A Singapour, Hegseth appelle les alliés à accroître leurs dépenses militaires
par Gregor Stuart Hunter, Rae Wee et Jun Yuan Yong
SINGAPOUR, 30 mai (Reuters) – Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a appelé les pays d’Asie alliés des Etats-Unis à accroître leurs dépenses en matière de défense afin de contrer la puissance militaire grandissante de la Chine et empêcher sa domination sur la région.
Pete Hegseth, qui s’exprimait lors du Dialogue Shangri-La, un forum annuel consacré à la défense et au renseignement en Asie, a dit que des alliés plus forts et plus autonomes étaient cruciaux pour la dissuasion.
« Il existe une inquiétude légitime vis à vis de la montée en puissance militaire historique de la Chine et de l’expansion de ses activités militaires dans la région et au-delà », a dit le chef du Pentagone.
« Un Pacifique dominé par un quelconque Etat détricoterait l’équilibre régional des forces », a-t-il estimé. « Aucun Etat, y compris la Chine, ne peut imposer d’hégémonie et défier la sécurité de notre nation et de nos alliés. »
Les Etats-Unis attendent de leurs alliés et partenaires en Asie qu’ils augmentent leurs dépenses en matière de défense pour les porter à 3,5% de leur produit intérieur brut (PIB), a dit Pete Hegseth. Les alliés se sont engagés à investir 1.500 milliards de dollars dans leurs forces armées.
« Moins de Shangri-La, plus de navires, plus de sous-marins », a déclaré Pete Hegseth, soulignant que les alliés souhaitent la stabilité, et non l’escalade.
« Ce qu’ils veulent, et ce que les Etats-Unis leur offrent, c’est une force disciplinée, une détermination inébranlable et un leadership suffisamment sûr de lui pour parler et agir avec douceur tout en brandissant un gros bâton ».
Le secrétaire américain à la Défense a par ailleurs annoncé que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie travaillaient ensemble au développement de véhicules sous-marins sans pilote dans le cadre de leur pacte de défense trilatéral baptisé AUKUS.
« Ce projet phare permettra de déployer une série d’UUV (Unmanned Underwater Vehicles) pour des missions multiples hautement ajustables, conçues pour soutenir les opérations sous-marines et maintenir notre avantage collectif dans le domaine maritime », a-t-il déclaré.
Ce programme, créé en 2021 pour contrer la puissance croissante de la Chine dans la région indo-pacifique, s’inscrit dans le cadre du « deuxième pilier » d’AUKUS, qui vise à développer des technologies de défense avancées, notamment l’informatique quantique, les technologies sous-marines, hypersoniques, l’intelligence artificielle (IA) et la cybersécurité.
L’AUKUS a indiqué dans un communiqué conjoint que la livraison des véhicules sous-marins autonomes débuterait en 2027.
La Chine a présenté le programme AUKUS comme dangereux et estimé qu’il pourrait déclencher une course aux armements.
PAS DE PROFITEURS
Pete Hegseth a repris à son compte la demande, formulée depuis longtemps par le président Donald Trump, que les alliés prennent en charge une part plus importante de leurs propres dépenses de défense.
« L’époque où les Etats-Unis subventionnaient la défense des nations riches est révolue », a-t-il déclaré. « Nous avons besoin de partenaires, pas de protectorats », a-t-il ajouté.
« Une alliance ne peut être solide que si chacun y met du sien. Il ne faut pas des profiteurs de la situation », a-t-il poursuivi.
Pete Hegseth a cependant salué les contributions de certains alliés, notamment celles de la Corée du Sud, des Philippines, de l’Australie, de Singapour, de la Malaisie et de la Thaïlande. Il a également déclaré que le Japon prenait des mesures concrètes pour renforcer ses défenses.
« Tokyo et Washington doivent chacun faire leur part pour renforcer l’alliance nippo-américaine », a-t-il dit.
Pete Hegseth a par ailleurs adopté un ton mesuré concernant les relations sino-américaines, affirmant que celles-ci sont « meilleures qu’elles ne l’ont été depuis de nombreuses années » et que des échanges militaires plus fréquents contribuent à gérer les tensions.
« Nous rencontrons plus fréquemment nos homologues chinois en maintenant des canaux de communication militaires ouverts », a-t-il dit.
Zhou Bo, chercheur à l’université Tsinghua et colonel à la retraite de l’Armée populaire de libération, membre de la délégation chinoise, présente cependant les relations sino-américaines comme « compliquées ». Il estime toutefois que Pete Hegseth a adopté un ton « bien meilleur » cette année que l’année dernière, attribuant ce changement à la visite de Donald Trump en Chine.
La Chine, dont le ministre de la Défense boycotte le forum Dialogue Shangri-La pour la deuxième année consécutive, avait accusé Pete Hegseth l’an dernier de tenir des propos « diffamatoires ».
VENTE D’ARMES À TAÏWAN
Interrogé quant à l’éventuel impact du projet de plusieurs milliards de dollars de ventes d’armes à Taïwan sur les stocks américains, Pete Hegseth a minimisé les inquiétudes.
« Nous sommes très satisfaits de nos stocks et de leur utilisation », a-t-il déclaré.
Taïwan, que la Chine considère la Chine comme faisant partie intégrante de son territoire, attend l’approbation des Etats-Unis pour une vente d’armes qui, selon Reuters, pourrait atteindre 14 milliards de dollars.
Donald Trump a semé le doute à Taipei en déclarant, après sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping ce mois-ci, qu’il n’avait pas encore décidé s’il approuverait ce projet.
Toute décision concernant les futures ventes d’armes reviendra au président Donald Trump, a déclaré Pete Hegseth, notant qu’il n’y aura aucun changement dans l’approche de longue date de Washington malgré les récents échanges avec Pékin.
PRÊTS À REPRENDRE LES FRAPPES CONTRE L’IRAN
Concernant le conflit en cours au Moyen-Orient, Pete Hegseth a déclaré que les Etats-Unis étaient prêts à reprendre les frappes contre l’Iran si la diplomatie échouait.
« Nous sommes plus que capable de reprendre (les frappes) si nécessaire », a-t-il dit. « Nos réserves sont plus qu’appropriées pour cela, tant ici qu’à travers le monde. »
Il a ajouté que Donald Trump restait « patient » et recherchait un « accord solide » pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.
Donald Trump a déclaré vendredi qu’il réunirait ses conseillers dans un lieu sécurisé à la Maison blanche afin de prendre une « décision finale » sur une proposition visant à mettre fin à la guerre contre l’Iran.
Pete Hegseth a également réfuté les inquiétudes selon lesquelles le conflit détournerait l’attention des priorités de la région Asie-Pacifique.
(Gregor Stuart Hunter, Rae Wee et Jun Yuan Yong; version française Camille Raynaud et Claude Chendjou)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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