Toshiba: Le sort de la direction est source de désaccords pour les repreneurs et les banques, selon des sources
par Mayu Sakoda, Makiko Yamazaki et Takaya Yamaguchi
TOKYO (Reuters) – Un désaccord sur le maintien ou non de la direction de Toshiba après un possible rachat a provoqué des frictions entre deux des repreneurs potentiels et alimente désormais l’inquiétude des banques, selon des sources, compliquant une opération déjà incertaine.
Japan Industrial Partners (JIP), qui avait obtenu le statut de repreneur privilégié pour le deuxième tour d’appel d’offres, s’était initialement associée au fonds public Japan Investment Corp (JIC) lors d’un premier tour d’enchères au début de l’année.
Cependant, les deux parties se sont séparées pour le deuxième tour. Des divergences sur le projet de JIP de conserver le directeur général de Toshiba, Taro Shimada, et son équipe ayant été source de friction entre les deux repreneurs, selon deux sources au fait des discussions.
Le plan de JIP a depuis suscité l’inquiétude de certaines grandes banques japonaises, dont les fonds seraient essentiels au financement d’un rachat de l’entreprise, dont le chiffre d’affaires s’élève à 15 milliards de dollars, selon les deux sources au fait des négociations et une autre personne.
Certains de ceux qui s’intéressent à Toshiba craignent que la direction actuelle n’entrave le type de réorganisation radicale nécessaire pour mettre l’entreprise sur la voie de la reprise, ont déclaré trois des sources.
Toutes les sources ont refusé d’être identifiées, les informations étant confidentielles.
Un représentant de JIP n’était pas disponible dans l’immédiat pour un commentaire. Toshiba et JIC, soutenu par l’État, ont refusé de commenter.
L’issue de l’opération pourrait avoir des répercussions considérables sur les 116.000 employés de Toshiba et sur la sécurité nationale, étant donné que le conglomérat, qui fabrique des puces et des équipements nucléaires, produit également des équipements pour le secteur de la défense.
Autrefois géant de l’industrie manufacturière japonaise, Toshiba a traversé crise sur crise depuis un scandale comptable en 2015. Le groupe été affaibli par des années de discorde entre la direction et les principaux actionnaires, dont beaucoup d’activistes étrangers qui seraient désireux d’un rachat.
Bien que repreneur privilégié, JIP a eu du mal à obtenir suffisamment d’engagements de capitaux de la part de partenaires potentiels, selon des sources. Japan Industrial Partners pourrait d’ailleurs ne pas réussir à respecter la date limite de lundi pour présenter une offre ferme comprenant des lettres d’engagement de la part des banques, ont indiqué des sources.
Le fonds d’investissement, qui a déjà racheté les activités d’appareils photo d’Olympus Corp et d’ordinateurs portables de Sony, va continuer d’essayer d’obtenir des engagements de financement après la date limite, selon deux de ces sources.
JIP a invité un certain nombre d’entreprises nationales, dont la société de services financiers Orix et la compagnie d’électricité Chubu Electric Power à rejoindre son consortium.
Le directeur général de Toshiba a déclaré au Wall Street Journal en juin qu’il souhaitait que tout acheteur conserve le conglomérat en un seul morceau, car il veut promouvoir l’innovation au sein de cette entreprise vieille de 147 ans.
Japan Investment Corp, soutenu par l’État, qui est en pourparlers avec le fonds de capital-investissement américain Bain Capital et le fonds nord-asiatique MBK Partners pour former un consortium distinct, se prépare également à faire une offre, mais il est peu probable qu’il soumette une proposition contraignante d’ici lundi, selon deux des sources.
Le gouvernement japonais détient 96% de JIC. Le ministère du Commerce a déclaré que le fonds ne pouvait pas dépenser l’argent du contribuable dans une opération visant uniquement à privatiser une entreprise et à en faciliter la gestion. Tout investissement devrait répondre à des objectifs politiques tels que la promotion de la restructuration, a-t-il déclaré.
JIC espère évaluer plus en détail les activités de Toshiba, notamment l’impact de l’effondrement de la demande mondiale de semiconducteurs sur la valeur de la participation de 40,6% de Toshiba dans le fabricant de puces à mémoire flash Kioxia Holdings, a déclaré l’une des sources.
Fin octobre, JIC a porté la taille de son fonds d’investissement de 200 milliards de yens à 900 milliards de yens (6,16 milliards d’euros). Selon deux des sources, cette expansion n’était pas uniquement destinée à un rachat de Toshiba mais visait également d’autres opérations.
(Reportage Mayu Sakoda, Makiko Yamazaki et Takaya Yamaguchi ; Version française Kate Entringer)
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