Débat animé en vue à la BCE après son virage stratégique
par Francesco Canepa
FRANCFORT (Reuters) – Les discussions au sein de la Banque centrale européenne (BCE) devraient être animées jeudi prochain lors de la première réunion de politique monétaire depuis la présentation de la nouvelle stratégie, d’autant plus délicate à appliquer que la reprise économique est menacée par la résurgence de la pandémie de coronavirus.
Le Conseil des gouverneurs doit mettre à jour les indications sur l’évolution future de la politique monétaire (« forward guidance ») données aux marchés financiers afin d’y intégrer la nouvelle stratégie dévoilée le 8 juillet, qui prévoit que l’inflation dans la zone euro puisse dépasser son objectif fixé à 2%.
Ce changement de stratégie (la BCE visait auparavant une hausse des prix légèrement inférieure à 2%) a été adopté à l’unanimité mais sa mise en pratique pourrait être plus délicate et raviver des divisions au sein du Conseil car ses membres sont en désaccord sur la trajectoire économique et sur l’ampleur des soutiens que l’institution doit maintenir, principalement via des achats d’obligations sur les marchés.
Jusqu’à présent, la BCE s’est engagée à poursuivre ces achats aussi longtemps qu’elle le jugera nécessaire et à maintenir les taux d’intérêt à leur niveau actuel, historiquement bas, jusqu’à ce qu’elle soit convaincue que l’inflation se rapproche durablement de son objectif.
Des gouverneurs de pays lourdement endettés, comme le Portugais Mario Centeno et l’Italien Ignazio Visco, ont plaidé ces dernières semaines en faveur d’une prolongation de cette position très accommodante en s’appuyant sur les nouveaux objectifs.
« La stratégie admet un niveau d’inflation temporairement et modérément supérieur à 2% », a dit Mario Centeno à Reuters cette semaine. « Nous devons être patients et tolérants en cas de dérives que nous n’aurions pas tolérées auparavant. »
UN DÉBAT SUR LES TAUX, UN AUTRE SUR LES ACHATS ?
Ignazio Visco a lui aussi jugé qu’un resserrement prématuré de la politique monétaire devait être évité, en arguant des nouvelles restrictions sanitaires décidées récemment dans plusieurs pays et de la nécessité de prévenir une hausse des coûts de financement favorisée par la remontée des rendements obligataires américains.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, n’a quant à elle donné aucune indication spécifique sur l’évolution possible de la « forward guidance » mais le fait qu’elle ait insisté sur « la persévérance dont nous devons faire preuve » suggère qu’elle pourrait pencher en faveur des « colombes ».
Pour autant, les « faucons », partisans d’un resserrement de la politique monétaire et issus pour la plupart des pays les moins endettés, ne devraient pas céder sans résistance le 22 juillet.
Isabel Schnabel, membre allemande du directoire de la BCE, a ainsi déclaré que l’inflation était susceptible de converger vers l’objectif « peut-être plus tôt que certains ne l’imaginent aujourd’hui ».
Quant à Jens Weidmann, le président de la Bundesbank allemande, il a jugé que la BCE ne devait pas chercher à compenser les périodes durant lesquelles l’inflation a été inférieure à l’objectif de 2% ces dernières années.
Pour cette année, la BCE prévoit une inflation de 1,9%, avant un retour à 1,5% en 2022 et 1,4% en 2023.
L’issue des discussions pourrait être plus compliquée encore: Mario Centeno a expliqué cette semaine qu’il serait favorable à ce que la BCE distingue les indications concernant l’évolution future des taux d’intérêt de celles sur les achats d’obligations, afin de laisser entendre qu’elle ne tolérerait pas une hausse incontrôlée des rendements obligataires à long terme.
Pour l’instant, la BCE prévoit de mettre fin aux achats nets dans le cadre de son programme APP « peu avant de commencer à relever les taux d’intérêt ».
Quant au PEPP, le programme d’achats d’urgence face à la pandémie lancé en mars 2020 et porté à 1.850 milliards d’euros, il court jusqu’à mars 2022 au moins mais Christine Lagarde a indiqué qu’elle n’était pas pressée d’y mettre fin.
« Nous devons être très flexibles sans commencer à susciter des anticipations sur une sortie dans les prochaines semaines ou les prochains mois », a-t-elle dit la semaine dernière.
(Version française Marc Angrand)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
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4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
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