La chrétienne Giorgia Meloni, probable future présidente du Conseil italien
Après la victoire aux législatives de son parti national-conservateur, la chrétienne Giorgia Meloni pourrait être la future présidente du Conseil italien.
À l’automne 2019, lors d’un meeting romain qui contribua à forger sa stature, Giorgia Meloni avait séduit la communauté chrétienne en scandant devant une foule conquise :
«Je suis Giorgia, je suis une femme, je suis une mère, je suis italienne, je suis chrétienne et vous ne me l’enlèverez pas !»
Giorgia Meloni, probable future présidente du Conseil italien, devra affronter d’importants défis sur la plan politique et économique après la victoire nette de son parti post-fasciste Fratelli d’Italia (Frères d’Italie) lors des élections législatives de dimanche.

Photo d’archive de Giorgia Meloni, leader du parti d’extrême droite Frères d’Italie, lors d’un rassemblement à Milan. /Photo prise le 11 septembre 2022/REUTERS/Flavio Lo Scalzo
Les résultats quasi définitifs donnent Fratelli d’Italia en tête des élections avec plus de 26% des voix, contre seulement 4% lors du dernière scrutin en 2018, supplantant la Ligue – créditée d’environ 9% des voix contre plus de 17% il y a un an – comme principale formation de droite.
L’alliance formée par Fratelli d’Italia, la Ligue et Forza Italia de Silvio Berlusconi, qui a recueilli près de 8% des suffrages, devrait bénéficier d’une solide majorité dans les deux chambres du Parlement après des années d’instabilité politique et de coalitions fragiles.
« Je m’attends à ce que, pendant au moins cinq ans, nous allions de l’avant sans aucun changement (…) en donnant la priorité aux choses que nous devons faire », a déclaré Matteo Salvini, le chef de file de la Ligue, qui entend rester à son poste malgré le faible score réalisé par son parti.
Ce résultat est le dernier succès en date de la droite en Europe après la victoire il y a deux semaines en Suède de l’alliance de droite incluant le parti extrémiste des Démocrates et les avancées du Rassemblement national en France lors des législatives de juin.
Romaine, âgée de 45 ans, Giorgia Meloni s’est efforcée de se défaire des racines post-fascistes de son parti, qu’elle compare plus volontiers aux Tories britanniques, et a axé sa campagne sur la lutte contre l’immigration et sur la baisse des impôts.
Dans un discours prononcé après l’annonce des résultats, Giorgia Meloni a adopté un ton conciliant.

Le chef des Frères d’Italie, Giorgia Meloni, s’exprime au siège de la soirée électorale du parti, à Rome. /Photo prise le 26 septembre 2022/REUTERS/Guglielmo Mangiapane
« Si nous sommes appelés à gouverner ce pays, nous le ferons pour tous les Italiens, avec la volonté d’unir le peuple et de nous concentrer sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui nous divise », a-t-elle dit. « Le temps est venu d’être responsable. »
DES DOSSIERS DIFFICILES; UNE GAUCHE DÉSUNIE
Giorgia Meloni et ses alliés devront toutefois composer avec une situation économique difficile, qu’il s’agisse de l’envolée des coûts de l’énergie, de la dette publique, du risque de récession ou des retombées du conflit en Ukraine.
Malgré les discours de stabilité, la coalition se montre divisée sur certaines questions très sensibles comme l’attitude à adopter face à la Russie de Vladimir Poutine ou encore sur la manière de faire face à l’envolée des factures de l’énergie.
Le gouvernement de coalition, le 68e que connaîtra l’Italie depuis 1946, ne sera probablement pas constitué d’ici fin octobre et le président du Conseil sortant, Mario Draghi, assurera l’intérim.

Photos d’archives de Matteo Salvini, Giorgia Meloni et Silvio Berlusconi après une réunion à Rome. /Photo prise le 20 octobre 2021. REUTERS/Guglielmo Mangiapane
Les partis de centre-gauche et centristes ont obtenu plus de voix que la droite mais ont été pénalisés par une loi électorale qui favorise les grandes alliances. Enrico Letta, le leader du Parti démocrate, a annoncé qu’il quitterait son poste.
« Mon leadership prendra fin dès que le congrès en aura désigné un remplaçant », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Enrico Letta – dont le parti a obtenu environ 19% des voix – a estimé que la victoire des droites s’expliquait par la décision du Mouvement 5 étoiles de retirer son soutien à la coalition dirigée par Mario Draghi en juillet dernier, poussant l’ancien président de la Banque centrale européenne vers la sortie.
Carlo Calenda, le leader du parti centriste « Action », a déclaré que « 70% du pays a choisi la voie du populisme ».
« C’est un choix dangereux pour le pays, un choix incertain, nous verrons si Giorgia Meloni sera capable de gouverner », a-t-il ajouté.
Le taux de participation est ressorti en baisse à 64% contre 73% il y a quatre ans.
(Reportage Elisa Anzolin à Milan, avec Crispian Balmer, Angelo Amante, Gavin Jones, Rodolfo Fabbri et Alvise Armellini à Rome; version française Camille Raynaud et Laetitia Volga, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

