La guerre en Ukraine entre dans sa deuxième année, nouvelles aides des alliés de Kyiv
par Max Hunder et Dan Peleschuk
KYIV (Reuters) – La guerre en Ukraine est entrée vendredi dans sa deuxième année, sans issue perceptible, alors que ce que la Russie présente comme une « opération militaire spéciale » mais que Kyiv et ses alliés occidentaux dénoncent comme une invasion, a fait des dizaines de milliers de morts, ravagé des villes et contraint des millions de personnes à fuir.
Les Ukrainiens ont rendu hommage à leurs proches tombés au combat et ont promis de se battre jusqu’à la victoire, tandis que la Russie a déclaré que ses forces gagnaient du terrain dans l’est du pays.
Le président ukrainien Volodimir Zelensky, qui devait participer dans la journée à une réunion du G7 en ligne, avec entre autres les présidents français et américain, a salué une « année d’invincibilité » pour l’Ukraine.
« C’est ainsi que tout a commencé le 24 février 2022. Le jour le plus long de notre vie. Le jour le plus difficile de notre histoire récente. Nous nous sommes réveillés tôt et n’avons pas dormi depuis », a déclaré Volodimir Zelensky dans un message vidéo.
« Nous résistons à toutes les menaces, aux bombardements, aux bombes à fragmentation, aux missiles de croisière, aux drones kamikazes, aux coupures de courant et au froid. Nous sommes plus forts que cela », a-t-il ajouté.
« Nous n’avons pas été vaincus. Et nous ferons tout pour remporter la victoire cette année ! »
Son homologue russe Vladimir Poutine a ordonné le 24 février 2022 une offensive de grande ampleur en Ukraine avec l’objectif de prendre le contrôle de la capitale Kyiv pour renverser le gouvernement pro-européen.
Les espoirs du président russe d’une victoire rapide ont été douchés par la résistance ukrainienne et des erreurs militaires qui ont embarrassé Moscou.
Dans un contexte de tensions mondiales rappelant la Guerre froide, le Kremlin persiste à décrire son opération comme nécessaire pour des raisons sécuritaires et dit y voir une lutte indispensable face à l’hostilité des Occidentaux.
SOUTIEN DE L’OCCIDENT
Kyiv et ses alliés occidentaux, au premier rang desquels les Etats-Unis, rejettent les accusations russes, décrivant l’offensive de Moscou comme une démarche injustifiée destinée à élargir son territoire et son contrôle dans la région.
Les Etats-Unis ont annoncé vendredi toute une série de sanctions contre la Russie et les « acteurs de pays tiers » en Europe, en Asie et au Moyen-Orient qui soutiennent l’effort de guerre de la Russie. Washington va imposer de nouveaux contrôles à l’exportation et des droits de douane.
Le département d’État américain va sanctionner plus de 60 responsables russes, dont des ministres et des dirigeants régionaux, ainsi que trois entreprises qui gèrent le programme d’armes nucléaires du pays.
En plus de la réunion virtuelle des dirigeants du G7, les ministres des Finances des pays du G20 devaient évaluer l’impact économique de la guerre en Ukraine, un an après le début de l’offensive russe.
Le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré vendredi à Reuters que les ministres des Finances des pays du G20 devaient condamner l’agression de la Russie contre l’Ukraine.
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a annoncé vendredi la livraison par son pays d’un premier lot de chars Leopard promis à l’Ukraine. La Suède a annoncé qu’elle allait de son côté livrer une dizaine de chars « le plus rapidement possible ».
LOURDES PERTES AUTOUR DE BAKHMOUT
Signe d’une escalade continue des tensions, Vladimir Poutine a annoncé cette semaine la suspension de la participation de la Russie au traité New Start de contrôle des armements nucléaires puis a déclaré que de nouveaux missiles balistiques intercontinentaux, capables de transporter plusieurs têtes nucléaires, seraient déployés pour la première fois cette année.
Le président américain Joe Biden, qui a effectué lundi une visite surprise à Kyiv avant de se rendre en Pologne, a dit mercredi ne pas voir chez son homologue russe de volonté de recourir à des armes nucléaires – une menace que les Occidentaux considèrent comme une diversion alors que les troupes russes peinent à progresser sur le terrain.
Ces derniers mois, les affrontements les plus intenses se sont majoritairement déroulés à et autour de Bakhmout, ville de l’Est ukrainien, et à Vouhledar, plus au sud.
Des centaines, voire des milliers de soldats, ont péri dans ces deux villes. Bien que des experts militaires indépendants doutent de leur valeur stratégique, les deux camps semblent déterminés à ne pas céder de terrain.
Evguéni Prigojine, fondateur du groupe paramilitaire privé russe Wagner, a revendiqué vendredi la prise de contrôle totale du village ukrainien de Berkhivka, situé à la périphérie de Bakhmout.
Près de 200.000 soldats russes auraient péri ou été blessés depuis le début de la guerre, selon les estimations de certains représentants occidentaux. En novembre, le chef d’état-major de l’armée américaine a déclaré que plus de 100.000 soldats des deux camps avaient été blessés ou tués depuis le 24 février dernier.
Les pertes sur les lignes de front sont impossibles à vérifier de manière indépendante. Des soldats présents dans les tranchées et des cadres militaires ont toutefois admis que le nombre de morts s’était accéléré ces dernières semaines.
L’Ukraine est parvenue à résister aux assauts russes en dépit d’une armée moins étoffée, principalement grâce aux dizaines de milliards de dollars d’équipements militaires livrés par les Occidentaux.
Depuis le début du conflit, Volodimir Zelensky s’illustre dans un rôle de chef de guerre omniprésent pour obtenir des livraisons d’armes occidentales, multipliant les rencontres, les entretiens et les interventions.
Reste à savoir si le niveau de soutien apporté par les Occidentaux pourra être maintenu, malgré leur promesse d’aider Kyiv aussi longtemps que nécessaire.
LA CHINE APPELLE AU DIALOGUE
Jusqu’à présent, l’économie russe a surmonté les importantes sanctions prises par étapes successives par les Occidentaux, qui estiment que ces mesures auront progressivement un impact de plus en plus lourd et entraveront la capacité de Moscou à financer une guerre très coûteuse.
« L’économie russe et le système de gouvernance ont montré qu’ils étaient bien plus solides que l’Occident ne le supposait », a déclaré Vladimir Poutine mardi lors d’un discours devant l’élite politique et militaire russe.
Moscou a aussi pu compter sur les achats de la Chine et de l’Inde, compensant la volonté de l’Europe de ne plus être dépendante des livraisons énergétiques russes.
Washington a dit craindre que Pékin décide de livrer des armes à la Russie pour son offensive en Ukraine, une démarche qui pourrait engendrer une escalade vers une guerre plus large entre, d’un côté, la Russie et la Chine, et de l’autre, l’Ukraine et l’Otan.
La Chine a indiqué vouloir empêcher la crise ukrainienne de devenir incontrôlable dans un document publié vendredi par le ministère des Affaires étrangères.
« Le dialogue, la négociation, sont les seuls moyens durables pour résoudre la crise ukrainienne », a dit Pékin, selon ce document qui présente la position de la Chine sur un règlement politique de la crise en Ukraine.
(version française Jean Terzian et Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)
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