Droits de douane: La Chine dit qu’elle combattra le « chantage » des Etats-Unis
par Joe Cash et Nicoco Chan
PEKIN (Reuters) – La Chine a dénoncé mardi comme du « chantage » la menace du président américain Donald Trump de relever encore les droits de douane visant les produits chinois importés aux Etats-Unis si Pékin ne revient pas sur sa volonté de mettre en place des mesures commerciales de rétorsion.
Si aucun des deux pays ne fait machine arrière dans cette escalade de la guerre commerciale, les taxes douanières sur les importations chinoises aux Etats-Unis pourraient grimper cette année à 104%.
Pékin est sous pression pour répondre aux barrières douanières érigées par Donald Trump alors que le président Xi Jinping doit rencontrer vendredi le Premier ministre espagnol avant d’entamer une tournée en Asie du Sud-Est.
« La menace d’escalade des droits de douane des Etats-Unis contre la Chine constitue une erreur qui s’ajoute à une erreur, exposant à nouveau la propension du camp américain au chantage », a déclaré le ministère chinois du Commerce.
Dans un communiqué, il a ajouté que si Washington persistait dans cette voie-là, Pékin « se battra jusqu’au bout ».
Après avoir détaillé mercredi dernier les taxes dites « réciproques » devant viser dès cette semaine les produits en provenance de dizaines de pays, Donald Trump a menacé lundi d’imposer des droits de douane additionnels de 50% à la Chine si celle-ci ne renonce pas aux surtaxes de 34% sur les produits américains importés. Ces surtaxes sont équivalentes à celles annoncées la semaine dernière par le président américain.
Mais avec les droits de douane déjà imposés par l’administration Trump pesant sur les exportations chinoises, des mesures supplémentaires ne serviraient qu’à souligner l’appétit de Washington pour le rapport de force et son désir d’isoler Pékin du marché mondial, avancent des analystes.
« Si les droits de douane ne cessent d’augmenter, cela devient une bataille de principes plus que de l’économie », explique Xu Tianchen, de l’Economist Intelligence Unit.
« La Chine fait déjà face à un taux qui excède les 60%, cela n’a aucune importance que ce taux augmente de 50% ou de 500% », ajoute-t-il.
Le gouvernement chinois a pris des mesures pour protéger son économie de l’agitation sur les marchés financiers provoquée par les annonces de Donald Trump.
L’organisme d’Etat chargé de la planification économique a déclaré jeudi avoir rencontré plusieurs entreprises privées comme Trina Solar, Didi – l’Uber chinois – ou encore Goertek, pour discuter de la manière d’aborder ces droits de douane supplémentaires.
Plusieurs holding d’Etat se sont engagées à augmenter leurs investissements en actions, un grand nombre d’entreprises cotées ont dévoilé des rachats de titres et la banque centrale a promis un soutien en liquidités au fonds public d’investissement Central Huijin après son intervention pour soutenir les marchés boursiers.
Toutefois, les droits de douanes américains risquent de faire dérailler l’économie de la deuxième puissance mondiale qui s’est reposée fortement sur les exportations à la suite de la pandémie de COVID-19, à moins que les exportateurs ne parviennent à pivoter rapidement vers d’autres marchés.
Le gouvernement central chinois a également accusé Washington de ne pas sincèrement chercher le dialogue sur le sujet.
Le peuple chinois « ne provoque pas de trouble mais n’en a pas peur », a déclaré jeudi Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse.
« Le peuple chinois ne doit pas être privé de son droit légitime au développement », a-t-il ajouté.
CIBLER LA CHINE
Les droits de douane américains se feront particulièrement sentir car ils ciblent les deux principales stratégies utilisées par les exportateurs chinois pour atténuer l’impact de la guerre commerciale: déplacer une partie de la production à l’étranger et stimuler les ventes sur les marchés non-américains.
Dans la population chinoise, des voix commencent également à s’élever pour critiquer le président américain, accusé de vouloir se débarrasser du rival chinois.
« Les droits de douane sur la Chine sont trop élevés, trop élevés et les Chinois ordinaires ne peuvent pas accepter ça », avance Qi Xiushun, un habitant de Shanghai de 58 ans.
« (Les droits de douane) suppriment le développement économique chinois, ces droits de douane étaient principalement soutenus par Trump, non ? », s’interroge-t-il.
Selon Dan Wang, experte à Eurasia Group, Donald Trump a effectivement déjà effacé les profits des exportateurs chinois en imposant des barrières douanières dépassant les 35%.
« Après ça, la Chine ne devrait plus exporter vers les Etats-Unis. Cela pourrait être 1.000%, mais comme il n’y a plus d’échanges, il n’y a pas de danger. »
« L’Europe est et continuera d’être le marché le plus profitable pour la Chine », ajoute-t-elle.
Le président chinois Xi Jinping doit rencontrer vendredi le Premier ministre espagnol et les discussions devraient être dominées par les tensions commerciales avec Bruxelles et les exportations de véhicules électriques chinois ainsi que par les droits de douane de Donald Trump.
Xi Jinping se rendra ensuite en Malaisie, au Vietnam et au Cambodge, trois pays manufacturiers qui ont profité d’une Chine affaiblie par les sanctions américaines lors du premier mandat de Donald Trump et qui sont à leur tour visés par de lourds droits de douane.
(Rédigé par Joe Cash, Nicoco Chan, avec la contribution de Xiuhao Chen, Liz Lee, Ethan Wang ; version française Jean Terzian et Zhifan Liu, édité par Blandine Hénault)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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