Plus de 350 ex-responsables de l’UE appellent à la suspension de l’accord d’association avec Israël
15 avril (Reuters) – Plus de 350 anciens ministres, ambassadeurs et hauts fonctionnaires de l’Union européenne appellent mercredi à la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, dont ils dénoncent la politique d' »asservissement » et « d’occupation illégale » des territoires palestiniens.
Signé en 1995 et entré en vigueur en juin 2000, cet accord de libre-échange fixe le cadre juridique des relations entre Israël et l’UE, qui est le principal partenaire commercial de l’Etat hébreu. Israël a depuis été intégré à plusieurs politiques communautaires, notamment le partenariat Euromed.
L’article 2 du texte souligne que ces relations se fondent sur « le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques ».
« Alors que l’attention mondiale est tournée vers d’autres régions, Israël, sous le couvert d’opérations militaires illégales contre l’Iran et le Liban, a poursuivi l’asservissement des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, en intensifiant sa politique d’occupation illégale », peut-on lire dans la lettre ouverte publiée mercredi dont Reuters a obtenu une copie.
Pour les signataires, dont Josep Borrell, ancien président du Parlement européen et ex-chef de la diplomatie communautaire, « le gouvernement israélien actuel viole [l]es principes fondamentaux de l’UE à l’égard des Palestiniens, dont il reste légalement et moralement responsable en tant que puissance occupante. »
« Plus important encore, ce comportement constitue une violation de l’article 2 de l’accord d’association UE-Israël », soulignent-ils.
Ils exhortent en conséquence les dirigeants des Vingt-Sept à « prendre des mesures visant à suspendre tout ou partie de l’accord d’association UE-Israël » et à « mettre fin au commerce de matériel militaire avec Israël », notamment.
« En cette période de troubles au Moyen-Orient et face aux violations généralisées du droit international commises par Israël, il est impératif que l’UE agisse et demande des comptes à Israël », écrivent-ils.
Une initiative citoyenne européenne (ICE) demandant la suspension de l’accord d’association UE-Israël et soutenue par l’Alliance de la gauche européenne a franchi mardi le cap du million de signatures dans au moins sept Etats membres, dont la France. L’ICE appelle une réponse motivée de la Commission européenne, qui n’est cependant pas tenue d’y donner suite.
(Rédigé par Sophie Louet)
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