L’Iran envisage des négociations nucléaires avec les États-Unis
DUBAÏ, 2 février (Reuters) – Les autorités iraniennes étudient les conditions d’une reprise prochaine des négociations avec les États-Unis, a déclaré lundi un responsable du ministère des Affaires étrangères, les deux parties se disant prêtes à discuter du dossier nucléaire pour écarter le spectre d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient.
Donald Trump, qui s’est abstenu de mettre à exécution ses menaces d’intervention pendant la répression des manifestations antigouvernementales, exige que Téhéran fasse des concessions sur son programme nucléaire, tout en accentuant la pression militaire avec l’envoi d’un porte-avions dans la région.
Le président américain a assuré la semaine dernière que des « pourparlers sérieux » avaient lieu entre Washington et Téhéran, après qu’un haut responsable iranien, Ali Larijani, a déclaré sur le réseau social X que des discussions étaient en cours en vue d’entamer des négociations.
Des sources iraniennes ont déclaré à Reuters la semaine dernière que Trump avait posé trois conditions préalables à la reprise des pourparlers : l’arrêt total de l’enrichissement d’uranium en Iran, la limitation de son programme de missiles balistiques et la fin du soutien de Téhéran à ses bras armés régionaux, comme le Hezbollah au Liban ou les Houthis au Yémen.
L’Iran a longtemps rejeté ces trois conditions, disant y voir une atteinte inacceptable à sa souveraineté, mais deux responsables iraniens ont déclaré à Reuters que le pouvoir considérait désormais son programme de missiles balistiques, davantage que l’enrichissement d’uranium, comme une ligne rouge.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré lundi que Téhéran examinait « les différentes dimensions et aspects des négociations », ajoutant que « le temps est un facteur essentiel pour l’Iran, qui souhaite que les sanctions injustes soient levées au plus vite ».
Il a dit espérer qu’un « cadre de négociations » puisse être établi « dans les prochains jours ».
PROBABLE RÉUNION EN TURQUIE
Un haut responsable iranien et un diplomate occidental ont déclaré à Reuters que l’émissaire américain Steve Witkoff et le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araqchi pourraient se rencontrer en Turquie dans les prochains jours.
« La diplomatie se poursuit », a-t-il dit. « Pour que les pourparlers reprennent, l’Iran estime qu’il ne devrait y avoir aucune condition préalable et se dit prêt à faire preuve de souplesse sur la question de l’enrichissement d’uranium », notamment en remettant à un pays tiers 400 kg d’uranium hautement enrichi (UHE).
Il a toutefois ajouté que pour entamer les pourparlers avec Washington, Téhéran demandait le départ des forces navales américaines récemment déployées dans la région.
« La balle est désormais dans le camp de Trump », a-t-il déclaré.
Après cinq cycles de négociations qui ont achoppé depuis mai 2023, plusieurs questions difficiles à résoudre subsistaient entre Téhéran et Washington, notamment l’insistance de l’Iran à maintenir l’enrichissement d’uranium sur son sol et son refus d’expédier à l’étranger l’ensemble de ses stocks d’uranium hautement enrichi.
Depuis les frappes américaines contre trois sites nucléaires iraniens en juin, Téhéran affirme avoir cessé ses activités d’enrichissement d’uranium. L’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a demandé à plusieurs reprises à l’Iran de préciser ce qu’il était advenu des stocks d’uranium hautement enrichi.
(Rédigé par Parisa Hafezi à Dubaï, avec la contribution de John Irish à Paris et Jonathan Spicer à Istanbul ; version française Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)
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