Quel héritage laissera la Coupe du monde 2026?
Plutôt que pour l’identité de son vainqueur, la Coupe du monde 2026 pourrait au bout du compte rester dans les mémoires davantage pour les questions suscitées autour de l’avenir du football: dans quelle mesure les « retouches » nord-américaines effectuées pour ce tournoi s’inscriront-elles sur la durée ?

L’attaquant français Kylian Mbappé lors du match pour la troisième place de la Coupe du monde contre l’Angleterre./ Photo prise le 18 juillet/IMAGN IMAGES via Reuters/Sam Navarro.
Entre les « pauses fraîcheur » obligatoires ayant de facto divisé les matchs en quatre quart-temps, les bagues offertes aux nouveaux champions du monde, ou encore le concert donné à la mi-temps de la finale et l’exploitation commerciale du tournoi comme d’un divertissement, la FIFA a utilisé avec enthousiasme les codes traditionnels du sport nord-américain.

Football – Coupe du monde de la FIFA 2026 – Finale – Espagne – Argentine – Stade de New York/New Jersey, East Rutherford, New Jersey, États-Unis – 19 juillet 2026 L’Espagnol Ferran Torres célèbre son premier but REUTERS/Kai Pfaffenbach
Si certaines de ces nouveautés vont probablement rester des spécificités de ce Mondial organisé aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, d’autres pourraient s’inscrire sur le long-terme.
Instaurées pour ce tournoi avec, selon la FIFA, le bien-être des joueurs comme préoccupation, en raison de la chaleur extrême et de l’humidité de l’été nord-américain, les « pauses fraîcheur » de trois minutes ont été appliquées quelles que soient les conditions censées les rendre nécessaires, au motif, toujours selon la FIFA, de préserver l’équité entre toutes les équipes.

Le Français Kylian Mbappé embrasse son sélectionneur Didier Deschamps après le match contre l’Espagne. /Photo prise le 14 juillet 2026/REUTERS/Marco Bello
Elles ont constitué le principal changement apporté au déroulement du jeu, allant à l’encontre de ce que les puristes du football ont toujours protégé – deux périodes, et non quatre.
Pour les entraîneurs, ces « pauses fraîcheur » sont devenues des temps morts tactiques. Pour les diffuseurs du tournoi, elles sont devenues des fenêtres publicitaires représentant une valeur commerciale énorme.

Football – Coupe du Monde de la FIFA 2026 – Demi-finale – Angleterre contre Argentine – Stade d’Atlanta, Atlanta, Géorgie, États-Unis – 15 juillet 2026. L’Argentin Lionel Messi célèbre le premier but de son équipe, inscrit par Enzo Fernández. REUTERS/Agustin Marcarian TPX IMAGES DU JOUR
Mais, aux supporters habitués au rythme ininterrompu du football, elles ont donné le sentiment agaçant de diviser les matches en quatre quart-temps.
HABITUDES LOCALES
La question de l’héritage laissé par le Mondial 2026 devient d’autant plus pertinente concernant les « pauses fraîcheur ».

Football – Coupe du monde de la FIFA 2026 – Demi-finale – France – Espagne – Les joueurs espagnols célèbrent leur victoire après le match, au Dallas Stadium, Arlington, Texas, États-Unis. /Photo prise le 14 juillet 2026/REUTERS/Brian Snyder
Il est vraisemblable qu’elles seront envisagées pour les futurs tournois, en particulier parce que le bien-être des joueurs offre une justification à la FIFA pour préserver ces pauses et parce que les décideurs ne devraient pas ignorer le potentiel commercial qu’elles représentent.

Football – Coupe du monde de la FIFA 2026 – Demi-finale – France – Espagne – Le Français Digne provoque un penalty face à Lamine Yamal lors de la Coupe du monde, au Dallas Stadium, Arlington, Texas, États-Unis. /Photo prise le 14 juillet 2026/REUTERS/Lee Smith
Néanmoins, toute tentative pour normaliser ces coupures devrait se heurter à de la résistance, en particulier en Europe, où l’absence de pauses multiples est l’un des aspects du jeu défendu par les supporters. L’UEFA, l’instance qui régit les compétitions européennes, a d’ores et déjà fait savoir qu’elle ne modifierait pas la règle selon laquelle les pauses permettant aux joueurs de s’hydrater ne dépassent pas une minute.

L’attaquant anglais Harry Kane contre la Croatie./ Photo prise le 17 juin/REUTERS/Hannah Mckay.
La FIFA a, elle, démontré jusqu’où elle était prête à aller pour refaçonner le football à l’image du marché dans lequel les matchs se déroulent: loin.
Tradition directement issue du sport nord-américain, des bagues de champion du monde ont été remises aux membres de l’équipe d’Espagne victorieuse dimanche du tournoi, tandis que la finale a donné lieu à un concert rappelant ceux organisés à la mi-temps de chaque Super Bowl – la finale du championnat nord-américain de football américain (NFL) – et qui a duré 27 minutes, au lieu de l’immuable pause de 15 minutes.

Didier Deschamps, Adrien Rabiot et Kylian Mbappé durant le match de Coupe du monde opposant la France au Maroc. /Photo prise le 9 juillet 2026/REUTERS/Paul Childs
Dans l’absolu, les grands principes fondamentaux du football n’ont pas été chamboulés. Mais les changements aperçus ont alimenté l’idée que la FIFA a adapté la Coupe du monde à la culture sportive nord-américaine plutôt que de simplement l’installer aux Etats-Unis le temps d’un été.
INFLUENCES
Cela s’est fait non sans une certaine ironie. Pendant le tournoi, les villes nord-américaines ont vécu ce qui fait de longue date le sel du football international: des foules de supporters qui se rendent sur place, se massent dans les centre-villes, maillots sur le dos et drapeaux nationaux brandis, pour chanter pendant des heures avant et après les matches.

Kylian Mbappé célèbre son but lors du match de Coupe du monde ayant opposé la France au Maroc. /Photo prise le 9 juillzr 2026/IMAGN IMAGES via Reuters/David Butler II
Les Etats-Unis ont semblé absorber la culture du « soccer » et, en même temps, la FIFA est apparue désireuse d’assimiler la culture du divertissement sportif nord-américain et de l’exposer aux yeux du monde entier.
Une dimension politique a également accompagné de manière inévitable le tournoi, la relation de proximité entretenue par le président de la FIFA Gianni Infantino avec le président américain Donald Trump étant devenue un thème de discussion.

Football – Coupe du Monde de la FIFA 2026 – Huitièmes de finale – Argentine contre Égypte – Stade d’Atlanta, Atlanta, Géorgie, États-Unis – 7 juillet 2026. Lionel Messi (Argentine) célèbre le deuxième but de son équipe avec Julian Alvarez. IMAGN IMAGES via Reuters/Brett Davis TPX IMAGES DU JOUR
Aux yeux de ses détracteurs, Gianni Infantino est allé à l’égard de Donald Trump au-delà de la courtoisie diplomatique attendue en temps normal entre le patron d’une instance sportive mondiale et le dirigeant d’un pays hôte.
La polémique autour du report de la suspension automatique de l’attaquant américain Folarin Balogun a pris d’autant plus d’épaisseur quand Donald Trump a publiquement salué la FIFA pour s’être penchée sur ce cas, après intervention de la Maison blanche. La FIFA a déclaré que ses commissions agissaient de manière indépendante et autonome, mais cet épisode a renforcé chez certains l’impression d’une ligne plus que ténue séparant gouvernance du football et influence politique.

Football – Coupe du Monde de la FIFA 2026 – Huitièmes de finale – Mexique – Angleterre – Stade Azteca, Mexico, Mexique – 5 juillet 2026. Les joueurs anglais célèbrent leur victoire après le match. REUTERS/Paul Childs TPX IMAGES DU JOUR
Plus habituelles dans le football, les polémiques presque inévitables autour de l’arbitrage ont pris une ampleur différente lors de cette Coupe du monde, pour laquelle les arbitres ont dû faire respecter de nouvelles règles et interprétations tout en gérant des pressions familières – autour de l’uniformité de leurs décisions, de la protection des joueurs ainsi que de la part accrue de la technologie.
INTERPRÉTATIONS
Au-delà de débattre du bien-fondé d’une décision arbitrale, les discussions ont souvent porté durant le tournoi sur un aspect plus fondamental: les lois du jeu sont-elles devenues trop compliquées pour que joueurs, entraîneurs et spectateurs les comprennent en temps réel ?

Samuel Moutoussamy, de la RDC, célèbre avec le drapeau national après le match, alors que son équipe se qualifie pour les seizèmes de finale de la Coupe du monde. /Photo prise le 27 juin 2026/REUTERS/Bernadett Szabo
Destinées à favoriser à la fois la cohérence des décisions et leur clarté, les nouvelles interprétations arbitrales ont fréquemment mis en exergue à quel point il était difficile d’obtenir les deux. L’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) est devenue un élément central des décisions majeures, sans empêcher les débats à propos de certaines d’entre elles – dans certains cas, plutôt que la décision de l’arbitre lui-même, c’est l’interprétation des images au ralenti qui a été interrogée.

Football – Coupe du Monde de la FIFA 2026 – Groupe H – Espagne – Arabie Saoudite – Stade d’Atlanta, Atlanta, Géorgie, États-Unis – 21 juin 2026. Lamine Yamal (Espagne) célèbre le premier but de son équipe. REUTERS/Claudia Greco TPX IMAGES DU JOUR
Un climat de suspicion s’est installé autour de l’arbitrage durant cette Coupe du monde, avec des théories du complot amplifiées sur les réseaux sociaux et des arbitres généralement pas en mesure de répondre à de quelconques accusations. Le président de la commission des arbitres de la FIFA, Pierluigi Collina, a nié toute partialité des arbitres et assuré que ceux-ci décidaient sur le terrain en toute indépendance.

Football – Coupe du Monde de la FIFA 2026 – Groupe K – Portugal – Ouzbékistan – Stade de Houston, Houston, Texas, États-Unis – 23 juin 2026. Cristiano Ronaldo (Portugal) célèbre le troisième but de son équipe. IMAGES via Reuters/Troy Taormina TPX IMAGES DU JOUR
Au final, cette Coupe du monde au format élargi, avec 48 équipes, a permis d’inclure davantage de pays, dont certains n’y avaient jamais participée auparavant, et proposé une plus grande quantité de football. Avec 104 matchs en 39 jours, toutefois, le tournoi a ressemblé à une saison sportive au calendrier surchargé sur plusieurs semaines, plutôt qu’à un festival condensé.

Football/Coupe du monde-Le Belge Kevin De Bruyne célèbre son but, le troisième de la victoire 5-1 de la Belgique contre la Nouvelle-Zélande/Photo prise le 26 juin 2026/IMAGN IMAGES via Reuters/Simon Fearn
Si le format a répondu aux ambitions commerciales de la FIFA et à la géographie des pays hôtes, il n’est pas certain qu’il ait rendu le tournoi plus attractif.
Reste que cette Coupe du monde, comme les précédentes, a apporté son lot d’émotions, de surprises et de héros, qui ont captivé au-delà des polémiques. La prochaine édition, en 2030, dira toutefois ce qui aura prévalu de ce Mondial ‘made in America’.
(Reportage de Julien Pretot; version française Jean Terzian)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
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4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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