Macron évoque la situation au Liban avec le pape Léon XIV
par Elizabeth Pineau
CITE DU VATICAN, 10 avril (Reuters) – La situation au Liban, où la population civile paye un lourd tribut à l’offensive d’Israël contre le Hezbollah, a été évoquée vendredi lors d’un entretien entre le président français Emmanuel Macron et le pape Léon XIV au Vatican.
Les deux dirigeants ont discuté en tête-à-tête, en anglais, pendant une heure à l’occasion de la première visite officielle du chef de l’Etat français depuis le début du pontificat du premier pape américain de l’Histoire, qui a succédé en mai 2025 au pape François.
Évoquant la situation au Moyen-Orient, ils ont souligné « la nécessité de parvenir à la désescalade et d’inclure le Liban dans le cessez-le-feu », a fait savoir l’Élysée dans un communiqué qui évoque également « la protection des chrétiens d’Orient ».
La sœur Mariam an Nour, directrice du Carmel Saint-Joseph de Mechref, près de Beyrouth, « qui accueille des enfants de toutes les confessions au Liban et les forme en français à la tolérance et au vivre-ensemble », selon les termes de l’Élysée, faisait partie de la délégation française.
Dans son compte rendu, le Vatican évoque un échange « sur les situations de conflit dans le monde, et l’espoir que la coexistence pacifique puisse être rétablie par le dialogue et la négociation ».
Le pape, qui s’est rendu au Liban en décembre, a appelé pendant les fêtes de Pâques « ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres » à « choisir la paix ».
Dans ses nombreux messages de paix, Léon XIV a interpellé le président américain, Donald Trump, invité à « chercher une porte de sortie » à l’offensive israélo-américaine lancée le 28 février contre l’Iran.
NE PAS LAISSER LE LIBAN « SEUL »
Outre le souverain pontife, Emmanuel Macron a rencontré au Vatican des responsables du Saint-Siège comme le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, et Mgr Paul Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États.
Le président a entamé jeudi soir sa cinquième visite dans le plus petit Etat du monde par des entretiens avec des responsables de la communauté Sant’Egidio, dont son fondateur Andrea Riccardi. Créée en 1968, cette communauté chrétienne a conduit plusieurs médiations dans des conflits internationaux.
« Le Liban, malgré ses crises, est un modèle de cohabitation. Il ne faut pas détruire l’autre mais vivre avec », a déclaré Andrea Riccardi à la presse après cet entretien. « Il faut soutenir le président (libanais Michel) Aoun dans son action mais ne pas le laisser seul. »
Le pape entame la semaine prochaine en Algérie une tournée africaine de dix jours qui le conduira également au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale.
Après son entretien avec le président, le pape a rencontré la première dame de France, Brigitte Macron, et la délégation française où figurait notamment la jeune religieuse très présente sur les réseaux sociaux sœur Albertine, le président de la Fondation des apprentis d’Auteuil, Jean-Marc Sauvé, et le directeur de l’Institut français du patrimoine, Charles Personnaz.
La rencontre a été l’occasion d’offrir au pape des cadeaux parmi lesquels un maillot de l’équipe de France masculine de basket-ball dédicacé par les joueurs – sport dont le souverain pontife natif de Chicago est friand – et un livre sur la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, théâtre d’un incendie en 2019.
(Reportage Elizabeth Pineau, avec Joshua McElwee, édité par Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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