Reprise des négociations mercredi pour éviter la grève à Samsung
par Hyunjoo Jin et Heekyong Yang
SEJONG, Corée du Sud, 19 mai (Reuters) – Les négociations salariales entre la direction de Samsung Electronics et le premier syndicat de l’entreprise vont reprendre mercredi, a déclaré mardi le médiateur alors que les deux parties tentent de trouver un accord pour éviter une grève préjudiciable pour l’économie sud-coréenne.
« La direction et le syndicat n’ont pas trouvé d’accord sur un sujet », a fait savoir Park Su-keun, président de la Commission nationale des relations du travail, qui assure la médiation des négociations.
Les deux parties devront reprendre le fil des discussions à 10h00 mercredi matin (01h00 GMT), après des négociations qui ont duré 15 heures mardi.
La direction et le syndicat tentent de conclure un accord sur le versement de primes afin d’éviter une paralysie du plus grand fabricant mondial de puces de mémoire et premier employeur national avec quelque 120.000 salariés et 1.700 fournisseurs.
Samsung représente 22,8% des exportations sud-coréennes et 26% du marché boursier national, selon les chiffres gouvernementaux.
Mécontent de ce qu’il qualifie d’écart considérable en matière de primes par rapport au fabricant de puces rival SK Hynix, le premier syndicat du groupe, National Samsung Electronics Union (NSEU) exige notamment la suppression du plafond pour les primes, la pérennisation du versement de 15% du bénéfice d’exploitation aux salariés et une revalorisation des salaires.
En l’absence d’avancée, il menace d’une grève à partir de jeudi qui concernerait près de 50.000 salariés sur les sites de Giheung, Hwaseong et Pyeongtaek, dans la banlieue de Séoul, qui constituent le coeur du secteur sud-coréen de l’intelligence artificielle. Un débrayage d’une telle ampleur causerait un préjudice économique considérable.
Samsung n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire, tandis que le leader syndical Choi Seung-ho a dit prévoir de dormir sur place pour participer aux discussions de mercredi.
La direction de Samsung proposerait une prime exceptionnelle ponctuelle pour 2026 et un reversement du bénéfice à hauteur de 10%.
Le gouvernement a menacé ce week-end d’intervenir et d’ordonner un arbitrage d’urgence. Cela empêcherait toute grève pendant 30 jours, le temps que le gouvernement renouvelle sa médiation.
L’action Samsung a perdu 2% mardi, limitant ses pertes après l’annonce d’un rapprochement des positions. Le titre a cédé 1,3% au cours de la semaine écoulée.
« La réalité est que tous nos citoyens s’inquiètent de cette situation, compte tenu des répercussions qu’une grève chez Samsung pourrait entraîner », a déclaré mardi le ministre de l’Industrie, Kim Jung-kwan, devant le Parlement.
Dans le pire des scénarios, la grève pourrait réduire de 0,5 point de pourcentage la croissance prévue de 2,0% pour l’économie sud-coréenne cette année, selon un responsable de la banque centrale du pays, qui a souhaité rester anonyme.
Ce chiffre repose sur l’hypothèse d’une perte d’environ 30.000 milliards de wons (17,11 milliards d’euros) de production de puces, ainsi que sur un risque de perturbation supplémentaire de « quelques semaines » avant que les chaînes de production ne fonctionnent à nouveau normalement.
Pour de nombreux investisseurs, plutôt que la grève potentielle elle-même, la question principale est de savoir si Samsung cédera à la demande du syndicat d’inscrire des primes plus importantes dans les contrats, ce qui entraînerait une augmentation des coûts de main d’oeuvre.
(Rédigé par Hyunjoo Jin et Heekyong Yang, avec la contribution de Joyce Lee, Cynthia Kim, Jack Kim et Heejin Kim ; version française Coralie Lamarque, édité par Sophie Louet)
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