Le « Conseil de la paix » envisage un désarmement du Hamas en huit mois
par Nidal al-Mughrabi
LE CAIRE, 27 mars (Reuters) – Le « Conseil de la paix » de Donald Trump a présenté la semaine dernière un plan de désarmement au Hamas qui exigerait du groupe palestinien qu’il autorise la destruction de son vaste réseau de tunnels dans l’enclave tout en remettant ses armes par étapes.
La mise en oeuvre de ce plan s’étalerait sur un délai de huit mois. Elle débuterait par la prise en charge de la sécurité du territoire par le Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG), le gouvernement technocratique palestinien chargé de diriger Gaza sans le Hamas, avec l’appui de Washington. Elle s’achèverait par le retrait des troupes israéliennes une fois obtenue l’assurance qu’aucune arme non autorisée ne circule dans l’enclave.
Le désarmement du Hamas est l’un des points essentiels du plan de paix américain pour Gaza annoncé lors de la conclusion du cessez-le-feu d’octobre 2025 entre Israël et le Mouvement de résistance islamique, après deux ans de guerre.
Le texte de ce projet, révélé par Al Jazeera, a été transmis à Reuters par deux responsables palestiniens impliqués dans les discussions. Un cadre du Hamas a confirmé son authenticité. Le groupe armé, qui s’oppose de longue date à son désarmement, ne l’a pas commenté publiquement jusqu’à présent.
Un responsable palestinien proche des discussions a jugé le plan « inéquitable », s’attendant à voir le Hamas réclamer des « amendements et améliorations ».
S’exprimant à condition de rester anonyme en raison de la sensibilité du dossier, il a déclaré que le plan ne garantissait en rien qu’Israël remplirait ses obligations et risquait de relancer les hostilités en conditionnant la reconstruction à des sujets politiques tels que le désarmement.
Le plan s’articule autour de deux éléments : un document en 12 points intitulé « Etapes pour mener à bien la mise en oeuvre du plan de paix global de Trump pour Gaza » et un calendrier en cinq phases au cours desquelles le Hamas rendrait ses armes.
Le document stipule que tous les groupes armés actifs à Gaza, y compris le Djihad islamique, seraient concernés par ce processus de désarmement qui serait supervisé par le CNAG.
« Gaza sera gouverné en vertu du principe d’une seule autorité, d’une seule loi, d’une seule arme, selon lequel seuls les individus autorisés par le CNAG pourront posséder des armes, et toutes les factions armées cesseront leurs activités militaires », indique le texte.
Un « comité de vérification de la collecte des armes » mis en place par Nikolaï Mladenov, Haut Représentant pour Gaza au sein du Conseil de la paix, superviserait les opérations.
La reconstruction ne serait autorisée que dans les zones désignées comme démilitarisées, précise encore le document.
CINQ ÉTAPES
Le cessez-le-feu d’octobre dernier a conduit à la séparation de la bande de Gaza en deux entités, l’une à l’est contrôlée par l’armée israélienne, en grande partie vidée de sa population, l’autre à l’ouest, contrôlée par le Hamas, où s’amassent quelque deux millions d’habitants, la plupart déplacés par le conflit.
Le Mouvement de résistance islamique, officiellement voué à la résistance armée contre Israël et à la destruction de l’Etat hébreu, a publiquement rejeté les appels à désarmer au cours de ces derniers mois.
En privé cependant, certains de ses responsables se disent ouverts à l’hypothèse d’un désarmement à condition que ce dernier soit lié à une solution politique et à la création d’un Etat palestinien, ce que ne mentionne pas le plan en 12 points.
Jeudi, trois groupes armés palestiniens dont le Djihad islamique ont diffusé des communiqués critiquant le projet, en estimant qu’il faisait la part belle au désarmement au détriment de la reconstruction ou du retrait de l’armée israélienne.
Selon le calendrier envisagé, le CNAG prendrait le contrôle administratif et sécuritaire de la bande de Gaza et entamerait les préparatifs pour la collecte des armes lors d’une première étape de quinze jours.
Lors d’une deuxième étape, longue de 16 à 40 jours, Israël retirerait toutes les armes lourdes des zones qu’il contrôle et une force de sécurité internationale serait déployée.
La troisième étape, de 30 à 90 jours, verrait le Hamas rendre toutes ses armes lourdes au CNAG et autoriserait la destruction de tous ses tunnels et ses installations militaires.
Lors d’une quatrième étape, de 91 à 250 jours, les forces de police dirigées par le CNAG collecteraient et enregistreraient les armes légères et les troupes israéliennes commenceraient à se retirer.
La cinquième étape, enfin, serait consacrée à la « vérification » du désarmement, condition d’un retrait total des troupes israéliennes « à l’exception d’une présence dans un périmètre de sécurité », et le début d’efforts globaux de reconstruction.
(Nidal al-Mughrabi; Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Sophie Louet)
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