Macron pour une aide rapide et efficace, car l’avenir du Liban est en jeu
FORT DE BRÉGANÇON, Var (Reuters) - Emmanuel Macron, qui ouvrait dimanche la visioconférence de soutien au Liban qu'il co-organise avec les Nations unies, a déclaré que l'aide devait aller "le plus efficacement possible" à la population de Beyrouth et réitéré ses appels à des réformes politiques et économiques.
"Notre rôle à tous est d’être là, à leurs côtés, aux côtés de Beyrouth et du peuple libanais", a déclaré le président français dans son propos introductif.
"L'objectif aujourd'hui est de faire vite, avec efficacité, de coordonner notre aide sur le terrain pour qu'elle aille le plus efficacement possible à la population libanaise", a-t-il poursuivi.
"Il est important que cette aide puisse aller le plus vite possible aux acteurs publics, privés, aux acteurs non gouvernementaux, à la société civile, compte tenu de ses besoins d'ores et déjà évalués", a-t-il dit, évoquant la nécessité d'un "monitoring étroit" des Nations unies.
Cinq jours après l'explosion sur le port de la capitale, qui a fait au moins 158 morts et 6.000 blessés et creusé le fossé entre une partie de la population et la classe politique, accusée de négligence, d'incurie et de corruption, Emmanuel Macron a également estimé que la tragédie de Beyrouth sonnait "comme un coup de tonnerre".
Cette Conférence internationale de soutien et d'appui à Beyrouth et au peuple libanais mobilisait les principaux partenaires internationaux du Liban et organiser et coordonner le soutien d’urgence de la communauté internationale.
Les participants à la visioconférence sur le Liban se sont engagés à réunir des "ressources majeures" afin de répondre aux besoins immédiats de beyrouth et du peuple libanais, affirme une déclaration commune diffusée dimanche.
"Cette assistance devra être coordonnée sous la conduite de l'Onu et livrée directement à la population libanaise avec la plus grande efficacité et en transparence", dit cette déclaration.
"Les participants sont prêts à soutenir la reconstruction économique et financière du Liban, qui passe par la mise en oeuvre des réformes attendues par la population libanaise."
Dans l'immédiat, l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) estime à près de 120 millions de dollars les sommes nécessaires pour répondre à l'urgence en matière de santé, de relogement temporaire, de protection, d'hygiène, d'éducation, de sécurité alimentaire et de logistique (avec la mise en place d'installations temporaires pour relancer l'activité sur le port de Beyrouth).
Plus de 250.000 personnes sont "hautement vulnérables", note l'Ocha.
Les dégâts matériels se chiffrent eux en milliards de dollars - une estimation de 15 milliards a été avancé par les autorités -, un montant que le Liban, qui ploie déjà sous une montagne de dette excédant 150% de son PIB, ne pourra financer seul.
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"QUE NI LA VIOLENCE NI LE CHAOS NE PUISSENT L’EMPORTER"
Emmanuel Macron, premier dirigeant étranger à s'être rendu à Beyrouth après l'explosion, avait promis jeudi de mobiliser des financements internationaux mais a également réclamé une "refondation d'un ordre politique nouveau" au Liban. Engageant un dialogue avec des Libanais venus l'accueillir, il leur avait garanti que l'aide internationale ne finirait pas "dans les mains de la corruption".
"L’explosion du 4 août a sonné comme un coup de tonnerre. Le temps du réveil et de l’action est venu", a-t-il insisté dimanche, appelant une nouvelle fois les autorités libanaises à "mettre en place les réformes politiques et économiques demandées par le peuple libanais et qui permettront à la communauté internationale d’agir efficacement aux côtés du Liban pour la reconstruction".
"Nous devons tous ensemble tout faire pour que ni la violence ni le chaos ne puissent l’emporter", a-t-il souligné au lendemain d'une manifestation sous tension dans le centre de Beyrouth contre les pouvoirs en place.
"En ce moment même et ces jours-ci, c’est bien l’avenir du Liban qui se joue, l'avenir du peuple libanais mais aussi celui de toute une région."
Une trentaine de participants ont participé à cette visioconférence, dont le président libanais, Michel Aoun, et Donald Trump, qui a tweeté samedi matin que "tout le monde veut aider" le Liban.
Les Premiers ministres espagnol et italien Pedro Sanchez et Giuseppe Conte, le roi Abdallah de Jordanie, le président égyptien Abdelfattah al Sissi ainsi que des représentants de l'Union européenne, de la Chine, ainsi que de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de la Ligue arabe, entre autres, étaient également de la partie.
Israël, qui a manifesté son souhait d'apporter une aide, selon Emmanuel Macron, et l'Iran ne s'y sont pas associés, les conditions géopolitiques rendant les choses plus compliquées
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(Yiming Woo, avec Michel Rose, Richard Lough et Henri-Pierre André et Nicolas Delame à Paris)
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