Orange « travaille activement » à une consolidation en Espagne, selon le PDG
par Mathieu Rosemain
PARIS (Reuters) – Orange est prêt à participer à toute opération susceptible de réduire le nombre d’opérateurs télécoms en Espagne, son deuxième marché après la France, a déclaré jeudi Stéphane Richard.
Des rumeurs ont circulé ces derniers mois sur de possibles alliances entre opérateurs présents en Espagne, où la guerre des prix due à cette concurrence pèse sur les revenus et les marges d’Orange.
« Nous travaillons activement au fait d’être impliqués dans une possible consolidation du marché en Espagne », a dit le PDG d’Orange lors d’une conférence avec des analystes après la publication des résultats financiers du groupe.
« Nous n’attendons pas que les choses se passent, nous sommes activement impliqués », a-t-il ajouté.
Les principaux concurrents du groupe français en Espagne sont MasMovil, Telefonica et Vodafone.
« La seule association qui soulèverait véritablement une question importante en matière de concurrence est une association impliquant Telefonica », a dit Stéphane Richard.
« Pour le reste du marché, (…) tout est possible », a-t-il ajouté.
Le PDG d’Orange juge qu’un rapprochement avec un autre opérateur en France serait aussi bénéfique pour les actionnaires du groupe.
Stéphane Richard, qui cédera la direction générale d’Orange à Christel Heydemann le 4 avril, affirme que son principal regret à l’issue de ses 12 années à la tête de l’ancien monopole français des télécoms est l’échec d’un projet de rachat de son concurrent Bouygues Telecom en 2016, ce qui aurait réduit le nombre d’opérateurs en France de quatre à trois.
Selon des sources proches du dossier, l’Etat français, qui contrôle 23% du capital d’Orange, a joué un rôle dans l’échec de ce projet.
« Nous assisterons un jour à du changement dans la structure actionnariale de l’entreprise », a prédit Stéphane Richard jeudi.
« L’Etat français, qui est toujours notre actionnaire de référence, ne peut pas être considéré comme un actionnaire de long terme, éternel de l’entreprise », a-t-il ajouté, jugeant « probable » une vente partielle ou totale de cette participation de l’Etat.
(Reportage Mathieu Rosemain, version française Bertrand Boucey, édité par Sophie Louet)
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