Migrants: Traumatisés, deux Afghans racontent leur calvaire après leur naufrage dans la Manche
par Pascal Rossignol et Abdul Saboor
CALAIS, France (Reuters) – Idris, 22 ans, était convaincu qu’il allait mourir dans le naufrage de ce petit bateau sur lequel il avait embarqué, avec des dizaines d’autres compagnons d’infortunes, pour rallier l’Angleterre depuis la France.
Quand le navire a coulé, le jeune Afghan a pensé à ses parents qui lui ont donné la force de nager et de se battre pour sa survie, indique-t-il à Reuters.
Six personnes sont mortes dans le naufrage de ce navire samedi, et au moins une personne est toujours portée disparue, selon la préfecture maritime.
Au total, 61 personnes, dont Idris et un autre jeune Afghan, Fawad, âgé de 15 ans, ont été recueillies par les autorités françaises et britanniques. Les deux rescapés racontent leur calvaire à Reuters depuis Calais, quatre jours après le drame.
« Je ne pensais pas survivre. Je pensais que j’allais mourir et j’étais prêt à mourir », lance Idris en langue pachto, dans un récit exclusif du naufrage. « Quand (le bateau s’est échoué), les gens criaient, c’était un moment très difficile. Six personnes sont mortes immédiatement », poursuit-il.
Les autres se sont entraidées pour survivre en tentant de monter sur ce qu’il restait de l’embarcation, à tour de rôle, relate Idris. Ceux qui n’étaient pas sur les restes du navire nageaient dans l’eau en attendant leur tour pour se reposer.
« J’étais terrifié et vraiment triste, je pensais à ma mère et mon père. Quand les gens sont en train de mourir, ils pensent automatiquement à leur famille », affirme Idris.
« Si je n’avais pas pensé à ma mère et mon père, peut-être que je serais mort maintenant. Mais pour ma mère, mon père et mes frères et soeurs, j’ai continué de nager », indique-t-il.
La Manche, entre la France et le Royaume-Uni, est l’une des routes maritimes les plus empruntées et les courants y sont forts, rendant la tâche ardue pour les petites embarcations.
Les passeurs surchargent des petits navires de fortune qui flottent à peine sur l’eau et peinent à faire face aux vagues qui les attendent pour tenter de rallier le Royaume-Uni.
« Le bateau était surchargé, les vagues étaient très fortes et le bateau s’est déchiré », raconte Idris.
« TROP DANGEREUX »
Quatre personnes ont été mises en examen, soupçonnées d’homicide et blessures involontaires, indique une source judiciaire. Les quatre personnes ont été placées en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, ajoute la même source.
Le parquet de Paris a confirmé à Reuters s’être saisi de l’affaire avec l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco).
Chez Idris, le traumatisme l’a conforté dans son idée de ne pas retenter une telle traversée.
« Je suis content de ne pas être mort et je ne vais pas retenter d’aller au Royaume-Uni », affirme Idris qui a quitté l’Afghanistan il y a un an et était en France depuis huit mois, en attendant de rejoindre l’Angleterre.
« Si quelqu’un veut demander l’asile, c’est mieux de le demander en France (…) ils ne devraient pas aller au Royaume-Uni, c’est trop dangereux », explique-t-il.
A côté de lui, Fawad, 15 ans, vêtu d’un sweat blanc à capuche, est tout aussi marqué par ce qu’il a vécu. Il est cependant moins catégorique sur la suite.
Cachant son visage, Fawad raconte sa peur quand le bateau a chaviré. Il a nagé avant de perdre connaissance. « Je ne sais pas ce qu’il m’est arrivé », explique-t-il.
En France depuis deux mois, où il dort dans la rue, Fawad affirme d’abord vouloir retenter la traversée avant d’apporter de la nuance au fil de l’entretien.
« Je n’ai aucune idée, je ne sais pas si je vais rester en France ou aller à Londres, je ne sais pas », avoue l’adolescent.
Plus de 2.000 migrants venus de pays comme l’Iran, la Syrie ou l’Afghanistan ont atteint les rives britanniques ce mois-ci, encouragés par une météo plus clémente.
L’afflux de migrants est vu comme un défi par le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, qui s’est engagé à « arrêter les bateaux », à un an des élections nationales.
(Avec la contribution de Sheree Sardar, rédigé par Ingrid Melander ; version française Zhifan Liu, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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