En Corée du Sud, dernier repas de viande de chien avant son interdiction
par Kyu-seok Shim et Daewoung Kim
SEONGNAM, CORÉE DU SUD, 14 août (Reuters) – Pendant des décennies, les trois jours d’été considérés comme les plus chauds de l’année comptaient parmi les plus animés pour les restaurants de viande de chien de Corée du Sud, les clients venant chercher pendant cette période des aliments traditionnels censés renforcer l’endurance pour supporter la chaleur.
Le troisième « boknal » – ou jour de grande chaleur – de l’année 2026, qui tombe ce vendredi, a cependant un goût de fin de cycle. Il s’agit en effet du dernier avant l’entrée en vigueur, en février 2027, d’une interdiction nationale de l’élevage, de l’abattage et de la vente de chiens destinés à la consommation.
Au marché de Moran, à Seongnam, qui fut autrefois l’un des hauts lieux du pays pour la viande de chien, la foule de l’heure du déjeuner a envahi les ruelles bordées de restaurants.
Pourtant, de nombreux établissements se sont tournés vers le ragoût de chèvre noire et d’autres alternatives, les rares clients commandant encore du « bosintang », ou ragoût de viande de chien, étaient en grande majorité des personnes âgées.
« C’est vraiment morose maintenant », a déclaré Kim Yong-book, président de l’Association des commerçants du marché de Moran, qui travaille dans ce quartier situé près de Séoul depuis plus de 40 ans.
Ce qui était autrefois un centre commercial animé est devenu « une ville de personnes âgées », a-t-il ajouté.
L’interdiction vient couronner un long déclin de la consommation de viande de chien, l’augmentation du nombre d’animaux de compagnie et l’évolution des mentalités en matière de bien-être animal ayant transformé l’opinion publique.
Dans un sondage publié juste avant l’adoption de la loi en 2024, plus de 90% des 2.000 personnes interrogées ont déclaré n’avoir aucune intention de manger de la viande de chien à l’avenir, tandis que plus de 80% se sont prononcées en faveur d’une interdiction. Près de 95% ont indiqué n’avoir pas consommé de viande de chien au cours de l’année précédente.
Les données gouvernementales ont montré que plus de 5.600 entreprises étaient concernées par cette législation, tandis que les responsables ont indiqué que la plupart des élevages de chiens avaient déjà fermé leurs portes avant la date butoir fixée à l’année prochaine.
La campagne visant à mettre fin au commerce de la viande de chien avait pris de l’ampleur sous l’impulsion de l’ancien président destitué Yoon Suk Yeol et de son épouse, l’ancienne première dame Kim Keon Hee, fervente avocate du bien-être animal qui avait publiquement soutenu cette interdiction.
Le Parlement a adopté en janvier 2024 la loi interdisant l’élevage, l’abattage, la distribution et la vente de chiens destinés à la consommation humaine.
La loi prévoit un délai de grâce de trois ans et sera pleinement appliquée à partir de février 2027 ; les contrevenants s’exposent à des peines de prison et à des amendes. Les autorités ont également promis un soutien aux éleveurs, distributeurs et restaurateurs concernés.
UN AVENIR INCERTAIN
Pour Lee Kang-chun, restaurateur et ancien président d’une association de commerçants qui a passé 37 ans dans ce secteur, ce changement suscite des sentiments mitigés.
Il a déclaré qu’il estimait juste de mettre fin à la consommation de viande de chien, notamment pour l’image internationale de la Corée du Sud et compte tenu de l’évolution des mentalités.
Il a toutefois eu du mal à cacher sa tristesse en évoquant ses clients, dont beaucoup ont entre 70 et 90 ans, qui parcourent de longues distances pour un repas censé leur redonner des forces.
« Quand je vois des personnes âgées faire tout ce chemin et repartir parce qu’il n’y a plus de viande de chien, j’en ai presque les larmes aux yeux », a-t-il déclaré.
Le marché de Moran est l’un des derniers endroits à servir encore de la viande de chien dans les environs de Seoul.
Malgré la flambée des coûts d’approvisionnement et des bénéfices minimes, il continue de servir ce plat, principalement pour ses fidèles habitués.
Il estime que les autorités devraient faire davantage pour aider les vendeurs âgés à se reconvertir dans d’autres activités. De nombreux restaurants du marché de Moran se sont tournés vers le ragoût de chèvre noire, présenté comme un autre aliment traditionnel bon pour la santé, mais les propriétaires affirment que cette transition a été difficile et ne compense pas entièrement la perte de chiffre d’affaires liée à la viande de chien.
Parmi ceux qui ont dégusté un ragoût de viande de chien vendredi figure Yoo Jin-sam, qui a déclaré manger ce plat depuis le début de la vingtaine.
« Je suis très déçu », a-t-déclaré. « Les gens continuent de le rechercher parce qu’ils pensent que c’est bon pour leur santé, et maintenant, on le supprime. »
Cet amateur de 69 ans a ajouté qu’il acceptait la décision du gouvernement, tout en disant que la viande de chien lui manquerait.
« J’aime beaucoup les chiens », dit-il. « Mais c’est tout de même regrettable. S’il y avait un moyen, j’aimerais pouvoir en manger à nouveau. »
(Reportage de Kyu-seok Shim et Daewoung KimAvec la participation de Dahyun LeeVersion française Matthieu Huchet, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

