Le PIB mondial déjà freiné par le conflit au Moyen-Orient-OCDE
PARIS, 26 mars (Reuters) – L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) maintient jeudi sa prévision de hausse du produit intérieur brut (PIB) mondial pour 2026, mais prévient que l’aggravation du conflit au Moyen-Orient a commencé à freiner la croissance, tandis que la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz menace d’entraîner une forte augmentation de l’inflation.
Dans ses dernières prévisions actualisées, l’organisation, basée à Paris, souligne que l’économie mondiale, stimulée par la vigueur des investissements et de la production liés à l’intelligence artificielle (IA), affiche une croissance plus forte que prévu avant le déclenchement, le 28 février, de la guerre en Iran.
Le PIB mondial devrait ralentir cette année, passant de 3,3% en 2025 à 2,9% en 2026, avant de remonter légèrement à 3,0% en 2027. Ce ralentissement s’explique par la flambée des prix de l’énergie et le caractère imprévisible du conflit en cours, qui contrebalancent les effets positifs liés aux importants investissements technologiques, à la baisse des taux effectifs des droits de douane et au prolongement de la dynamique observée depuis 2025.
Les projections de l’OCDE reposent sur l’hypothèse technique d’une atténuation progressive des perturbations du marché de l’énergie, avec une baisse graduelle des prix du pétrole, du gaz et des engrais à compter du second semestre 2026.
Les projections pour 2026 de l’organisation restent inchangées par rapport aux prévisions fournies en décembre.
Une version actualisée préliminaire des projections des Perspectives économiques de décembre 2025 de l’OCDE laissait toutefois entrevoir une révision à la hausse de la prévision de croissance 2026 du PIB mondial, d’environ 0,3 point de pourcentage, si le conflit ne s’intensifiait pas.
« Cette révision a été entièrement effacée par l’impact de l’escalade du conflit au Moyen-Orient », écrit l’organisation.
Face à la flambée des prix de l’énergie, l’inflation au sein des pays du G20 devrait dépasser de 1,2 point de pourcentage les prévisions initiales pour 2026, pour grimper à 4,0%, avant de redescendre à 2,7% en 2027.
PERSPECTIVES POUR LES ETATS-UNIS
Pour l’OCDE, le conflit en cours au Moyen-Orient vient s’ajouter à une situation du commerce mondial déjà complexe.
Les droits de douane américains, dits « réciproques », ont certes diminué, à la suite de leur invalidation partielle par la Cour suprême des Etats-Unis, permettant des réductions particulièrement importantes pour plusieurs économies émergentes, dont le Brésil, la Chine et l’Inde.
Le taux effectif global en matière de droits de douane appliqués par les Etats-Unis demeure cependant nettement supérieur à celui en vigueur avant 2025.
La croissance annuelle du PIB américain devrait décélérer, passant de 2,0% en 2026 à 1,7% en 2027, le ralentissement des dépenses de consommation, sous l’effet combiné du recul du pouvoir d’achat, du tassement de la population active et de l’épuisement de l’épargne des ménages, annihilant la forte hausse des investissements liés à l’IA.
L’OCDE avait initialement prévu pour les Etats-Unis une croissance de 1,7% cette année et de 1,9% en 2027, avant la décision de la Cour suprême américaine.
L’inflation globale aux Etats-Unis devrait désormais atteindre 4,2% en 2026, soit une hausse de 1,2 point de pourcentage par rapport aux prévisions précédentes.
DIVERGENCES AILLEURS
En Chine, la croissance devrait ralentir à 4,4% en 2026 et à 4,3% en 2027, conformément aux prévisions de décembre de l’OCDE.
La croissance du PIB en zone euro, elle, devrait décélérer à 0,8% en 2026, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, avant de rebondir à 1,2% en 2027, soutenue par une augmentation des dépenses en matière de défense. L’OCDE prévoyait auparavant pour le bloc monétaire européen une croissance de 1,2% en 2026 et de 1,4% en 2027.
Au Japon, la croissance devrait rester stable, à 0,9% en 2026 et 2027, la hausse du coût des importations d’énergie compensant la vigueur des investissements des entreprises.
Concernant l’inflation, l’OCDE indique que dans la zone euro et au Japon, l’augmentation des coûts de l’énergie devrait accroître les tensions sur les prix à court terme, mais dit s’attendre toujours à ce que l’inflation globale converge vers les objectifs des banques centrales en 2027.
L’organisation exhorte cependant les banques centrales à faire preuve de vigilance et appelle les Etats à veiller à ce que toute mesure de soutien aux ménages soit ciblée et limitée dans le temps.
« Les banques centrales doivent rester vigilantes et attentives à l’évolution de l’équilibre des risques entourant les évolutions économiques et financières, afin de garantir que les tensions inflationnistes sous-jacentes soient durablement jugulées », écrit l’OCDE.
(Rédigé par Leigh Thomas; version française Claude Chendjou)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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