Le Pakistan propose d’accueillir des discussions de paix pour mettre fin à la guerre en Iran
WASHINGTON/JÉRUSALEM/TEL AVIV, 24 mars (Reuters) – Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a déclaré mardi être disposé à accueillir des pourparlers de paix entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à un conflit entré dans sa quatrième semaine, au lendemain de l’annonce par Donald Trump de reporter sa menace de frapper les centrales électriques iraniennes du fait de discussions qualifiées de « positives ».
Shehbaz Sharif a déclaré sur X que le Pakistan soutenait totalement les efforts en cours pour poursuivre le dialogue dans le but de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
« Sous réserve d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran, le Pakistan se tient prêt et est honoré d’accueillir ces pourparlers afin de faciliter des discussions constructives et décisives en vue d’un règlement global du conflit en cours », a-t-il écrit.
Lundi, sur le tarmac de l’aéroport de Palm Beach (Floride), le président américain a déclaré aux journalistes que son gendre, Jared Kushner, et son envoyé spécial, Steve Witkoff, menaient des négociations avec l’Iran.
« Nous avons eu des discussions très, très solides. On verra où cela nous mène. Nous avons plusieurs points d’accord, je dirais, presque tous les points d’accord », a-t-il poursuivi, suspendant alors ses menaces de frapper les infrastructures électriques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz.
Le gel des frappes américaines en Iran ne concerne toutefois pas les sites militaires, la marine, les missiles balistiques et le secteur de la défense, a déclaré un responsable américain à l’agence de presse Semafor.
Il est peu probable, selon trois hauts représentants israéliens s’exprimant sous couvert d’anonymat, que l’Iran accède aux demandes américaines sur le dossier du nucléaire iranien et le programme de missiles balistiques de Téhéran.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, devait tenir une réunion de sécurité pour discuter de la tentative du président américain d’obtenir un accord avec l’Iran, selon deux représentants israéliens.
Un responsable israélien a précisé par la suite que l’interlocuteur iranien des Etats-Unis était le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le nouvel homme fort a rapidement démenti toute négociation avec Washington, dénonçant sur X une tentative de manipulation des cours du pétrole.
RENCONTRE POSSIBLE CETTE SEMAINE
Un responsable européen a toutefois rapporté que l’Egypte, le Pakistan et les Etats du Golfe relayaient des messages entre Washington et Téhéran mais qu’aucune discussion directe n’avait eu lieu.
Un porte-parole du ministère du Qatar des Affaires étrangères, qui dit soutenir une reprise des voies diplomatiques, a déclaré qu’il n’y avait aucun effort direct de Doha pour jouer les médiateurs entre les deux parties.
« Nous travaillons étroitement avec (les Etats-Unis) sur les moyens menant à une désescalade, sur la recherche d’une sortie de crise et pour arrêter les attaques sur nos pays », a déclaré Majed Al Ansari lors d’un point presse.
Des négociations directes pourraient cependant se tenir dès cette semaine à Islamabad, capitale du Pakistan, a-t-on appris d’un dirigeant pakistanais et d’une autre source.
Le vice-président américain J.D. Vance ainsi que Steve Witkoff et Jared Kushner pourraient rencontrer des dirigeants iraniens après un appel passé entre Donald Trump et le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, selon le dirigeant pakistanais.
La Maison blanche a confirmé l’appel entre le président américain et Asim Munir.
Par ailleurs, les médias iraniens ont fait état de discussions entre le président iranien Massoud Pezechkian et le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif.
Le bureau du Premier ministre pakistanais n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire sur ce sujet.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a fait état d’initiatives visant à réduire les tensions sans confirmer l’existence de négociations décrites par Donald Trump.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, s’est entretenu avec son homologue d’Oman sur la situation dans le détroit d’Ormuz et a accepté de continuer les consultations entre les deux pays, a-t-on appris du ministère.
L’Iran a de fait fermé le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, depuis que les États-Unis et Israël ont déclenché leur guerre le 28 février, provoquant une onde de choc dans l’économie mondiale.
Donald Trump s’est entretenu à ce sujet au téléphone avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, les deux dirigeants s’accordant sur l’importance de maintenir le détroit d’Ormuz ouvert, selon l’ambassadeur américain en Inde, Sergio Gor.
« L’Inde soutient la désescalade et la restauration de la paix le plus tôt possible. S’assurer que le détroit d’Ormuz reste ouvert, sécurisé et accessible est essentiel pour le monde entier », a déclaré pour sa part Narendra Modi sur X.
Washington et Téhéran avaient mené le mois dernier sous la médiation d’Oman un nouveau cycle de pourparlers sur le programme nucléaire iranien, qualifié de productif, moins de deux jours avant que les Etats-Unis et Israël ne lancent l’opération baptisée « Fureur épique » en Iran, tuant notamment le guide suprême iranien, Ali Khamenei, dès le premier jour.
La Bourse de New York a ouvert en baisse mardi, le soulagement né de la perspective d’une fin prochaine de la guerre au Moyen-Orient étant retombé alors que les rendements obligataires se tendent à nouveau et les prix du pétrole repartent à la hauss
Le changement de posture de Donald Trump est intervenu après que l’Iran a menacé d’attaquer les centrales électriques israéliennes et celles alimentant les bases américaines dans la région du Golfe si les États-Unis ciblaient le réseau électrique iranien.
ALERTES EN ISRAËL
Mardi, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti en Israël, notamment à Tel Aviv, où un immeuble d’habitation de plusieurs étages présentait des trous béants. Il n’était pas possible de déterminer dans l’immédiat si ces dégâts avaient été causés par un impact direct ou par des débris provenant d’une interception.
Les services d’incendie et de secours israéliens ont précisé qu’ils cherchaient des civils coincés dans un immeuble à Tel Aviv et qu’ils avaient découvert des civils dans un abri situé dans un autre bâtiment endommagé.
L’armée israélienne a déclaré pour sa part que ses avions de combat avaient mené lundi une vaste série de frappes dans le centre de Téhéran, visant des centres de commandement clés, notamment des installations liées aux services de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique et au ministère iranien du Renseignement.
L’armée israélienne a dit avoir visé plus de 50 cibles dans la nuit, incluant des sites de stockage et de lancement de missiles balistiques.
Plusieurs explosions ont été entendues à Téhéran où les systèmes de défense aérienne ont été activés, selon l’agence de presse iranienne Nournews.
(Reportage de Phil Stewart, Idrees Ali, Gram Slattery et Humeyra Pamuk à Washington, Maayan Lubell à Jérusalem et Alexander Cornwell à Tel Aviv, Ariba Shahid à Karachi et Saad Sayeed à Bangkok; reportages complémentaires des bureaux de Reuters; version française Zhifan Liu, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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