Stellantis s’allie avec l’américain Ample dans les batteries amovibles
par Gilles Guillaume
PARIS (Reuters) – Stellantis a annoncé jeudi un partenariat avec l’américain Ample pour utiliser dans ses véhicules électriques sa technologie de batteries modulaires amovibles et compléter ainsi sa palette de solutions d’électrification.
Cette technologie, qui permet d’éviter le temps de charge puisqu’un robot remplace à travers le plancher du véhicule la batterie vide par une batterie pleine en moins de cinq minutes, doit être déployée en Europe en 2024 sur une flotte en autopartage de 100 Fiat 500e exploitée par Free2move, marque d’autopartage de Stellantis, à Madrid.
Les termes financiers du partenariat n’ont pas été rendus publics.
Cette technologie peut permettre de répondre à l’anxiété des consommateurs sur le temps de recharge, l’autonomie de leur véhicule et l’usure de la batterie, trois des freins à l’essor de l’électrique.
Stellantis et Ample discutent aussi d’une extension de l’usage des batteries remplaçables sur d’autres plateformes et d’autres marchés géographiques du groupe automobile, qu’il s’agisse de flottes ou de clients particuliers.
Ce système de la batterie amovible a déjà été expérimenté par Renault et la société israélienne Better Place il y a une dizaine d’années, mais sans succès. Better Place a cessé ses activités en 2013, un an avant la création d’Ample.
« Il ne suffit pas d’avoir une idée pour que cela marche, il faut répondre aux challenges fondamentaux qui la rendent viable », a dit au cours d’une téléconférence de presse Khaled Hassounah, directeur général d’Ample, qui exploite une dizaine de stations de batteries dans la région de San Francisco et en a déjà installé 4 à Madrid.
Contrairement à l’approche de Better Place, les batteries d’Ample, parce qu’elles sont modulaires, permettent de s’adapter à de nombreux types de véhicules, d’utiliser des robots plus petits et de ne pas avoir à bâtir une infrastructure coûteuse, a-t-il expliqué.
« Le partenariat avec Ample constitue un autre exemple montrant comment Stellantis explore tous les chemins qui permettent la liberté de mouvement pour nos clients électriques », a dit de son côté Ricardo Stamatti, vice-président senior du groupe franco-italo-américain en charge de l’activité Recharge et Energie, cité dans un communiqué.
Stellantis prévoit de ne plus vendre que des voitures électriques à batterie en Europe d’ici 2030, et cette technologie doit représenter 50% de ses ventes de voitures et pick-ups neufs au Etats-Unis au même horizon.
Khaled Hassounah ne voit pas sa technologie comme un concurrent de l’électrique à recharger. « C’est un marché tellement grand (…), notre concurrent, c’est l’essence », a-t-il déclaré.
(Reportage de Gilles Guillaume, édité par Tangi Salaün)
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