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La famille Pinault vend sa participation de 29% à Anta Sports

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27 janvier (Reuters) – La plus grande marque chinoise d’articles de sport Anta Sports Products a annoncé mardi le rachat de la participation de 29,06% détenue par la famille Pinault dans Puma pour 1,5 milliard d’euros, devenant ainsi le premier actionnaire de l’équipementier sportif allemand.

L’accord devrait aider Puma à augmenter ses ventes sur le lucratif marché chinois et soutenir Anta dans sa volonté de devenir une entreprise plus mondialisée.

Le groupe coté à Hong Kong versera 35  euros par action en numéraire à la société holding de la famille Pinault, Artemis, qui ​contrôle également le conglomérat de luxe coté à Paris, Kering.

L’opération devrait permettre à Artemis de réduire son endettement. A Paris, ‍l’action Kering gagnait 0,58% à 09h05 ⁠GMT après avoir gagné jusqu’à plus de 2% en début de séance.

A Francfort, le titre Puma gagnait 4,4% au même moment après s’être envolé de plus de ⁠20% lors des premiers échanges. Il avait déjà grimpé de 17% la veille. A Hong Kong, l’action Anta a gagné 1,6 %.

L’offre d’Anta Sports, qui représente une prime de 62 % par rapport au cours de clôture de Puma lundi soir, intervient alors que le groupe allemand cherche à redresser ses résultats après avoir perdu du ​terrain face à Nike et Adidas. Il fait également face à la concurrence de marques en forte croissance comme New Balance et Hoka.

Puma dispose d’un grand potentiel de croissance sur le marché chinois, a déclaré un cadre supérieur d’Anta Sports à Reuters, soulignant que le groupe allemand ne réalise que 7% de son chiffre d’affaires dans le pays.

« Nous avons une réflexion approfondie sur la façon dont Puma peut connaître un plus grand succès en Chine », a déclaré Wei Lin, vice-président mondial d’Anta pour la durabilité et les relations avec les investisseurs.

Anta Sports, qui dispose d’un historique ‌d’acquisitions et de redressement de marques occidentales de sport et de lifestyle, a déclaré que Puma était une entreprise mondiale qui complétait son portefeuille existant et pouvait accroître sa compétitivité ​internationale.

Anta détient notamment les marques Fila, Jack Wolfskin, Kolon Sport et Maia Active. Le groupe est également le premier actionnaire d’Amer Sports, propriétaire de Salomon, Wilson, Peak Performance et Atomic.

Dans une note publiée mardi, les analystes de Citigroup soulignent que « la solide exécution d’Anta après ses acquisitions » leur donne confiance « dans la revitalisation de l’activité de Puma à l’avenir ».

Anta Sports a précisé qu’il chercherait à obtenir des sièges au conseil d’administration de Puma une fois l’opération finalisée, mais qu’il n’envisageait pas de prendre le contrôle total de la société.

PUMA SOUS PRESSION

L’opération intervient ‌alors que ‌l’équipementier sportif allemand peine à relancer ses ventes et à regagner la confiance des investisseurs sous la direction de son nouveau président ​du directoire, Arthur Hoeld.

Puma subit des pressions dans un contexte de ralentissement de la demande, et les récentes sorties de baskets, dont le modèle Speedcat, n’ont pas généré l’élan espéré par les dirigeants. Arthur Hoeld, qui a pris ses fonctions l’an dernier, a présenté un plan de redressement axé sur le renforcement de l’attractivité de ​la marque, les produits de performance et la discipline des coûts.

« Nous avons confiance en son équipe de direction et en sa transformation stratégique », a ajouté Wei Lin.

En octobre, Puma a annoncé qu’il réduirait le niveau de ses promotions, améliorerait son marketing et rationaliserait sa gamme de produits, ⁠tout en supprimant 900 emplois dans le cadre de sa stratégie de redressement.

Reuters a rapporté début janvier qu’Anta avait proposé de racheter environ 29% de Puma à la famille Pinault ​et avait obtenu le financement nécessaire à l’acquisition, bien que les négociations aient alors achoppé sur la question de la valorisation.

La holding familiale Artemis, dirigé par François-Henri Pinault, président du groupe de luxe Kering, avait précédemment qualifié sa participation dans Puma de non stratégique. Artemis a pris une participation dans Puma après une réorganisation du portefeuille de Kering en 2018, quand la maison-mère de la marque Gucci, qui contrôlait alors aussi l’équipementier allemand, s’est recentrée uniquement sur le luxe.

« Cette cession est conforme à la stratégie en cours mise en œuvre par Artemis pour se concentrer sur les actifs contrôlés et réaffecter ses ressources ⁠vers de nouveaux secteurs créateurs de valeur », a déclaré Artemis dans un communiqué.

L’opération est soumise à des autorisations concurrence, à l’approbation des actionnaires d’Anta Sports et à des autorisations réglementaires en Chine et dans d’autres juridictions. Anta Sports a déclaré prévoir la convocation d’une assemblée générale extraordinaire, la ‌finalisation de l’opération étant attendue une fois l’ensemble des conditions remplies.

(Reportage de Scott Murdoch de Roushni Nair ⁠et d’Alexander Huebner, version française Elena Smirnova, édité par Blandine Hénault)

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