Le véganisme reconnu comme croyance
Un tribunal britannique vient de reconnaître le véganisme comme une croyance méritant d’être protégée, au même titre que toute religion. Une première qui ne manquera pas de faire jurisprudence.
Demandez à la plupart des Britanniques quelles croyances doivent être protégées contre la discrimination en vertu de la loi sur l’égalité du pays, vieille de dix ans, et ils suggéreront probablement l’islam, ou même le christianisme. Mais voilà qu’un juge traitant d’une affaire de discrimination dans le cadre professionnel a décrété que le «véganisme éthique» était une croyance valable et cohérente et que celle-ci devrait donc être protégée par la loi.
Cette décision fait suite à une affaire portée par en justice par Jordi Casamitjana, un zoologiste qui travaillait pour un organisme de bienfaisance pour le bien-être animal, la League Against Cruel Sports, qui milite contre la chasse et les combats d’animaux. Ce dernier a cependant été licencié après avoir averti ses collègues que le fonds de pension de l’organisation investissait dans des sociétés impliquées dans les tests sur les animaux. L’employé a alors expliqué que sa réaction avait été motivée par son véganisme éthique.
Les végétaliens éthiques ont un régime alimentaire uniquement végétal et évitent tout contact avec des produits qui contiennent des parties d’animaux, y compris les chaussures en cuir, ou qui impliquent des tests sur les animaux, même si cela signifie renoncer à des médicaments qui peuvent sauver des vies. Jordi Casamitjana refuserait de s’asseoir sur des chaises en cuir et éviterait de prendre l’autobus au cas où il écraserait des insectes.
Une question d’égalité selon le juge
Dans sa décision, le juge Robin Postle a formulé que le véganisme éthique satisfaisait aux tests pour être qualifié de croyance philosophique en vertu de la Loi sur l’égalité de 2010. Pour qu’une croyance soit protégée, celle-ci doit être digne de respect dans une société démocratique, compatible avec la dignité humaine et ne pas entrer en conflit avec les droits fondamentaux d’autrui.
La décision du juge n’a fait que résoudre la question du véganisme éthique. La légalité du traitement de Jordi Casamitjana par son employeur sera réglée dans une autre procédure.
S’exprimant en dehors du tribunal, le plaignant s’est réjoui de cette première étape: «Il était très important de gagner ce jugement aujourd’hui parce que ce n’est pas seulement mon cas, qui est évidemment important pour moi personnellement, mais celui-ci va influencer la vie de nombreux autres végétaliens.» Et d’ajouter: «Cette décision aider aidera à promouvoir le véganisme comme style de vie, car les végans qui pourraient avoir peur de parler de leurs croyances, qui pourraient avoir le sentiment de ne pas être les bienvenus, se sentiront habilités maintenant. Ils auront conscience que leur croyance est maintenant une croyance protégée. … Cela leur donnera du pouvoir et cela signifie qu’ils pourront davantage s’affirmer.»
Des effets à la chaîne
Son avocat Peter Daly insiste sur le fait que la reconnaissance du véganisme éthique aura «des effets potentiellement significatifs dans le monde du travail, de l’éducation, le transport et la fourniture de biens et services».
La base philosophique du véganisme remonte à 1989, lorsque le professeur Peter Singer, philosophe moral de l’Université de Princeton, a publié son essai «Tous les animaux sont égaux». «Notre pratique d’élever et de tuer d’autres animaux pour les manger est un exemple clair du sacrifice des intérêts les plus importants des autres êtres pour satisfaire nos propres intérêts triviaux», écrit-il. «Pour éviter le spécisme, nous devons arrêter cette pratique, et chacun de nous a l’obligation morale de cesser de soutenir cette pratique.»
Peter Singer a mis la diète animale sur un pied d’égalité avec l’esclavage, en interpellant son auditoire sans détours: «Si nous ne changeons pas nos habitudes alimentaires, comment pouvons-nous censurer ces esclavagistes qui ne changeraient pas leur propre mode de vie?»
Manque de vision?
Le philosophe britannique Julian Baggini, membre du Conseil d’éthique alimentaire de Grande-Bretagne, créé pour conseiller sur l’éthique dans la production alimentaire et l’agriculture, s’est cependant déclaré surpris par la décision du juge. «Il y a certainement des raisons philosophiques pour être végétalien», a-t-il admis. «Mais ce qui est très étrange dans cette affaire, c’est qu’il ne s’agit pas d’une vision du monde. Le véganisme éthique découlerait selon vous d’une vision plus large, mais ce n’est pas le cas. Cela n’a pas de sens d’avoir une vision du monde basée uniquement sur un véganisme éthique.»
Le véganisme est en pleine croissance au Royaume-Uni, la Vegan Society estimant que 600’000 personnes suivent un régime à base de plantes pour des raisons de santé et d’éthique. Ce chiffre peut toutefois inclure ceux qui se disent «flexitariens» et d’autres qui sont temporairement végétariens ou végétaliens. Les chercheurs du marché Mintel estiment que le marché britannique des aliments sans viande valait environ 970 millions de dollars en 2018, et des chaînes d’alimentation comme McDonald’s offrent maintenant des options sans viande au Royaume-Uni.
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Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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