Solidarité chrétienne face à la souffrance dans les monts Nouba
Les personnes déplacées fuyant la guerre civile au Soudan continuent d’affluer dans la région reculée des monts Nouba. Mais la ligne de front ne cesse de se rapprocher. Pendant ce temps, les communautés locales partagent le peu qu’elles ont avec les nouveaux arrivants, comme l’a constaté la Solidarité Chrétienne Internationale (CSI) lors d’une récente visite dans deux camps de déplacés.
Depuis le déclenchement de la guerre civile en avril 2023, des millions de Soudanais ont fui leurs foyers et cherché refuge dans des zones plus sûres, notamment dans les monts Nouba. Cette région au sud du pays, qui compte une importante minorité chrétienne, accueille aujourd’hui environ deux millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays, réparties dans quinze camps.
Alors que l’afflux se poursuit, les ressources sont poussées à leur limite. Peu d’organisations humanitaires opérant dans la région en raison du danger, la charge de prendre soin des nouveaux arrivants est tombée sur les communautés locales. Pendant ce temps, CSI fournit une aide humanitaire indispensable à quatre camps de déplacés, dont Eri et Andulu, qui sert de centre d’accueil temporaire.
Violence, confusion et peur
Intazar (45 ans) a fui Khartoum en novembre 2025 et vit désormais avec ses cinq enfants dans le camp d’Eri, qui accueille environ 25 000 personnes.
« Mon mari n’est plus en vie. Je l’ai perdu pendant le conflit, et depuis, je suis seule, m’occupant de mes enfants toute seule, confie à CSI cette mère en deuil. La vie était devenue impossible dans mon village. Il y avait des combats partout, et il n’était plus sûr d’y rester. J’ai eu très peur pendant le voyage. Il y avait de la violence, de la confusion et de la peur tout autour de nous. Mais je remercie Dieu d’avoir survécu et d’avoir réussi à amener mes enfants ici sains et saufs. »
Comme Intazar, beaucoup ont voyagé pendant des jours ou des semaines en bravant les dangers pour trouver la sécurité pour eux-mêmes et leurs familles. Certains finissent par être séparés de leurs proches. Tous sont traumatisées.
La douleur de la séparation
« Lorsque nous avons fui, mon mari et moi avons été séparés. Il n’y a pas eu d’adieu. Pas de derniers mots, raconte Muoda, dont les yeux racontent une histoire de souffrance. J’étais enceinte au moment où nous avons décidé de fuir. Nous avons couru dans des directions différentes dans le chaos. Je ne sais pas où il est. Je ne sais pas s’il est en vie. Il n’y a aucun lien, aucun moyen de le contacter. Je porte cette douleur en moi chaque jour. »
Muoda n’a peut-être plus son mari, mais elle a toujours ses enfants. Et ce sont eux qui lui donnent la force de continuer : « Je veux qu’ils aillent à l’école. Je veux qu’ils grandissent sans peur. Je veux qu’ils se souviennent d’autre chose que de la guerre. »
En sécurité… pour l’instant du moins
Nombre de personnes ont fui, terrifiés, à la suite des frappes aériennes sur leur village, comme les membres de cette famille élargie de Kadugli que l’équipe CSI a rencontrée. Après que quatorze hommes de la famille ont été tués lors d’une attaque de drone, les femmes ont rassemblé quelques affaires et sont parties immédiatement.
La famille de Muoda a également été terrorisée par les drones. « Quand la guerre a atteint notre ville, tout a changé, dit-elle. Les drones sont arrivés les premiers. On les entendait avant de les voir, un bourdonnement lointain dans le ciel qui faisait battre le cœur plus vite. Nous sommes arrivés ici le 20 novembre 2025. Depuis notre arrivée, rien de grave ne nous est arrivé. Rien que cela, c’est déjà une bénédiction. Pour la première fois depuis longtemps, je peux dormir sans entendre le bruit des drones au-dessus de nos têtes. »
Mais cette paix fragile pourrait être brisée à tout moment.
« Les monts Nouba sont une zone de conflit, explique une collaboratrice de CSI. Et la guerre se rapproche, apportant un sentiment constant de tension et d’insécurité. »
Une situation catastrophique
À leur arrivée au camp, les familles épuisées et affamées cherchent refuge sous un arbre, suspendant leurs maigres possessions à ses branches.
« La situation est catastrophique, déclare notre collaboratrice. Beaucoup n’ont pas mangé depuis des jours, ils sont traumatisés et complètement désorientés. Les jours où jusqu’à 400 personnes arrivent, la situation devient chaotique. Il n’y a pas de présence régulière des ONG, seulement un soutien occasionnel et limité. »
Soutien de la communauté
C’est là qu’intervient la communauté d’accueil. Les Noubas mènent une existence très simple. Leurs maisons sont des huttes de terre au toit de chaume, rouges comme la terre dont elles sont faites, séchées au soleil. Leur alimentation se compose principalement de sorgho, une céréale.
Bien que la population nouba locale ait elle-même très peu, lorsqu’elle le peut, elle fournit de petites quantités de nourriture aux responsables du camp pour qu’ils les distribuent aux nouveaux arrivants.
« J’ai été très touché par la communauté locale, déclare un collaborateur de CSI. Ces personnes qui n’ont rien elles-mêmes, qui sont victimes de la guerre civile et de persécutions, partagent néanmoins le peu qu’elles ont. Elles partagent la moitié de leur nourriture avec les nouveaux arrivants afin qu’au moins les enfants aient quelque chose à manger. »
Mais cela ne suffit pas. Depuis plus de deux ans, CSI distribue de la nourriture et de l’aide d’urgence à des centaines de foyers dans les camps de déplacés des monts Nouba. Mais les besoins sont immenses, comme l’admet la collaboratrice de CSI.
« La distribution de nourriture est absolument essentielle, car elle peut littéralement sauver des vies », dit-elle.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

