A Washington, RDC et Rwanda s’engagent à oeuvrer pour la paix
par Sonia Rolley et Jessica Donati
(Reuters) -La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda se sont engagés vendredi, dans un document signé à Washington, à élaborer un projet d’accord de paix d’ici au 2 mai et à cesser de soutenir militairement des groupes armés, trois mois après l’offensive éclair menée par les rebelles du M23 soutenus par Kigali dans l’est de la RDC.
Le texte, signé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays en présence du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, nourrit l’espoir d’un arrêt du cycle de violences qui embrase la région, les deux pays espérant attirer d’importants investissements publics et privés américains dans l’extraction de minerais.
De précédents appels au cessez-le-feu n’ont toutefois pas été suivis d’effets.
Le document prévoit que les deux pays examineront la mise en place d’un mécanisme de sécurité conjoint afin de réprimer les groupes armés et les organisations criminelles.
« A nos concitoyens et concitoyennes de la République démocratique du Congo, en particulier dans l’Est, nous savons que vous regardez ce moment », a déclaré la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. « Vous avez toutes les raisons d’attendre plus que des promesses. »
« Nous discutons des moyens de constuire de nouvelles chaînes de valeur économique régionales reliant nos pays, notamment avec des investissements du secteur privé américain », a déclaré son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe.
« Une paix durable dans la région des Grands Lacs ouvrira la voie à des investissements américains et occidentaux plus importants, ce qui apportera des opportunités économiques et de la prospérité », a renchéri Marco Rubio.
DÉCLARATION DE PRINCIPE
L’accord revient à une « déclaration de principe – des objectifs très larges auxquels il faudra travailler », a déclaré une source diplomatique. « Les deux parties vont finaliser les détails dans les mois à venir et là, peut-être qu’un accord de paix sera signé », a ajouté cette source.
L’est de la RDC a replongé dans la violence en janvier lors d’une offensive majeure des rebelles du M23 qui leur a permis de prendre le contrôle des deux plus grandes villes de la région, Goma et Bukavu.
Les Nations unies et les gouvernements occidentaux affirment que le Rwanda fournit des armes et des troupes au M23, ce qu’il dément. Kigali affirme se défendre contre des miliciens hutus qui combattent aux côtés de l’armée congolaise.
Le Qatar et les États-Unis ont tous deux manifesté leur intérêt pour une médiation en vue d’une résolution du conflit.
En mars, le Qatar a réussi à organiser des pourparlers entre le président de la RDC Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, durant lesquels les deux dirigeants ont appelé à un cessez-le-feu.
Le Qatar a également accueilli des négociations entre la RDC et le M23, et cette semaine, les deux parties ont publié une déclaration exprimant leur volonté d’oeuvrer à la paix et un « engagement pour l’arrêt immédiat des hostilités ».
Le ministère qatari des Affaires étrangères a estimé que le texte signé à Washington était « une étape positive et importante vers la paix et la stabilité ».
L’administration Trump s’intéresse particulièrement à la RDC depuis qu’un sénateur congolais a contacté des fonctionnaires américains pour leur présenter un accord sur les minerais en échange de garanties de sécurité.
Washington cherche un meilleur accès à des ressources telles que le cuivre, le cobalt et le lithium, utilisés dans les téléphones portables et les voitures électriques, qui sont actuellement exploités principalement par la Chine et ses sociétés minières.
Le Rwanda a annoncé cette semaine qu’il discutait également avec Washington d’un éventuel accord sur les minerais.
(Daphne Psaledakis avec Sonia Rolley et Jessica Donati ; version française Benjamin Mallet, Pauline Foret et Jean-Stéphane Brosse)
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