L’Inde jure de poursuivre les auteurs de la tuerie au Cachemire, le Pakistan riposte
par Shivam Patel et Fayaz Bukhari
ISLAMABAD/SRINAGAR, Inde (Reuters) – Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a juré jeudi de traquer « jusqu’au bout de la Terre » les auteurs de l’attaque meurtrière contre des touristes dans le Cachemire indien, que New Delhi impute à des islamistes soutenus par le Pakistan.
Le Pakistan a pour sa part fermé son espace aérien aux compagnies aériennes indiennes et rejeté la suspension par New Delhi d’un traité de partage de l’eau à la suite de cette attaque.
Plusieurs hommes armés surgis d’une forêt ont ouvert le feu mardi sur des touristes dans la prairie de Bairasan, à Pahalgam, dans la région himalayenne du Jammu-et-Cachemire, faisant 26 morts, 25 Indiens et un ressortissant népalais, selon la police.
« L’Inde identifiera, traquera et punira les terroristes et ceux qui les soutiennent. Nous les poursuivrons jusqu’au bout de la Terre », a déclaré Narendra Modi lors d’un discours dans l’Etat du Bihar (nord-est de l’Inde).
La police du Cachemire indien a diffusé jeudi trois avis de recherche pour trois assaillants présumés « impliqués » dans l’attaque et promis une récompense pour toute information permettant leur capture.
Selon les avis, deux des suspects sont d’origine pakistanaise. Ils ne précisent pas comment les trois hommes ont été identifiés.
Même si le chef du gouvernement indien n’a pas cité le Pakistan dans son discours, les autorités de New Delhi désignent le Front de résistance, une branche du groupe islamiste Lashkar-e-Taiba, basé au Pakistan.
Au lendemain de l’attaque, l’Inde a pris une série de sanctions contre le Pakistan, issu de la partition de 1947. Les deux nations, qui se disputent la souveraineté du Cachemire, se sont affrontées à trois reprises – en 1947, 1965 et 1999.
Mercredi, le gouvernement indien a décidé de suspendre le traité de 1960 sur le partage des eaux entre les deux Etats, accusant Islamabad de soutenir le « terrorisme transfrontalier ».
Il a en outre ordonné la fermeture du seul point de passage terrestre entre les deux pays, au Pendjab, puis sommé les attachés de défense pakistanais de quitter le territoire indien sous une semaine et rappelé ses propres attachés de Défense à Islamabad. Le personnel de l’ambassade d’Inde à Islamabad est réduit de 55 à 30 personnes, a précisé le secrétaire indien aux Affaires étrangères, Vikram Misri.
Le ministère indien des Affaires étrangères a annoncé jeudi dans un communiqué l’annulation de tous les visas accordés aux ressortissants pakistanais, qui sont invités à quitter le pays. Les visas médicaux restent valides jusqu’au 29 avril, précise le communiqué.
Par ailleurs, le ministère enjoint aux ressortissants indiens actuellement au Pakistan de regagner l’Inde sans délai.
Le ministre pakistanais de l’Energie, Awais Lekhari, a déclaré que la suspension du traité de l’Indus constituait « un acte lâche et illégal », parlant d’une « guerre de l’eau ».
A la suite d’une réunion à Islamabad du Comité de sécurité nationale, le bureau du Premier ministre pakistanais a déclaré dans un communiqué que « toute menace sur la souveraineté » du pays et « à la sécurité de son peuple » ferait l’objet de « mesures réciproques fermes dans tous les domaines ».
Toute tentative d’arrêter ou de détourner l’eau appartenant au Pakistan serait considérée comme un acte de guerre, a-t-il ajouté.
Plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés jeudi devant l’ambassade pakistanaise à New Delhi, scandant des slogans hostiles au Pakistan.
(Reportage Shivam Patel, Fayaz Bukhari, Asif Shahzad et Ariba Shahid, rédigé par Shilpa Jamkhandikar et YP Rajesh ; version française Sophie Louet et Benjamin Mallet, édité par Kate Entringer)
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