Les églises protestantes de la ville de Moutier resteront bernois (ou presque)
L’avenir transfrontalier de la paroisse réformée a été entériné ce mardi 19 novembre. Une décision accueillie avec soulagement, alors que la paroisse était vouée à la dislocation entre la ville de Moutier devenue jurassienne et les villages alentours restant bernois.
C’est dans un soulagement général, à la quasi-unanimité (164 oui, 0 non et 2 abstentions), que la paroisse de Moutier a été désignée, ce 19 novembre, «paroisse transfrontalière» lors du Synode des Eglises réformées de Berne-Jura-Soleure (Refbejuso). Une décision prise au niveau supra-cantonal, qui vient mettre un terme à des années d’inquiétude et de déchirements.
«Il s’agissait de panser un peu les plaies, du moins ne pas rajouter de l’huile sur le feu», évoque le pasteur de Tramelan Philippe Kneubühler, membre de l’Exécutif de Refbejuso. En effet, en 2021, lorsque les électeurs de Moutier ont voté le transfert de leur ville dans le canton du Jura, beaucoup de protestants se sont retrouvés dans le camp des perdants: «L’attachement confessionnel à Berne faisait partie de leur identité depuis des siècles», explique-t-il.
Plus problématique, la paroisse de Moutier – qui englobe les communes de Perrefitte, Belprahon, Roches, Elay et La Scheulte comptabilisant près de 1500 paroissiens – était alors vouée à la dislocation. «La ville devenait jurassienne, mais les villages alentours restaient bernois», expose le pasteur et ancien conseiller municipal biennois Cédric Némitz, mandaté consultant par la paroisse à cette occasion. «Le passage de Moutier dans le canton du Jura en 2026 obligeait de facto à des adaptations», relève-t-il. «Mais il y avait là aussi un réel enjeu de réconciliation.»
A l’écoute de la base
«Les tensions intercantonales avaient créé beaucoup de souffrance. Il s’agissait d’en prendre acte et de ne pas venir avec des solutions d’en haut toutes faites et brutales», souligne Philippe Kneubühler. Le chargé de projet entame alors tout un processus de consultation auprès des paroissiens de la région. «Dans tout ce processus, on a cherché le consensus. J’ai mené des heures et des heures d’entretiens individuels, où les gens ont pu déposer leurs blessures», confie Cédric Némitz. Face au «risque d’un nouveau psychodrame», l’idée d’établir une paroisse transfrontière émerge.
«Assez vite, cette option nous est apparue comme une évidence», indique Jeanne-Lyse Ryf, présidente du conseil de paroisse. Cette solution avait également l’avantage de préserver la collaboration avec les autres paroisses de la région, réunies dans l’association dite du Par8 s’étendant de Grandval à Tramelan.
«Le processus mis en place a permis une transition en douceur pour les paroissiens, qui étaient avertis au fur et à mesure de l’avancée des travaux», a pu observer, de son côté, le pasteur de Moutier Quentin Jeanneret.
Impôts et salaires
Silvano Keller, président du Conseil du Synode de l’arrondissement jurassien, se réjouit également de l’aval donné par le parlement de Refbejuso: «On est heureux que cela se passe sans histoire: on a tout fait dans ce sens pour réaliser le vœu des paroissiens.»
Du côté du personnel, les Eglises ont également veillé à ne pas froisser les individualités, témoigne Quentin Jeanneret. «Il y a des différences salariales assez importantes entre l’Eglise jurassienne et l’Eglise bernoise. Or, pour ne pas créer de déséquilibre au sein même du Par8, il a été décidé que les employés de la paroisse de Moutier continuent d’être salariés par Berne», renseigne-t-il.
Si elle fixe déjà la question de l’impôt ecclésiastique, cette convention ne règle cependant pas tout dans le détail. «Il s’agit encore de mettre tout ça en musique dans les règlements», précise Philippe Kneubühler. «Cela passera par du travail juridique et non plus des votations.» Et de rappeler que Moutier n’est pas la première paroisse transfrontalière, citant Morat ou encore Chiètres.
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