Nouvelles mesures contre le Covid-19 en France
Le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir dans une allocution télévisée très attendue les nouvelles décisions prises pour freiner la progression de l’épidémie de COVID-19 en France. Parmi ces mesures figure l’élargissement des restrictions déjà en vigueur dans 19 départements, à l’ensemble du territoire métropolitain, à compter de samedi.
Il s’agit entre autres de la fermeture des commerces non essentiels, la possibilité de s’aérer dans une limite de 10 km de chez soi, sans limitation de durée, la systématisation du télétravail et le maintien du couvre-feu de 19h à 6h du matin.
« Si nous faisons ce choix, c’est parce que plus aucune région métropolitaine n’est aujourd’hui épargnée. Partout le virus circule de plus en plus vite et partout les hospitalisations augmentent », a expliqué M. Macron. Les Français qui souhaitent changer de région pour aller s’isoler pourront le faire durant ce week-end de Pâques, a-t-il ajouté.
A cette mesure d’élargissement des restrictions à l’ensemble de la métropole s’ajoute la fermeture des crèches, écoles, collèges et lycées à partir de vendredi soir pour trois semaines. « La semaine prochaine, les cours pour les écoles, collèges et lycées se feront à la maison », a déclaré le président français tout en précisant que seuls les enfants des soignants et des quelques autres professions qui seront accueillis dans les établissements, de même que les enfants en situation de handicap qui doivent continuer à être accueillis dans le secteur médico-social.
« Les deux semaines suivantes, soit à partir du 12 avril, la France entière, quelle que soit la zone de vacances, sera placée en vacances de printemps », a-t-il ajouté. La rentrée aura donc lieu pour tous le 26 avril pour les maternelles et les primaires, « à distance » pour les collégiens et les lycéens qui ne pourront retrouver physiquement leur établissement que le 3 mai prochain.

Un centre de vaccination au vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, à Saint-Quentin-en-Yvelines, en France, le 24 mars 2021. (Aurelien Morissard/Xinhua)
Le président français se veut optimiste, et appelle à ne pas céder à la panique. « Nous n’avons pas perdu le contrôle dans les services hospitaliers. La réserve sanitaire sera renforcée. Nous allons faire passer le nombre de lits en réanimation de 7.000 à 10.000 », a-t-il annoncé.
M. Macron compte également sur la vaccination qui est, selon lui, la clé pour renouer avec la vie. Il annonce pour « la mi-mai et le début de l’été » une réouverture progressive pour la culture, le sport, l’événementiel, les cafés et restaurants.
Ce retour à la vie normale sera possible, selon M. Macron, grâce à l’accélération de la vaccination. Plus de 8,5 millions de personnes ont reçu une première injection de vaccin et 3 millions à en avoir reçu deux, a-t-il précisé. « Notre enjeu principal, c’est d’accélérer encore et encore », a-t-il souligné. Cette accélération de la vaccination mobilisera au total 250.000 professionnels médecins, pharmaciens, sapeurs-pompiers et infirmiers.
Ces nouvelles annonces du président français sont diversement appréciées par les soignants. C’est par exemple le cas du chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou, Philippe Juvin. Il a regretté sur BFMTV le retard accusé dans la prise de décision du président français. « On a pris beaucoup de retard, on va payer très cher cette procrastination », a-t-il indiqué.
Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, a fait la même remarque. « Il va y avoir un certain temps de latence avant qu’on voie l’impact de ces mesures, on espère qu’elles seront suffisantes », a-t-elle déclaré.
Les responsables politiques de l’opposition critiquent également le même retard dans les prises de décision concernant cette crise sanitaire. Jean Luc Mélenchon, leader de la France insoumise dénonce des « incohérences » dans le discours présidentiel. « Les élèves : les uns à l’école les autres à la maison. Couvre-feu sans alternance des horaires de travail = la cohue », a écrit M. Mélenchon sur son compte twitter.
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