En Russie, des familles se déchirent sur le conflit en Ukraine
Lorsque l’acteur russe Jean-Michel Scherbak a écrit sur les réseaux sociaux qu’il avait honte que son pays ait déclenché une guerre contre l’Ukraine, sa mère, partisane de longue date du président russe Vladimir Poutine, l’a bloqué.
« Elle m’a écrit sur Facebook disant que j’étais un traître et que j’avais fait mon choix », a déclaré à Reuters le comédien de 30 ans, par ailleurs responsable des relations presse d’un studio de production.
Il a refusé de dire de quel pays européen il s’exprimait, mais a précisé qu’il se trouvait hors de Russie.
La rupture entre la mère et le fils est l’un des nombreux exemples des brouilles qui divisent familles et amis en Russie depuis que les combats ont éclaté en Ukraine le 24 février.
L’Ukraine et ses alliés qualifient les actions de la Russie d’invasion brutale, au prix de la mort de centaines de civils, de la destruction d’habitations et de l’exode de quelque deux millions d’Ukrainiens. Kiev a accusé Moscou de crimes de guerre.
Vladimir Poutine affirme lui que la Russie a lancé une opération spéciale pour détruire les capacités militaires de son voisin et éliminer ce qu’elle considère comme de dangereux nationalistes à Kiev. La Russie nie avoir visé des civils.
La plupart des Russes obtiennent leurs informations sur l’Ukraine auprès de médias pro-Kremlin, qui présentent une interprétation radicalement différente de celle des médias internationaux.
L’institut de sondage d’État russe VTsIOM a déclaré que le taux d’approbation de Poutine avait augmenté de six points, atteignant 70% au cours de la semaine du 27 février. FOM, qui effectue des recherches pour le Kremlin, a déclaré que la cote de popularité du président avait augmenté de 7 points pour atteindre 71% sur la même période.
Mais des milliers de Russes ont également manifesté leur opposition. Selon le groupe de surveillance des manifestations OVD-Info, la police a arrêté plus de 13.000 personnes en Russie depuis le 24 février.
La Russie a déclaré OVD-Info « agent étranger » en septembre, une mesure visant, selon les critiques, à étouffer l’opposition.
Jean-Michel Scherbak, qui partage les événements en Ukraine sur les réseaux sociaux, a déclaré que ce n’était pas la première fois que sa mère essayait d’influencer ses opinions politiques.
« Elle a toujours essayé de me convaincre, de me faire entendre raison parce q

Dans une manifestation anti-guerre à Saint Petersbourg. De nombreuses brouilles divisent familles et amis en Russie depuis que les combats ont éclaté en Ukraine le 24 février. /Photo prise le 2 mars 2022/REUTERS
u’elle est une mère, qu’elle est intelligente et que je suis stupide », grince-t-il.
DE « PETITES VICTOIRES »
Lors des discussions avec sa mère, Daria, 25 ans, qui a refusé de donner son nom de famille, explique éviter le sujet sensible de la guerre et d’autres questions sur lesquelles elles « ne sont pas exactement d’accord ».
« J’ai réalisé qu’elle était dans la pire position émotionnelle en ce moment et qu’elle avait besoin d’aide et de soutien », a déclaré Daria.
Elle essaie tout de même de proposer différents points de vue. Sa mère a été choquée, dit-elle, par les vidéos de manifestants arrêtés par des policiers. Daria se réjouit de ce qu’elle appelle les « petites victoires ».
Alex, un testeur de jeux de 28 ans qui vit avec sa femme à Gdansk, en Pologne, a déclaré que ses parents, qui se trouvent en Russie, lui ont demandé de supprimer de ses réseaux sociaux ses publications concernant la guerre en Ukraine, l’avertissant que cela pourrait être dangereux pour lui.
Le Parlement russe a adopté vendredi une loi prévoyant une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison pour la diffusion de « fausses » informations sur l’armée, intensifiant ainsi la guerre de l’information.
Les parents d’Alex l’appellent tous les jours depuis le début du conflit, et chaque appel se finit en disputes et cris entre lui et sa mère.
Pour sauver leur relation, Alex a cessé de publier. Sa femme a modifié les paramètres de confidentialité de son compte et a continué à partager des articles sur le conflit en Ukraine.
(Version française Lou Phily)
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