Coup d’envoi au Qatar d’une coupe du monde aux enjeux multiples
par Andrew Mills et Maya Gebeily
AL KHOR, Qatar (Reuters) – La Coupe du monde de football démarre dimanche au Qatar sur fond de critiques contre le pays musulman organisateur pour les conditions de travail réservées aux étrangers, le respect des droits LGBT et autres restrictions sociales en vigueur, ainsi que pour le bilan écologique du tournoi en pleine lutte contre le changement climatique.
Le Qatar, qui entend bien défendre sa réputation en assurant une compétition sportive sans incident, a reçu des marques de solidarité de la part du prince héritier saoudien, des présidents égyptien, turc et algérien et du secrétaire général des Nations unies, cinq des responsables politiques présents à la cérémonie d’ouverture dans le stade coiffé d’une structure en forme de tente, en préambule au premier match opposant l’Equateur au pays hôte.
Celui-ci dément les accusations d’abus contre les droits des salariés et de discrimination. Il espère maintenant, tout comme la fédération internationale de football Fifa, que les projecteurs vont désormais se braquer uniquement sur le terrain de jeu. Les organisateurs ont aussi rejeté les accusations de pots-de-vin pour les droits d’accueillir la compétition.
Sur la scène du stade Al Bayt, le chanteur Jungbook du groupe de K-Pop BTS devait interpréter une chanson originale composée pour le tournoi, aux côtés de l’interprète qatari Fahad Al-Kubaisi.
Première coupe du monde disputée au Proche-Orient, plus chère de l’histoire du Mondial, le tournoi enchaîne les superlatifs et constitue un point d’orgue dans la stratégie de normalisation des relations entre le Qatar et ses voisins.
Un boycott de trois ans et demi de l’Arabie saoudite, de l’Egypte, des Emirats arabes unis et de Bahreïn a pris fin 2021. Les Emirats, avec qui le rapprochement a été plus lent qu’avec les autres pays, ont envoyé leur vice-président pour le coup d’envoi de la compétition.
Pour la première fois, un vol commercial entre Tel Aviv et Doha s’est posé dimanche au Qatar malgré l’absence de relations bilatérales, fruit d’un accord scellé par la Fifa pour permettre l’acheminement sur place des fans à la fois palestiniens et israéliens.
(Maya Gebeily, Andrew Mills, Yesim Dikmen, Thomas Suen, Gabrielle Tetrault-Farber, Ilze Filks, Karolos Grohmann, Omar Fhamy et Mahmoud Mourad, Gilles Guillaume pour la version française)
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