L’Espagne adopte une loi pionnière en matière de droit à l’avortement et de congé menstruel
MADRID (Reuters) – Le Parlement espagnol a adopté jeudi une loi qui autorise les jeunes filles âgées de 16 et 17 ans à avorter sans le consentement de leurs parents et qui, pour la première fois dans un pays européen, offre un congé payé financé par l’État aux femmes qui souffrent de règles douloureuses.
« Ces avancées nous permettent d’exercer la liberté sur nos corps, l’État reconnaissant la pleine citoyenneté de plus de la moitié de la population », a déclaré au Parlement la ministre de l’Égalité, Irene Montero. La loi a été adoptée avec 190 voix pour, 154 contre et cinq abstentions.
La coalition de gauche au pouvoir en Espagne avait présenté ce projet de loi – auquel s’opposent les militants anti-avortement et l’Église catholique – en mai dans le but de garantir l’accès à l’avortement dans tout le pays et mettre fin au tabou de la menstruation au travail.
La nouvelle loi supprime le délai de réflexion de trois jours obligatoire avant de pratiquer un avortement et permet aux jeunes de 16 à 17 ans de pouvoir avorter sans autorisation parentale ou d’un tuteur. Cette obligation avait été mise en place par le gouvernement conservateur du Parti populaire en 2015.
Le texte prévoit également un congé payé pour les femmes enceintes à partir de la 39e semaine, assure la distribution de produits d’hygiène menstruelle gratuits dans les établissements publics tels que les écoles, les prisons ou les centres de santé, et stipule également que la gestation pour autrui (GPA), illégale en Espagne, est une forme de violence à l’égard des femmes.
Lourdes Mendez, du parti d’extrême droite Vox, a dit que la loi violait la constitution et bouleversait le système de valeurs de l’Espagne.
Sonia Lamas, porte-parole de la clinique de santé des femmes Dator, a déclaré à Reuters dans une interview en mai que la clinique accueillait favorablement ces mesures.
(Reportage David Latona, Susana Vera et Elena Rodríguez ; version française Federica Mileo, édité par Kate Entringer)
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