Des noms de rue à Netflix, le boycott canadien contre les Etats-Unis s’affirme
par Maria Cheng
OTTAWA, 2 septembre (Reuters) – Pendant plus de 20 ans, Diane Hosker a résidé sur la Trump Avenue dans le quartier verdoyant de l’ouest d’Ottawa, la capitale du Canada voisine de New York, qui pullule d’artères rendant hommage à sa grande soeur américaine : Central Park, Bloomingdale Street ou encore Gotham Private.
Mais la Canadienne n’a jamais apprécié le nom de cette rue qui a été baptisée en l’honneur du président américain à l’époque où le milliardaire n’était encore qu’un magnat de l’immobilier. Désormais, alors que les relations entre les deux puissances voisines ne cessent de se tendre, le conseil municipal veut renommer l’avenue Trump.
Les dernières provocations de l’actuel locataire de la Maison blanche – de l’imposition de nouveaux droits de douane au décret présidentiel renommant le lac Ontario en « lac Amérique » – ont fini d’écorcher les liens entre les deux ex-amis, provoquant une fièvre patriotique chez les Canadiens qui ont pourtant la réputation de ne pas faire de vagues.
Des habitants ont décidé de boycotter les produits américains et refusent de voyager aux Etats-Unis depuis le retour aux affaires du président Trump début 2025.
« (Trump) n’est que le roi du chaos et de la destruction, et rien de bon ne vient jamais de cet homme », souffle Diane Hosker à Reuters.
« Je n’aime pas la façon qu’il a de se moquer du Canada », ajoute-t-elle, confiant être gênée de dire qu’elle habite une rue baptisée du nom du président américain.
Riley Brockington, conseiller municipal d’Ottawa, a promis de renommer la Trump Avenue.
Certains émettent l’idée de nommer l’artère « TACO », pour « Trump Always Chickens Out », soit « Trump se dégonfle toujours », ou de la rebaptiser du nom de Barack Obama, le prédécesseur démocrate de Donald Trump.
« Les rues de la capitale du Canada sont baptisées du nom de personnes d’honneur et intègres qui travaillent en partenariat, en l’occurrence, avec le Canada », justifie Riley Brockington. « (Trump) ne remplit pas ces critères. »
La Maison blanche n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Selon une étude d’Abacus Data publiée la semaine dernière, plus de 70% de la population canadienne soutient la décision du Premier ministre Mark Carney de suspendre les négociations commerciales avec les Etats-Unis, malgré la menace de pertes d’emplois et des perspectives économiques incertaines.
Parallèlement, un sondage Reuters/Ipsos montre que 20% des Américains seulement soutiennent les droits de douane sur les biens canadiens, alors que la décision de renommer le lac Ontario est encore moins populaire.
Dans ce contexte, certains Américano-Canadiens se rapprochent de leurs racines canadiennes, comme Sara Seager.
Cette astrophysicienne a quitté le prestigieux MIT (Massachusetts) pour l’université de Toronto, séduite par le plan déployé par le gouvernement Carney pour attirer les « cerveaux » étrangers.
Quand elle a renouvelé son passeport, elle a exposé aux agents consulaires les raisons de son retour à la maison.
« J’ai expliqué que le Premier ministre Carney débloquait des milliards de dollars pour recruter des top talents du monde entier, mais surtout des Canadiens, pour aider le Canada à devenir un pays plus souverain (…) en matière de technologie, de commerce et de défense », déclare-t-elle. « La fierté canadienne qui se dégageait de cette rangée de guichets était émouvante. »
GARDER LES DOLLARS AU CANADA
Ashley Chapman est directeur des opérations à Chapman’s Ice Cream, une entreprise canadienne familiale qui s’est détournée des ingrédients américains pour fabriquer ses glaces après l’instauration de nouveaux droits de douane sur les biens canadiens par le président Trump. Il affirme vouloir réduire de 70% son utilisation d’ingrédients américains d’ici mi-2027.
« On a encore plusieurs années Trump devant nous et nous devons trouver un moyen de nous protéger », explique-t-il. Ces derniers mois, Ashley Chapman dit ne plus travailler avec ses sous-traitants américains et s’approvisionner en Australie ou au Chili pour ses amandes et cerises.
Ce dernier s’est également engagé à ne pas augmenter les prix de ses glaces le temps du conflit commercial, quitte à rogner sur ses marges.
« C’est un prix que je suis prêt à payer pour dire qu’on ne se laissera pas intimider et qu’on n’acceptera pas d’être traités ainsi par celui qui était notre plus proche allié et ami. »
Dave Samojlenko, programmeur de 53 ans vivant à Ottawa, a annulé son abonnement à des plateformes américaines de streaming comme Netflix et assure ne plus vouloir se rendre aux Etats-Unis tant que Donald Trump occupera le Bureau ovale.
« Nous sommes une nation indépendante et nous devrions nous battre », dit-il. « Je n’ai pas voyagé (aux Etats-Unis) depuis que cette administration est au pouvoir et je n’irai pas tant qu’elle reste au pouvoir et même longtemps après. »
Les séjours aux Etats-Unis ont décliné de 10% lors du premier trimestre par rapport à l’année précédente, selon des chiffres officiels. Les dépenses de voyages aux Etats-Unis ont pour leur part baissé de 13,6%.
Megan Woodward, voyagiste basée à Edmonton, confirme la tendance observée depuis la dernière salve de droits douaniers.
« Nous n’avons plus de réservations pour les Etats-Unis, et (les Canadiens) expriment très clairement où ils veulent dépenser leur argent. Si nous leur recommandons des vacances aux Etats-Unis, beaucoup refusent. Ils veulent garder leurs dollars au Canada ou sont très heureux de les dépenser en Europe. »
(Reportage de Maria Cheng ; avec Nivedita Balu, version française Zhifan Liu, édité par Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

