Absences et divergences marquent les discussions du G20 Finances en Afrique du Sud
LE CAP (Reuters) – Un certain nombre de ministres des Finances du G20 n’ont pas participé à la réunion du groupe en Afrique du Sud mercredi sur fond de différends concernant les principales questions liées au climat, à la dette et à l’inégalité.
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Il est toujours été difficile pour le groupe, qui compte la Chine, la Russie, l’Union européenne et les États-Unis parmi ses membres, de se mettre d’accord sur une déclaration commune mais les divergences sont plus marquées que jamais.
Par ailleurs, certains ministres des Finances étaient trop absorbés par leur propre politique intérieure pour assister à la réunion de deux jours organisée au Cap.
Les ministres des Finances de nombreuses grandes économies du G20, dont ceux des États-Unis, de la Chine, du Japon, de l’Inde et du Canada, ont annulé leur participation à l’événement, qui visait à aborder les défis économiques mondiaux, en présence également de banquiers centraux. Le haut responsable économique de l’Union européenne n’a pas non plus participé à l’événement.
Ces absences réduisent encore plus les chances de parvenir à un communiqué commun et de trouver un accord sur des questions que l’hôte, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, considère comme essentielles, notamment, le financement des pays riches pour lutter contre le changement climatique, la réforme du système financier et l’aggravation des inégalités.
« En cette période d’incertitude mondiale et d’escalade des tensions, il est plus important que jamais que les membres du G20 travaillent ensemble », a-t-il déclaré dans son discours d’ouverture.
« L’érosion du multilatéralisme constitue une menace pour la croissance et la stabilité mondiales ».
Selon le gouverneur de la Banque centrale d’Afrique du Sud, Lesetja Kganyago, un certain nombre de réunions récentes du G20 se sont conclues sans un communiqué commun et le fait que certains pays soient représentés par des vice-ministres n’était pas un obstacle.
« Il n’y a personne dans la salle qui se dise (…) ‘Je vais faire valoir ce point, mais je pense que je suis trop jeune et qu’ils risquent de l’ignorer' », a-t-il déclaré à Reuters.
Alex van den Heever, politologue à l’université de Witwatersrand à Johannesburg, a souligné que l’absence des États-Unis aux discussions « rend très difficile de voir comment les participants vont aller de l’avant ».
Les États-Unis avaient également refusé d’envoyer leur plus haut diplomate à une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 la semaine dernière.
LES DÉFIS CLIMATIQUES
L’Afrique du Sud espérait faire du G20 une plateforme permettant de faire pression sur les pays riches afin qu’ils intensifient leurs efforts contre le changement climatique en contribuant davantage à la transition énergétique des pays pauvres.
Le ministre de l’Énergie, Kgosientsho Ramokgopa, a déclaré à Reuters mardi que « ce que la présidence américaine fait, effectivement, c’est reconfigurer la conversation (sur l’énergie verte) en (…) réintroduisant des éléments que nous pensions résolus ». Il a ajouté que certains pays pourraient ainsi reconsidérer l’ampleur et le rythme de leur transition des combustibles fossiles vers les énergies vertes.
Certains analystes estiment que la mise en retrait de la plus grande économie du G20 soulève des questions sur la pertinence de la réunion. D’autres y voient une opportunité d’avancer sans les États-Unis.
« Il pourrait très bien y avoir des synergies entre de grandes parties de ce qui reste en excluant les États-Unis sur des questions particulières », a déclaré Daniel Silke, directeur de Political Futures Consultancy.
« C’est une occasion pour l’Afrique du Sud de jouer son rôle de leader. »
(Avec Wendell Roelf, Duncan Miriri et Tim Cocks ; version française Elena Smirnova, édité par Kate Entringer)
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