic aérien lié à la crise sanitaire du coronavirus.
Ce plan de relance sectoriel, dont le montant intègre l’aide de sept milliards d’euros déjà accordée à Air France, représente « un effort total de 15 milliards d’euros », a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, à l’occasion d’une conférence de presse à Bercy.
Il comprend deux fonds dédiés au soutien des PME et ETI de la filière: un fonds d’investissement, doté de 500 millions d’euros dès cet été et qui atteindra un milliard d’euros à terme, pour favoriser leur développement et un fonds de 300 millions d’euros pour la robotisation et la numérisation.
Le premier fonds, auquel Airbus, Safran, Dassault et Thales ont accepté d’apporter 200 millions d’euros, après d' »âpres » discussions selon Bruno Le Maire, permettra notamment de « prendre des participations majoritaires si nécessaire », est-il précisé dans les documents de présentation du plan.
Soucieux de maintenir le rang de la France et de l’Europe, à travers Airbus, face à ses concurrents américain Boeing et chinois Comac, le gouvernement a décrété « l’état d’urgence pour sauver notre industrie aéronautique, pour lui permettre d’être plus compétitive, (…) plus décarbonée », a souligné Bruno Le Maire.
Le plan pour le secteur aéronautique français, qui vise aussi à « accélérer sa transformation écologique pour en faire un leader mondial de l’aviation zéro carbone », prévoit 1,5 milliard d’euros d’aides publiques d’ici 2022 pour soutenir la recherche, a expliqué la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.
UN AVION ZÉRO ÉMISSION EN 2035
« Ce plan vise notamment à préparer le successeur de l’A320 (…) en développant pour le début de la décennie 2030 un avion court et moyen courrier ultrasobre en consommation de carburant (…) et en préparant pour 2035 le passage à l’hydrogène pour un avion zéro émission », a-t-elle précisé, évoquant « une accélération de dix ans par rapport aux objectifs initiaux ».
Pour soutenir un secteur crucial pour l’économie française – avec 300.000 emplois, 1.300 entreprises et 34 milliards d’euros d’excédents commerciaux par an – la France prévoit aussi de recourir à la commande publique, pour plus de 800 millions d’euros.
Sur ce montant, 600 millions correspondent à une accélération du calendrier de commandes déjà prévues de ravitailleurs et d’hélicoptères pour l’armée de l’air, le reste recouvrant du matériel pour la gendarmerie et la sécurité civile.
Côté trésorerie, un moratoire a été instauré pour permettre aux compagnies aériennes de reporter de 12 mois le remboursement de leurs crédits à l’export (environ 1,5 milliard d’euros).
La France a par ailleurs proposé à la Commission européenne de porter au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) une proposition visant à assouplir temporairement les modalités de remboursement des crédits à l’export pour les nouveaux achats d’Airbus, ce qui représente au moins deux milliards d’euros.
PLAN « AMBITIEUX » SELON LE GIFAS
Le secteur aéronautique bénéficiera par ailleurs du dispositif d’activité partielle de longue durée en cours de discussions entre la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et les partenaires sociaux, afin d’éviter les licenciements et la perte de savoir-faire.
Le Gifas, qui fédère les entreprises de la filière, a salué par voie de communiqué un « ambitieux plan de relance ».
Dans un communiqué https://www.airbus.com/newsroom/press-releases/en/2020/06/airbus-ceo-statement-on-french-plan-de-relance.html, Airbus se félicite également du « solide plan annoncé aujourd’hui par le gouvernement français ».
« Il représente un jalon important à la fois pour notre activité d’aviation commerciale, confrontée à une réduction significative de la production de l’ordre de 40%, et pour nos activités de défense qui protègent la souveraineté nationale », ajoute Airbus.
L’avionneur européen indique qu’il conservera son « rôle moteur » dans l’objectif de présenter d’ici 2035 le premier appareil commercial à « zéro émission ».
Du coté des syndicats, Force Ouvrière, majoritaire chez Airbus, a également bien accueilli ce plan, qui selon Jean-François Knepper, délégué syndical central FO du groupe, « va faire un bien fou à toute la filière aéronautique, notamment les sous-traitants qui sont en grande difficulté » et « permettre de passer cette crise conjoncturelle jusqu’à ce que l’activité revienne ».
Du côté de la CGT, le délégué Xavier Petrachi s’est montré plus critique, dénonçant l’absence de « volonté politique » sur la question du maintien de la chaîne d’assemblage de l’A321 à Toulouse par exemple.
Il a également fait part de ses doutes sur « les investissements pour l’avion vert ». « On ne sait pas à quoi va servir exactement cet argent et qui va en bénéficier », a-t-il dit à Reuters.
(Avec Bertrand Boucey et Henri-Pierre André à Paris, Julie Rimbert à Toulouse, édité par Jean-Michel Bélot)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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