Soudan: 185 morts dans les affrontements selon l’Onu, l’Egypte tente une médiation
par Khalid Abdelaziz et Nafisa Eltahir
KHARTOUM (Reuters) – L’armée soudanaise et le groupe paramilitaire qu’elle affronte ont chacun revendiqué des gains lundi, alors que les combats survenus ce week-end dans le pays se sont intensifiés, provoquant des coupures d’eau et d’électricité dans la capitale Khartoum et faisant craindre un conflit plus large.
Les affrontements entre les unités de l’armée fidèles au général Abdel Fattah el Bourhan et les Forces de réaction rapide (FSR), jusque-là alliées, ont fait au moins 185 morts et plus de 1.800 blessés, a indiqué l’émissaire de l’Onu au Soudan.
S’exprimant sur fond de bombardements et combats au sol à Khartoum ainsi que dans d’autres villes à travers le pays, Volker Perthes a déclaré par visioconférence à des journalistes qu’aucun des deux camps ne semblait disposé à négocier.
Il a annoncé un accord sur une trêve humanitaire de trois heures mais, selon les chaînes de télévision Al Jazeera et Al Arabiya, les affrontements se sont poursuivis en dépit des promesses en ce sens des camps rivaux.
L’Egypte et les Emirats arabes unis ont entamé des travaux distincts sur des propositions de cessez-le-feu, a-t-on appris de deux sources sécuritaires égyptiennes, sans que des avancées soient obtenues pour l’heure.
Alors que le Caire est le principal soutien étranger de l’armée soudanaise et se méfie de longue date de tout changement politique dans le pays, le président égyptien Abdel Fattah al Sissi a dit être en contact régulier avec l’armée et les FSR afin de « les encourager à accepter une trêve et épargner le sang du peuple soudanais ».
Ces affrontements, les plus violents depuis des décennies, ont été déclenchés par un désaccord sur l’intégration des FSR dans l’armée, nouvel épisode des tumultes du partage du pouvoir mis en place à la suite du coup d’Etat militaire de 2021, survenu deux ans après la chute de l’autocrate Omar el Béchir.
Abdel Fattah el Bourhan préside le Conseil souverain de transition du Soudan et a pour adjoint le chef des FSR, le général Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de « Hemedti » et qui a cultivé des liens avec plusieurs puissances étrangères dont les Emirats arabes unis et la Russie.
« MENACE »
Annonçant avoir listé les FSR comme entité rebelle, Abdel Fattah el Bourhan a ordonné dans la journée la dissolution du groupe paramilitaire.
Des témoins ont rapporté des bombardements et des frappes menées par des avions de chasse en différents points de Khartoum, peu habituée à de tels affrontements, et contre une base militaire à Bahri, située sur l’autre rive du Nil.
Les ponts reliant Khartoum à Bahri et Omdurman étaient bloqués par des véhicules blindés, de même que certaines routes menant à la capitale.
Un nuage de fumée s’élevait au-dessus du tarmac de l’aéroport international de Khartoum, secoué par des explosions, ont montré des images télévisées.
Des bureaux, écoles et stations-service de la capitale étaient fermées. Quatre grands hôpitaux ont indiqué avoir été endommagés, avec pour conséquence des opérations fortement ralenties voire à l’arrêt.
Les FSR ont dit avoir pris le contrôle d’un aéroport et de bases militaires, tandis que l’armée a assuré garder le contrôle de son siège à Khartoum en dépit de ce qu’elle a décrit comme des « affrontements limités » dans la zone.
Ces affrontements interviennent alors qu’un accord de transition vers un pouvoir civil, conclu sous médiation internationale, devait être formellement signé plus tôt ce mois-ci.
Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a annoncé que l’ambassadeur de l’Union européenne au Soudan avait été agressé lundi dans sa résidence, sans donner plus de précisions.
A Washington, la Maison blanche a déclaré n’avoir pas prévu pour l’heure d’évacuations du Soudan.
Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a déclaré qu’un cessez-le-feu immédiat était nécessaire. « Il y a une grande préoccupation partagée à propos des combats, de la violence ayant lieu au Soudan – la menace qu’ils représentent pour les civils, pour la nation soudanaise et, potentiellement, pour la région », a-t-il dit lors d’un déplacement au Japon.
Mettant en avant que la situation humanitaire, déjà précaire, avait empiré, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a appelé à un retour au calme.
De nombreux programmes d’aides onusiens ont été interrompus par les affrontements, a fait savoir un haut représentant.
(Reportage Khalid Abdelaziz à Khartoum, Nafisa Eltahir, Omar Abdel-Razek, Moaz Abd-Alaziz et Hatem Maher au Cairo, Humeyra Pamuk à Tokyo, Michelle Nichols aux Nations; version française Jean Terzian)
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