France: Le rappel des ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie montre « la force de la crise », déclare Le Drian
Le rappel par la France de ses ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie est « un acte politique lourd » qui montre la « force de la crise », a déclaré samedi le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.
Cette mesure est intervenue après l’annulation par Canberra du contrat de fourniture de sous-marins français au profit d’un partenariat stratégique avec Washington et Londres, une décision qui a provoqué la stupeur et la fureur de Paris.
Vendredi soir, la France a annoncé avoir rappelé ses ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie pour consultations en raison de la « gravité exceptionnelle » des annonces faites par l’Australie et les Etats-Unis, provoquant une crise diplomatique sans précédent.
« Le fait que, pour la première fois dans l’histoire des relations entre les Etats-Unis et la France, on rappelle notre ambassadeur pour consultations est un acte politique lourd et qui signifie la force de la crise qui existe aujourd’hui avec les Etats-Unis et aussi avec l’Australie », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur France 2.
« Il y a duplicité, il y a mépris, il y a mensonge; on ne peut pas jouer dans les alliances comme cela », a dénoncé le ministre.
« Nous sommes des alliés, et donc quand on a un allié, on ne traite pas avec une telle brutalité, une telle imprévisibilité un partenaire majeur qu’est la France », a-t-il ajouté, évoquant une « rupture de confiance » avec les Etats-Unis.
Interrogé sur le fait de savoir si le président Emmanuel Macron et son homologue américain Joe Biden s’étaient parlé, Jean-Yves Le Drian a répondu: « Pas à ma connaissance ».
« ÉNORME ERREUR »
Plus tôt samedi, l’ambassadeur de France en Australie, Jean-Pierre Thébault, avait déclaré que Canberra avait commis une « énorme » erreur diplomatique.
« Je pense que cela a été une énorme erreur, une très, très mauvaise gestion du partenariat – parce que ce n’était pas un contrat, c’était un partenariat qui était censé être basé sur la confiance, la compréhension réciproque et la sincérité », a-t-il dit à la presse.
De son côté, la Malaisie a exprimé samedi ses inquiétudes après l’annonce du nouveau partenariat de sécurité et de défense entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie, disant redouter une course à l’armement nucléaire dans la région indo-pacifique où Pékin renforce son influence.
« Cela poussera d’autres puissances à agir également de manière plus agressive dans la région, en particulier dans la mer de Chine méridionale », a déclaré le bureau du Premier ministre de Malaisie dans un communiqué, sans mentionner ouvertement la Chine.
LA FRANCE VEUT DES EXPLICATIONS
L’Australie a dit regretter le rappel de l’ambassadeur de France et comprendre la déception de Paris. De son côté, un responsable de la Maison blanche a déclaré que les Etats-Unis s’emploieraient ces prochains jours à régler leurs divergences avec Paris.
« Ce n’est pas fini », a prévenu pour sa part Jean-Yves Le Drian samedi.
Le ministre des Affaires étrangères a indiqué que la France allait demander des explications à l’Australie alors que l’accord qui a été signé en 2016 avec Canberra « prévoit des clauses lorsqu’une des parties veut quitter l’accord ».
« Il y a des dispositions qui indiquent que d’abord, la partie qui veut rompre le fait savoir par écrit. Pour l’instant, nous n’avons pas reçu cette rupture de l’accord intergouvernemental », a-t-il dit sur France 2. « Et ensuite, il faut 12 mois de discussions pour aboutir à une rupture potentielle si une des deux parties veut rompre au bout de 24 mois », a expliqué le ministre.
« Nous allons donc agir pour demander des explications aux Australiens, pour savoir comment ils comptent eux-même respecter l’accord qu’ils ont eux-même signé ».
(Reportage Blandine Hénault)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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