États-Unis: Bullard (Fed) ne voit pas de récession, plaide pour d’autres hausses de taux
par Howard Schneider
SAINT-LOUIS, Missouri (Reuters) – La banque centrale américaine doit continuer à relever ses taux d’intérêt au regard des données récentes montrant que l’inflation reste persistante tandis que l’économie dans son ensemble semble prête à poursuivre sa croissance, certes au ralenti, a déclaré le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, James Bullard.
Dans un entretien accordé à Reuters, James Bullard s’est inscrit en faux contre l’idée que les Etats-Unis se dirigent vers une crise bancaire, une récession ou les deux à la fois dans un avenir proche.
« Wall Street est très attachée à l’idée qu’il y aura une récession dans six mois ou quelque chose comme cela, mais ce n’est pas vraiment la manière dont on interprète une expansion comme celle-ci », a-t-il dit.
Alors que certains investisseurs envisagent des baisses de taux à court terme, à l’appui du risque de récession, le patron de la Fed de Saint-Louis note que « le marché du travail semble très, très solide ». Selon lui, ce n’est donc pas le moment de prédire une récession pour le second semestre.
Avec un taux de chômage actuellement à 3,5%, James Bullard s’attend plutôt à une stagnation de l’économie après un premier trimestre relativement solide.
Concernant les banques, James Bullard estime que si la débâcle de Silicon Valley Bank (SVB) et de Signature Bank le mois dernier devait déclencher une crise, celle-ci s’observerait probablement sur des outils comme l’indice du stress financier de la Fed de Saint-Louis.
Cet indice a connu un pic après la faillite de SVB, le 10 mars, mais il est rapidement revenu à la normale, fait-il valoir.
« Si l’on s’attendait vraiment à une crise financière majeure, l’indice atteindrait un niveau de quatre ou cinq. Il est aujourd’hui à zéro. Il ne semble donc pas, pour l’instant, qu’il se passe grand-chose », a-t-il déclaré.
UN TAUX TERMINAL PLUS ÉLEVÉ
Les propos de James Bullard mettent en exergue les débats au sein de la Fed sur les dernières mesures d’un cycle monétaire marqué par une hausse extrêmement rapide du coût du crédit, les responsables devant tenir compte à la fois du niveau de l’inflation sous-jacente et des signes de détérioration de l’économie.
En mars, la plupart des responsables de la Fed estimaient qu’une ultime augmentation des taux d’intérêt, portant les « fed funds » dans une fourchette de 5,00%-5,25%, serait suffisante. Cette hausse pourrait intervenir à l’issue de la réunion des 2 et 3 mai.
Tout en reconnaissant que le cycle de resserrement est peut-être proche de la fin, James Bullard juge que le coût du crédit doit encore augmenter d’un demi-point de pourcentage après la hausse de mai pour atteindre 5,50%-5,75%.
Certains responsables de la banque centrale américaine et analystes redoutent toutefois que de telles hausses débouchent sur une entrée en récession de l’économie.
D’après le baromètre FedWatch de CME Group, les traders évaluent actuellement avec une probabilité de 87% une hausse de taux d’un quart de point de pourcentage lors de la réunion de mai de la Fed.
UNE « GUIDANCE » LIMITÉE
Au regard de l’évolution de l’inflation et de l’économie, James Bullard estime que la Fed doit limiter sa communication sur ses orientations futures.
« Nous souhaitons pouvoir réagir aux données qui nous parviennent tout au long de l’été et jusqu’à l’automne », a-t-il déclaré. « On ne voudrait pas être piégé par le fait d’avoir donné des indications prévisionnelles disant que nous ne ferons rien alors que l’inflation devient trop forte ou trop faible », a-t-il ajouté.
Une fois que les taux d’intérêt seront à un niveau considéré comme « suffisamment restrictif » pour ralentir l’inflation, James Bullard estime qu’il faudra rester à ce niveau élevé pendant longtemps afin de s’assurer que l’inflation est totalement maîtrisée.
Selon lui, il ne sera pas nécessaire d’augmenter fortement le taux de chômage pour y parvenir, mais il faudra du temps pour que les consommateurs, les entreprises et les collectivités locales dépensent les économies bloquées pendant la pandémie de COVID-19.
(Reportage Howard Schneider; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)
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