Allemagne: Les Verts refusent de soutenir la réforme de Friedrich Merz sur le « frein à l’endettement »
par Holger Hansen et Andreas Rinke
BERLIN (Reuters) – Le parti écologiste allemand ne soutiendra pas les projets du prochain chancelier Friedrich Merz visant à augmenter massivement les emprunts de l’Etat, ont déclaré lundi ses dirigeants, ajoutant qu’ils soumettraient leur propre proposition législative en matière de sécurité et de défense.
Le refus des Verts d’appuyer la réforme constitutionnelle proposée par les conservateurs et les sociaux-démocrates pourrait compromettre une campagne d’emprunts annoncée le 4 mars qui a bousculé les marchés, ravivant l’espoir de relancer la croissance dans la plus grande économie d’Europe.
« Nous ne nous laisserons pas faire, et nous ne laisserons pas Friedrich Merz et Lars Klingbeil abuser d’une situation difficile en matière de sécurité européenne », a déclaré Franziska Brantner, codirigeante du parti des Verts.
« C’est quelque chose qui ne sert ni le pays ni nos intérêts en Europe. »
Vainqueur des élections législatives de février, Friedrich Merz souhaite notamment assouplir les limites strictes imposées par le « frein à l’endettement » en Allemagne pour investir davantage dans la défense et la sécurité, alors que les politiques américaines vis-à-vis de la guerre en Ukraine alertent quant à la sécurité du Vieux continent.
Depuis 2009, la Constitution fédérale impose un « frein à l’endettement » qui limite l’endettement structurel à hauteur de 0,35% du PIB. Friedrich Merz entend assouplir cette disposition en vue de la création d’un fonds spécial de 500 milliards d’euros sur dix ans pour la modernisation des infrastructures et la relance de l’économie.
L’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de Friedrich Merz, et le Parti social-démocrate (SPD), actuellement en pourparlers pour former un gouvernement, ont besoin du soutien des Verts pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaires au Bundestag pour la révision constitutionnelle.
Katharina Dröge, co-présidente des Verts, a déclaré que le parti n’accorderait son soutien au projet du CDU et du SPD qu’à condition que les investissements aillent dans le sens du climat et du pays.
Les responsables du parti devaient s’entretenir avec les conservateurs de Friedrich Merz plus tard dans la journée de lundi.
« CHANTAGE »
« Nous allons recommander aux membres du groupe parlementaire des Verts de ne pas voter en faveur de ces amendements », a dit Katharina Dröge à propos de la réforme Merz lors d’une conférence de presse aux côtés de Britta Hasselmann, autre co-présidente des Verts.
Felix Banaszak, également co-président du parti, a par ailleurs déclaré que les Verts prépareraient leur propre motion législative en matière de sécurité et de défense, et que le parti était prêt à discuter sérieusement des capacités de sécurité et de défense en Allemagne.
Il a toutefois qualifié de « chantage » les manœuvres du CDU et du SPD visant à obtenir le soutien du parti.
« L’objectif est de parvenir à une solution commune », a-t-il précisé, ajoutant que la pression était sur Friedrich Merz pour qu’il consulte les autres partis du Bundestag.
Réagissant à la décision des Verts, le chef de file des sociaux-démocrates, Lars Klingbeil, a déclaré prendre « très au sérieux » les inquiétudes des Verts quant à la modification de la Constitution du pays, et a promis de poursuivre les discussions afin de les convaincre.
« D’après les conversations que j’ai eues avec eux hier soir, je ne suis pas surpris que nous ne soyons pas encore sur un dénominateur commun, mais la priorité est maintenant de se réunir et d’avoir des discussions confidentielles », a-t-il déclaré.
« Je pense que nous sommes tous conscients de l’importance et des répercussions potentielles de cette décision », a-t-il ajouté.
Avant l’officialisation du refus des Verts, plusieurs voix dans le camp du futur chancelier et de ses probables partenaires de coalition minimisaient les réserves du parti écologiste, y voyant une tactique de négociation pour obtenir des concessions.
« En fin de compte, ils accepteront par sens de la responsabilité politique parce qu’ils ont toujours demandé un tel fonds spécial », a déclaré l’un des négociateurs de la prochaine coalition allemande à Reuters.
« Il est évident que les Verts ont également leurs propres idées pour les négociations à venir », a déclaré le maire SPD de Brême, Andreas Bovenschulte.
« Je pense plutôt que les Verts veulent contribuer de manière constructive et parvenir rapidement à un résultat viable », a-t-il estimé.
Les mesures pourraient être difficiles à adopter au Bundestag, où le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), premier parti d’opposition, et Die Linke (extrême gauche) disposent d’une minorité de blocage.
(Avec Matthias Williams, Rachel More, Miranda Murray, Ludwig Burger, version française Etienne Breban, édité par Sophie Louet)
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