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Cameroun : controverse autour d’une décision d’exclure les « ministres de culte » de l’enseignement universitaire public

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Dans une lettre du 18 janvier 2021 adressée au recteur de l’université Yaoundé I, Maurice Aurélien Sosso, le ministre de de l’enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo, estime qu’on ne peut pas être en même temps « ministre de culte » et professeur permanent dans une université publique. Ce qui fait réagir négativement le clergé d’Afrique, en général et du Cameroun, en particulier, à en croire, La croix Africa.

Dans cette correspondance adressée au recteur de l’université de Yaoundé 1, Maurice Aurélien Sosso, le Ministre Jacques Fame Ndongo estime que l’on ne peut pas être ministre de culte et fonctionnaire de l’enseignement supérieur au Cameroun en même temps. Cette double appartenance, selon lui, n’est pas conforme « à la réglementation en vigueur en ce qui concerne le corps de l’enseignement supérieur ayant qualité de fonctionnaire ». « Il m’est revenu que certains enseignants attachés aux institutions universitaires appartiennent à d’autres corps des agents de l’État (…), d’une part et d’autres sont ministres de culte de différentes obédiences religieuses, d’autre part », a-t-il écrit dans ce courrier.

Cette réglementation citée par le ministre camerounais de l’enseignement supérieur existe depuis 1994 et est incluse dans le statut général de la fonction publique au Cameroun.

Des vives réactions d’un universitaire jésuite

Cette correspondance a fait réagir négativement le père Ludovic Lado, prêtre et universitaire camerounais. Sur sa page Facebook, il a publié le 21 février 2021, une lettre ouverte dans laquelle il dit avoir été « littéralement choqué » par ce genre de « considération surannée ». « Cette réglementation est simplement discriminatoire et viole le caractère laïc de l’État inscrit dans la Constitution du Cameroun, poursuit-il. Elle viole en outre le droit à la liberté de religion, car devenir « ministre de culte » relève des pratiques religieuses qui ne sauraient s’inviter dans l’organisation de la fonction publique ».

Par ailleurs, le jésuite a rappelé les noms de nombreux prêtres catholiques qui ont joué un rôle déterminant dans l’enseignement universitaire au Cameroun. « Enfin, je me demande ce que le Cameroun aurait perdu si une telle disposition avait exclu de l’université le père physicien Crougneau, le père historien Engelbert Mveng, le père sociologue Jean-Marc Ela, le père philosophe Meinrad Hebga, le père psychologue Jacques-Philippe Tsala Tsala », a-t-il fait remarquer avant d’annoncer dans une autre publication du 23 février 2021, son intention de « porter plainte sur l’article 14 du Statut de la fonction publique qui viole les droits des « ministres de culte ».

Discrimination

De son côté, le père Serge Martin Ainadou, prêtre du diocèse de Cotonou, dans une réflexion sur l’actualité proposée le 24 février 2021, pense que la finalité de la méthode scientifique d’une discipline n’est pas de s’opposer à la liberté de religion mais de participer au premier chef à la formation du sujet dans une société. La question du rapport entre liberté et laïcité mérite d’être débattue, d’autant plus que l’actualité en Afrique, précisément au Cameroun, fait état d’une décision de l’exclusion des ministres de culte de l’enseignement universitaire public

Selon lui, avec l’exclusion des « ministres de culte » de l’enseignement universitaire public au Cameroun, se pose quels qu’en soient les motifs avancés, un problème de discrimination.

Il est vrai que la collectivité des chercheurs à laquelle pourraient éventuellement appartenir des ministres de culte, est, par principe, soumise à la règle d’une certaine neutralité laïque dans des Écoles et universités d’État. Mais les recherches universitaires ont une dimension éthique qu’il ne faudrait pas occulter et cette dimension est aussi mise en avant dans la formation religieuse.

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