Automobile: « La fête est finie » pour les constructeurs européens entre droits de douane et guerre des prix en Chine
par Christoph Steitz et Rachel More
MUNICH (Reuters) -Derrière l’effervescence des nouveaux modèles et des éclairages brillants du salon automobile de Munich, les acteurs européens du secteur redoutent que la fête ne soit finie.
Les prix et les bénéfices sur le marché clé qu’est la Chine sont en baisse, la demande en Europe est morose et les droits de douane américains ont créé des perspectives incertaines, mettant l’accent sur la réduction des coûts, tandis que le marché mondial est en plein remodelage.
« La fête que nous avons célébrée dans l’industrie automobile pendant des décennies est terminée sous sa forme actuelle », a déclaré Oliver Blume, président du directoire de Volkswagen, le plus grand constructeur européen, et de sa division de luxe Porsche AG.
« Il s’agit maintenant de se réorienter », selon lui.
Le secteur est confronté à une remise en question, accentuée par la pression exercée pour passer aux véhicules électriques (VE) avec des objectifs stricts pour 2035 en Europe que beaucoup pensent ne pas pouvoir atteindre, même si les concurrents chinois prennent une longueur d’avance sur les marques locales avec des modèles moins coûteux.
Cette situation a mis Volkswagen, Mercedes-Benz, BMW, Porsche et Renault sur la défensive. Au salon de l’automobile IAA Mobility de Munich, ils ont présenté des modèles allant des VE d’entrée de gamme abordables aux SUV de luxe.
D’ici à 2032, les constructeurs automobiles européens prévoient de lancer un nombre sans précédent de 350 nouveaux VE, selon McKinsey, avant l’interdiction imminente des voitures à moteur à combustion dans l’UE à partir de 2035, à laquelle les constructeurs automobiles allemands s’opposent.
« Les années à venir seront certainement des années décisives », a déclaré Patrick Schaufuss, associé chez McKinsey, ajoutant que les constructeurs automobiles européens avaient besoin d’un développement de produits plus rapide et simplifié pour rester à la hauteur de leurs rivaux chinois, très agiles.
« UNE GUERRE DES PRIX BRUTALE »
Porsche, dont les ventes de voitures en Chine ont chuté de 27,9% au premier semestre, est en train d’ajuster son réseau de concessionnaires locaux, le président du directoire Oliver Blume étant sceptique quant aux perspectives, abandonnant pour l’instant son objectif de marge à long terme de 20%.
« Le marché du luxe (chinois) n’existe plus », a déclaré Oliver Blume, qui dirige à la fois VW et sa marque Porsche, à Reuters, ajoutant que le groupe Volkswagen misait sur des investissements substantiels aux États-Unis, idéalement accompagnés de mesures incitatives.
BMW espère que son nouveau modèle iX3 renouera avec la croissance en Chine, a déclaré le chef des ventes Jochen Goller.
Jochen Goller a déclaré que BMW surveillait la « guerre des prix brutale » en Chine alors qu’elle évaluait le prix du nouveau modèle, qui sera lancé à l’été 2026.
Mercedes-Benz, qui lancera environ 40 nouveaux modèles d’ici 2027 et compte sur son GLC tout électrique pour récupérer des parts de marché en Chine, réduit également ses coûts de plusieurs milliards d’euros, et le président du directoire Ola Kaellenius a déclaré que la concurrence féroce en Chine se poursuivrait.
Renault, qui a quitté le marché chinois il y a environ cinq ans, introduira des batteries plus abordables pour les VE et accélérera les temps de développement pour tous les modèles, des éléments qui ont été au cœur des efforts d’expansion des constructeurs automobiles chinois.
« Nos concurrents chinois sont les meilleurs de leur catégorie, nous les avons pris comme référence », a déclaré le directeur général François Provost.
(Christoph Steitz, Rachel More, Nick Carey, Christina Amann, Ilona Wissenbach et Gilles Giullaume, Mara Vîlcu pour la version française, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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