Macron lance l’idée d’une « communauté politique européenne » complémentaire de l’Union
par Elizabeth Pineau
BERLIN (Reuters) – Emmanuel Macron a lancé lundi au Parlement de Strasbourg et à Berlin l’idée d’une « communauté politique européenne » que pourraient rejoindre des pays aspirant à adhérer à l’Union européenne comme l’Ukraine ou l’ayant quittée, comme le Royaume-Uni.
Dans un discours prononcé à l’occasion de la clôture de la Convention sur l’avenir de l’Europe au Parlement européen, le président français, tout juste investi pour un second mandat de cinq ans, s’est prononcé pour une Union plus « indépendante », notamment sur le plan énergétique, et plus « efficace » dans son fonctionnement.
Il s’est dit à cet égard en faveur du passage à la majorité qualifiée pour les questions relatives aux finances et à la politique étrangère.
Il a aussi plaidé en faveur d’une « révision des traités » de l’UE via la convocation d’une convention dédiée. « C’est une proposition du Parlement européen et je l’approuve », a-t-il dit, suggérant que les Vingt-Sept en discutent à leur sommet de juin.
Cette idée a toutefois été rejetée par 13 des 27 pays de l’UE dans un message commun posté sur Twitter. « Nous ne sommes pas en faveur de tentatives inconsidérées et prématurées visant à lancer » une telle procédure, peut-on lire dans ce texte notamment signé par la Suède, la Pologne, la Roumanie et la Finlande.
Le processus d’adhésion à l’UE étant long et complexe, Emmanuel Macron a mis sur la table l’idée d’une « communauté politique européenne » qui permettrait aux « nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs de trouver un nouvel espace de coopération en matière de politique, de sécurité, d’énergie, de transports, d’investissements, d’infrastructures ou de circulation des personnes.
« La rejoindre ne préjugerait pas d’adhésion future à l’Union européenne forcément. Comme elle ne serait pas non plus fermée à ceux qui ont quitté cette dernière », a-t-il ajouté, faisant notamment référence au Royaume-Uni, qui a quitté l’Union à la suite d’un référendum.
La proposition pourrait être faite au président ukrainien Volodimir Zelensky, a-t-il dit lors d’une conférence de presse avec le chancelier allemand à Berlin, où il est arrivé en début de soirée pour un entretien et un dîner de travail.
L’UKRAINE « MEMBRE DE COEUR » DE L’UNION
« C’est une proposition très intéressante », a réagi Olaf Scholz, ajoutant toutefois que cette entité ne devait pas concerner les pays déjà engagés dans un processus d’adhésion à l’Union comme les Balkans occidentaux (Albanie, Macédoine du Nord, Serbie et Monténégro).
Alors que la France préside le Conseil européen jusqu’au 30 juin, Emmanuel Macron a redit à Strasbourg comme à Berlin le soutien des Vingt-Sept à l’Ukraine face à l’invasion de la Russie, dont le président Vladimir Poutine affirme que son armée y défend « la patrie ».
« L’Ukraine, par son combat et son courage, est d’ores et déjà membre de coeur de notre Europe, de notre famille, de notre Union », a dit le président français au Parlement européen.
« Si nous lui accordions demain le statut de candidat, nous savons tous parfaitement que le processus leur permettant l’adhésion prendrait (…) sans doute plusieurs décennies », a-t-il expliqué pour appuyer son idée de « communauté politique ».
Organisée à l’occasion de la journée de l’Europe, la cérémonie au Parlement de Strasbourg a pris une couleur particulière en ces jours de commémoration de la victoire de 1945 contre l’Allemagne nazie, qui a donné lieu à un grand défilé militaire ce lundi matin sur la place Rouge à Moscou, où Vladimir Poutine s’est exprimé.
« Nous avons donné deux visages très différents du 9-Mai », a dit Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse aux côtés de Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
« Il y avait d’un côté une volonté de démonstration de force, d’intimidation et un discours résolument guerrier, et il y avait ici de manière large, citoyenne, l’association de citoyens, de parlementaires nationaux et européens pour un projet et penser notre avenir », a-t-il poursuivi.
« Le projet européen est né de la guerre, il ne faut pas l’oublier, et de notre volonté de ne pas la répéter », a-t-il aussi souligné.
(Reportage Elizabeth Pineau avec la contribution d’Andreas Rinke)
SOUTENEZ LE JOURNAL CHRÉTIEN ET RÉDUISEZ VOS IMPÔTS !
Le Journal Chrétien est 100% gratuit. Faites un don régulier et aidez-nous à poursuivre notre mission.
Vous êtes nombreux à nous demander comment le Journal Chrétien est financé. Notre mission, vous le savez, est de diffuser gratuitement les valeurs de l’Evangile. Nos ressources proviennent exclusivement des dons de nos lecteurs.
Certains lecteurs ont pris l’habitude de nous adresser un don ponctuel. D’autres privilégient un versement mensuel. Beaucoup me disent prier pour nous. En réalité, le Journal Chrétien a besoin que tous ses lecteurs se mobilisent à la mesure de leurs moyens. Songez que pour un don mensuel de 15€, vous ne dépensez réellement que 5€ ! Et votre don est défiscalisé !
Alors si vous estimez comme que la mission du Journal Chrétien est indispensable, veuillez nous soutenir. Votre générosité par le passé a permis au Journal Chrétien d’accomplir de grandes choses.
En 2025, la chaîne de télévision Chrétiens TV développée par le Journal Chrétien a débarqué sur le Canal 246 de Free, deuxième opérateur en France. Des négociations sont en cours pour étendre la diffusion de la chaîne à l'ensemble des opérateurs français.
Votre soutien financier nous aidera à :
👍 couvrir les frais de fonctionnement du Journal Chrétien ;
👍 produire des émissions de qualité pour sensibiliser et encourager ;
👍 accompagner les églises et communautés chrétiennes en difficulté ;
👍 transmettre l’héritage spirituel aux générations futures ;
👍 faire rayonner la foi chrétienne dans un esprit d’unité et d’amour.

