A J-4, la France détaille son plan de déconfinement progressif
par Marine Pennetier et Jean-Stéphane Brosse
PARIS (Reuters) – Ecartelé entre l’impératif de reprise de l’activité et la crainte d’une nouvelle vague épidémique, le gouvernement d’Edouard Philippe a détaillé jeudi son plan de déconfinement qui doit permettre à partir de lundi de desserrer l’étau instauré de manière inédite en France depuis sept semaines pour lutter contre le coronavirus.
Accès limité aux transports publics en Ile-de-France, attestation obligatoire pour tout déplacement à plus de 100 kilomètres « à vol d’oiseau » de chez soi et geste d’ouverture sur les plages : le Premier ministre a précisé les modalités de ce début de retour à la normale qui, si l’évolution de l’épidémie le permet, sera suivi d’un nouvel assouplissement du confinement le 2 juin prochain.
« Lundi prochain sera le premier jour d’une phase nouvelle, d’un redémarrage de notre vie sociale, ce ne sera pas une vie totalement normale (…) mais ce sera le début de cette nouvelle phase qui demandera de la part de chacun des Françaises et Français de la discipline et de la responsabilité », a déclaré le chef du gouvernement lors d’une conférence de presse à Matignon.
« C’est dans la durée que nous arriverons à maîtriser » l’épidémie, a-t-il ajouté. « Dans trois semaines, à la fin du mois de mai, nous saurons si oui ou non nous avons réussi à contenir l’épidémie. Si ces nombres restent bas, nous pourrons passer à une nouvelle phase. Si ça n’est pas le cas, nous en tirerons les conséquences et nous nous adapterons. »
Au total, quatre régions – Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche Comté – restent toujours classés « rouge » dans la carte qui prend en compte trois critères (circulation du virus et tension hospitalière sur les capacités en réanimation et capacité en tests). Le déconfinement est par ailleurs reporté à Mayotte.
« TRIER SUR LES QUAIS? »
Comme ses voisins européens, en Espagne, en Italie ou encore en Allemagne, l’exécutif français est confronté, en amorçant son déconfinement, à un délicat exercice d’équilibriste, entre impératif de sécurité sanitaire et nécessité économique sous pression de l’opposition.
Quelques minutes après la présentation du plan, le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a dit souhaiter « que ça marche. »
« Mais je n’y crois pas. Les saisonniers vont revenir. L’augmentation de l’offre de transport est sans rapport avec la population au travail… Empilement en vue. Comment vont être triés sur les quais les gens avec et sans autorisation de leur entreprise? », a-t-il réagi sur Twitter.
Selon le dernier bilan de la direction générale de la Santé fourni mercredi soir, l’épidémie de coronavirus a causé en France la mort de 25.809 personnes depuis le 1er mars dans les hôpitaux, Ehpad et autres établissements médico-sociaux.
Le nombre de patients admis dans les services de réanimation continue de baisser chaque jour, mais le nombre de cas graves reste tout de même élevé et « la glace est fine », a prévenu ces derniers jours Emmanuel Macron, appelant les Français à la prudence et les exhortant à continuer d’appliquer les gestes barrières.
Le spectre d’une nouvelle vague, qui pourrait survenir selon les épidémiologistes début juin et durer tout l’été, est dans tous les esprits et a conduit le « Monsieur déconfinement » du gouvernement Jean Castex à faire savoir qu’un plan de reconfinement était prêt et à mettre en garde contre un relâchement dans les trois prochaines semaines.
RÉOUVERTURE DES COMMERCES SUR LES CHAMPS-ELYSEES
Dans le même temps, les appels, notamment du Medef et des milieux économiques, se multiplient pour une reprise rapide de l’activité afin de limiter le décrochage et l’impact sur une économie française en récession qui s’est contractée de 5,8% au premier trimestre selon une première estimation de l’Insee.
Après sept semaines d’arrêt quasi complet du pays, l’emploi salarié dans le secteur privé a quant à lui chuté de 2,3% au premier trimestre, toujours selon l’Insee. Pôle Emploi a de son côté enregistré une augmentation du nombre de chômeurs de l’ordre de 250.000 personnes en mars.
« Nous devons relancer l’activité économique », a insisté le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, confirmant la réouverture de tous les cafés lundi prochain à l’exception, connue, des cafés, bars, et restaurants dont le sort sera fixé fin mai.
Au total, 400.000 entreprises représentant 875.000 emplois vont donc rouvrir, a-t-il ajouté lors de la même conférence de presse à Matignon. Le comité des Champs-Elysées a pour sa part annoncé la réouverture de plus de 50 % des commerces le long de la célèbre avenue parisienne dès lundi 11h00, avant celle de la totalité des commerces de détail sous 15 jours.
(Marine Pennetier et Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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