Coronavirus: Le variant Delta ternit les espoirs de reprise du tourisme européen
par Catarina Demony et Sarah Young
LISBONNE/LONDRES (Reuters) – Les restrictions sur les voyages instaurées par plusieurs pays face à la propagation du variant Delta du coronavirus SARS-CoV-2 risquent de peser sur la saison touristique estivale, alors que l’Europe méridionale comptait sur une reprise de ce secteur dévasté en 2020 par la pandémie de COVID-19.
Malgré l’entrée en vigueur ce jeudi du pass sanitaire européen standardisé (un QR code attestant que son porteur est vacciné ou immunisé contre le COVID-19, ou qu’il a effectué récemment un test de dépistage négatif), la fréquentation touristique devrait rester bien inférieure à son niveau habituel dans les destinations les plus prisées, menaçant la reprise d’un secteur parfois crucial pour l’économie locale.
« La reprise du tourisme au Portugal marque le pas », a souligné Raul Martins, qui dirige l’association hôtelière portugaise AHP (Associação da Hotelaria de Portugal).
Le Portugal est actuellement confronté à une flambée épidémique alimentée par le variant Delta, initialement découvert en Inde et bien plus contagieux que les autres variants en circulation, déjà plus transmissibles que la souche initiale.
Face à la propagation de ce variant, la Grande-Bretagne et l’Allemagne – qui fournissent traditionnellement une grande partie du contingent de touristes visitant le Portugal – ont récemment instauré des restrictions supplémentaires.
Même si l’Allemagne a annoncé jeudi qu’elle pourrait lever ses restrictions au vu de la progression attendue de ce variant dans sa propre population, le tourisme lusitanien accuse le coup, avec des prévisions de taux d’occupation des hôtels atteignant seulement 43% en juillet et 47% en août.
PRÉVISIONS ENCORE MOROSES
A quelques rares exception près, le tableau est identique dans tout le sud de l’Europe: une fréquentation touristique un peu meilleure que pendant l’été noir de 2020 mais atteignant péniblement la moitié de son niveau pré-crise sanitaire.
En Grèce, où le tourisme contribue à hauteur de 20% à la richesse nationale, la banque centrale a révisé en baisse cette semaine ses prévisions de recettes touristiques: elle s’attend désormais à ce qu’elles ne représentent cette année que 40% de leur montant de 2019 (une année record avec 33 millions de visiteurs), contre 50% attendus précédemment.
Le responsable de l’association hôtelière hellénique, Grigoris Tassios, évoque un taux moyen d’occupation des hôtels autour de 35-45% actuellement et ne prévoit pas d’amélioration significative dans les prochaines semaines.
L’Espagne, légèrement plus optimiste, a relevé sa prévision de fréquentation touristique estivale et table désormais sur 45 millions de visiteurs (soit environ 54% du niveau de 2019), contre 42 millions dans sa précédente prévision il y a un mois.
L’archipel des Baléares bénéficie déjà de l’annonce mercredi par Londres de son inscription sur la « liste verte » des pays dans lesquels les touristes britanniques peuvent se rendre sans être contraints à une quarantaine au retour: les réservations aériennes vers cette destination atteignent déjà 80% de leur niveau d’avant-crise.
« Avec la levée des restrictions pour les touristes britanniques, ils sont de retour. Au cours des premières 24 heures, nous avons eu un nombre de réservations correspondant à celui enregistré en dix jours en 2019 », a déclaré un porte-parole de la chaîne hôtelière espagnole Melia.
OPTIMISME HEXAGONAL
En France, le secrétaire d’Etat chargé au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne s’est également montré relativement optimiste dans un entretien publié mercredi dans Les Echos, tablant sur un retour « dès cet été » des touristes européens et américains.
« En revanche, je ne pense pas que nous reverrons les clientèles asiatiques avant 2022 », a-t-il souligné.
Alors que la France, « plus résiliente que ses voisins », a perdu 50% de recettes liées au tourisme international en 2020, le gouvernement vise cette année une fréquentation de « 50 millions de visiteurs internationaux, contre 35 à 40 millions en 2020 », a précisé Jean-Baptiste Lemoyne.
Avant la crise sanitaire, le tourisme international en France avait atteint un niveau record de 90 millions de visiteurs en 2019, en dépit des mouvements sociaux ayant marqué l’année (crise des « Gilets jaunes » et manifestations contre la réforme des retraites).
Globalement, les prévisions des analystes n’offrent aucune certitude sur la saison estivale qui s’ouvre.
Tomas Dvorak, économiste du cabinet d’études Oxford Ecomomics, estime que si les campagnes vaccinales nationales continuent de progresser et de faire baisser la circulation du virus, le tourisme en Europe du Sud pourrait retrouver d’ici la fin de l’année un niveau correspondant à 85% de celui enregistré en 2019.
A l’inverse, le cabinet de conseil McKinsey a estimé cette semaine que certains pays de la région pourraient avoir à attendre jusqu’en 2024-2025 pour voir leur fréquentation touristique se rétablir totalement.
(Avec la contribution de Dan Burns à Washington, Phil Blenkinsop à Bruxelles, Angeliki Koutantou, George Georgiopoulos et Lefteris Papadimas à Athènes, Sarah Young à Londres, Belen Carreno et Inti Landauro à Madrid, Catarina Demony à Lisbonne, Emma Thomasson et Ilona Wissenbach à Berlin, Stephanie Nebehay à Genève et Myriam Rivet à Paris ; rédigé par Mark John, version française Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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