Trois chefs de gouvernement européens attendus à Kiev, qui continue de résister
Trois chefs de gouvernement européens ont pris mardi un train pour Kiev, une initiative inédite depuis le début de l’invasion russe il y a vingt jours, afin d’afficher leur solidarité avec l’Ukraine qui continue de résister aux assauts des forces de Moscou.
« Il est de notre devoir d’être là où l’Histoire s’écrit. Parce qu’il ne s’agit pas de nous, mais de l’avenir de nos enfants qui méritent de vivre dans un monde libéré de la tyrannie », a dit le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki avant de partir pour la capitale ukrainienne avec ses homologues tchèque Petr Fiala et slovène Janez Jansa.
« L’objectif de cette visite est de confirmer le soutien sans équivoque de toute l’Union européenne à la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine », a déclaré Petr Fiala.
Les trois chefs de gouvernement d’Europe centrale arrivent dans une ville toujours soumise aux bombardements de l’armée russe, dont près de la moitié des 3,4 millions d’habitants ont fui depuis le déclenchement de l’offensive militaire russe le 24 février. Nombre de ceux qui restent passent leurs nuits en s’abritant dans les stations de métro.
Mardi, deux explosions ont secoué Kiev avant l’aube. Un immeuble d’habitation était en flammes après avoir été visé par une frappe. Cinq personnes sont mortes dans les bombardements sur la capitale, a déclaré le président Volodimir Zelenski.
Près de trois semaines depuis le début d’une guerre que Moscou pensait remporter en quelques jours d’après les services de renseignement de plusieurs pays occidentaux, les forces russes n’ont encore pris aucune des dix plus grandes villes d’Ukraine même si leurs bombardements ont réduit certains quartiers résidentiels à l’état de ruines.
« POURQUOI DEVRIEZ-VOUS MOURIR ? »
L’accueil de dignitaires étrangers à Kiev constituerait un succès symbolique important pour Volodimir Zelenski, qui a refusé de quitter la capitale au début de l’assaut russe.
Le chef de l’Etat ukrainien a adressé un message de défi aux forces russes en les exhortant à la reddition.
« Conscrits russes ! Ecoutez-moi bien attentivement. Officiers russes ! Vous avez déjà tout compris : vous ne prendrez rien de l’Ukraine. Vous prendrez des vies. Mais vos vies aussi seront prises. Pourquoi devriez-vous mourir ? Dans quel but ? Je sais que vous voulez survivre », a-t-il dit.
L’un des conseillers de Zelenski a affirmé que la guerre serait terminée d’ici le mois de mai ou quelques semaines, en expliquant que la Russie manquait de troupes pour poursuivre le combat.
La Russie réfute le terme d’invasion ou de guerre en Ukraine, présentant son offensive comme une opération spéciale pour désarmer et dénazifier l’Ukraine, des accusations dénoncées par Kiev et ses alliés comme des prétextes sans fondement pour envahir un pays démocratique de 44 millions d’habitants.
Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a dit craindre mardi que Moscou n’organise une attaque sous « fausse bannière », faussement imputée aux Ukrainiens, à l’aide d’armes chimiques.
DEUXIÈME JOUR DE DISCUSSIONS RUSSO-UKRAINIENNES
Parallèlement, des délégations russe et ukrainienne devaient reprendre mardi, via un lien vidéo, des pourparlers entamés la veille. C’est la première fois que les discussions s’étalent sur deux jours.
« Le travail est difficile et dans la situation actuelle, le seul fait que les discussions se poursuivent est probablement positif », a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.
La Russie réclame des garanties de sécurité et l’assurance que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’Otan. Dans un message vidéo, Volodimir Zelenski a dit comprendre que l’Ukraine n’ait pas encore la possibilité d’intégrer l’Alliance atlantique.
Si les portes restent fermées, a-t-il dit, « nous devons coopérer avec les organisations (…) qui nous aideront, nous protégeront (…) et nous offriront des garanties séparées », a-t-il dit.
Les négociations entre les deux camps se sont pour l’heure focalisées sur l’évacuation des civils et l’aide humanitaire à apporter aux villes encerclées par la Russie, en particulier le port de Marioupol et ses 400.000 habitants dans le sud-est du pays.
L’armée russe a autorisé lundi le passage d’un premier convoi de véhicules hors de la ville mais les tentatives de cessez-le-feu localisé pour permettre l’arrivée de convois humanitaires échouent systématiquement depuis dix jours.
La Croix-Rouge organise de son côté l’évacuation de civils de la ville assiégée de Soumy, dans le nord-est de l’Ukraine, en deux convois de plus de 70 autocars, a dit un porte-parole.
MOSCOU SANCTIONNE BIDEN
Si les colonnes de véhicules blindés russes semblent bloquées à la périphérie de Kiev, l’armée russe a engrangé des succès dans le sud du pays, s’emparant de plusieurs petites villes sur les rives de la mer Noire et de la mer d’Azov.
Le ministère russe de la Défense a annoncé mardi que l’armée russe avait pris le contrôle total de la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine.
Dans la région de Mykolaïv, les services de secours ont déclaré que sept personnes avaient péri dimanche dans une frappe aérienne sur un bâtiment scolaire.
Le ministère britannique de la Défense a de son côté fait état de manifestations contre l’occupant russe dans les villes de Kherson, Berdiansk et Melitopol. Les forces russes ont tiré en l’air pour disperser la foule à Kherson, a-t-il ajouté, citant les rapports de ses services de renseignement.
Les maires des villes de Melitopol et Dniproroudne auraient été enlevés, a-t-il encore déclaré.
A des centaines de kilomètres des zones de combats, dans la ville de Rivne, dans l’ouest de l’Ukraine, les autorités ukrainiennes ont annoncé la mort de 19 personnes dans une frappe aérienne russe sur une tour de télévision.
Cette attaque, si elle était confirmée, serait la plus grave contre une cible civile dans la moitié nord-ouest du pays depuis le début de l’invasion. La Russie dément viser des civils.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés ukrainiens s’élève désormais à 2,95 millions.
L’offensive lancée par la Russie a provoqué l’instauration de sanctions occidentales massives contre Moscou, qui a répliqué symboliquement mardi en annonçant des mesures de rétorsion contre le président américain Joe Biden, son secrétaire d’Etat Antony Blinken, ainsi que le chef du Pentagone, Lloyd Austin, ou le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan.
Le département du Trésor a quant à lui imposé de nouvelles sanctions à des ressortissants russes accusés de violations des droits de l’Homme ainsi qu’au président biélorusse Alexandre Loukachenko, allié de Moscou dans l’offensive contre l’Ukraine.
(Rédactions de Reuters, version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Sophie Louet et Jean-Michel Bélot)
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