Le CIO pas « inquiet » après le sabotage visant la SNCF, le gouvernement prêt pour « tous les scénarios »
PARIS (Reuters) – Le président du Comité international olympique (CIO) a déclaré vendredi n’avoir « aucune inquiétude » quant à la sécurité des JO 2024 et faire « pleinement confiance » aux autorités françaises en la matière à la suite des actes de sabotage sur le réseau SNCF.
La ministre sortante des Sports et des Jeux olympiques, Amélie Oudéa-Castéra, s’est voulue rassurante face au désordre provoqué par cet acte criminel, qui fait l’objet d’une enquête du parquet de Paris, soulignant que « tous les scénarios » avaient été envisagés par la France.
Le ministre sortant de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a assuré que les sabotages n’avaient « pas de conséquence directe sur l’organisation des Jeux olympiques » et que les auteurs « embêtaient plus les Français que les Jeux olympiques ».
« Je n’ai pas d’inquiétudes. Nous avons pleinement confiance dans les autorités françaises », a déclaré Thomas Bach en réponse à une question de la presse sur l’événement, en marge du relais de la flamme olympique au Village olympique, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
« Toutes les mesures sont prises et les autorités françaises sont assistées par 180 autres services de renseignement dans le monde », a ajouté le président du CIO.
A l’annonce des perturbations massives sur le réseau ferré français, en un jour critique avec l’ouverture officielle des JO de Paris et les départs en vacances estivaux, Amélie Oudéa-Castéra avait déclaré que « les impacts » sur l’acheminement des délégations et « les athlètes ce week-end » étaient en cours d’évaluation.
« Ce qu’il s’est passé, ce n’est ni la première ni la dernière des difficultés que nous aurons », a-t-elle dit par la suite lors de la conférence de presse de la délégation française au Club France, à La Villette, à Paris.
UNE TENTATIVE DE SABOTAGE EN MAI?
« Il reste à établir l’intentionnalité précise. On ne va pas être naïfs, une concordance des temps laisse penser que tout ça n’est pas anodin. On ne va pas se laisser déstabiliser, on avait anticipé tous ses scénarios », a assuré la ministre.
« Tous les scénarios de crise ont été pensés », a-t-elle martelé.
Selon BFMTV, qui cite des sources policières, une première tentative de sabotage a été déjouée le 8 mai sur la ligne LGV entre Aix-en-Provence et Marseille, dans le Sud-Est, en marge de l’arrivée de la flamme olympique à Marseille.
Un engin incendiaire constitué de bouteilles remplies d’essence et équipées d’une mèche avait été retrouvé.
David Lappartient, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), a précisé ne pas avoir connaissance de répercussions des sabotages de vendredi sur les athlètes. « Beaucoup d’athlètes sont déjà arrivés, à ma connaissance (il n’y a pas) d’athlètes bloqués par ça. » La délégation n’est pas affectée, a-t-il dit.
Franck Dubourdieu, directeur de l’axe TGV Atlantique, a dit à la presse que quatre « trains JO », transportant des athlètes, étaient prévus vendredi sur cet axe. Deux ont circulé normalement, un troisième a été annulé et un quatrième était prévu.
Les athlètes n’ont pas été affectés, a affirmé Gérald Darmanin. « Soit leur train roule, soit nous avons trouvé des moyens de substitution », a-t-il dit.
Sur X, le Premier ministre sortant, Gabriel Attal, a déclaré que les « services de renseignement » français, ainsi que les forces de l’ordre, étaient mobilisés « pour retrouver et punir les auteurs de ces actes criminels » – des incendies sur plusieurs bifurcations ferroviaires qui entraînent des perturbations massives.
« Ils ne vont pas gâcher la fête », a souligné la ministre des Sports.
« Ces Jeux sont ceux de tout un pays, de tout un monde. On a 206 délégations qui sont là, ne nous laissons pas gâcher la fête. Ce soir, une cérémonie exceptionnelle, montre le bien-fondé de toutes les mesures de sécurité », a-t-elle poursuivi.
Au total, 45.000 membres des forces de sécurité sont mobilisés à Paris en vue de la cérémonie d’ouverture, une parade hors norme sur la Seine en présence de centaines de milliers de spectateurs.
(Rédigé par Sophie Louet avec Vincent Daheron, édité par Blandine Hénault)
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