Les désaccords persistent entre Londres et Bruxelles
par Jan Strupczewski, John Chalmers et Elizabeth Piper
BRUXELLES/LONDRES (Reuters) – La position de la Grande-Bretagne dans les discussions sur le Brexit restent « très éloignées » de ce que l’Union européenne peut accepter et il est urgent d’accélérer les négociations, a déclaré lundi le commissaire européen Maros Sefcovic après un entretien avec le ministre britannique Michael Gove.
Les négociations officielles sur les futures relations entre la Grande-Bretagne et l’UE reprennent ce mardi jusque vendredi matin. Il s’agit pour l’instant du dernier cycle de pourparlers prévu mais le porte-parole de Boris Johnson a déclaré lundi qu’elles pourraient se poursuivre de manière officieuse jusqu’au Conseil européen des 15 et 16 octobre.
Les dirigeants européens, réunis en sommet jeudi et vendredi, pourraient donner leur feu vert à la poursuite de ces discussions.
Les deux camps peinent à avancer vers un compromis, qui permettrait d’éviter une rupture désordonnée des relations commerciales le 1er janvier lorsque le Brexit deviendra pleinement effectif, et un projet de loi récemment présenté par Boris Johnson, destiné à éviter toute différence de traitement sur le plan douanier entre l’Irlande du Nord et les autres composantes du Royaume-Uni, a compliqué les discussions, l’UE y voyant une remise en cause de l’accord sur les conditions du divorce conclu en janvier.
« Les positions du Royaume-Uni sont très éloignées de ce que l’UE peut accepter. J’ai réitéré la demande de l’UE de retirer la partie litigieuse du projet de loi sur le marché intérieur d’ici fin septembre », a dit Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne, lors d’une conférence de presse après une rencontre avec Michael Gove.
Ce dernier a au contraire assuré devant la presse que les clauses problématiques de ce projet de loi, présentées comme un « filet de sécurité » par Londres, resteraient bien dans le texte approuvé par la Chambre des communes.
« PASSER À LA VITESSE SUPÉRIEURE »
Les deux hommes se sont rencontrés dans le cadre d’un comité conjoint chargé de trouver une solution permettant de mettre en oeuvre à la fois l’accord sur le Brexit et ce projet sur le marché intérieur du Royaume-Uni.
L’accord sur le Brexit signé en janvier par Boris Johnson prévoit des dispositions particulières pour l’Irlande du Nord afin d’éviter le rétablissement d’une frontière physique avec l’Irlande, susceptible de réveiller les tensions communautaires sur l’île. Avec son projet de loi, le Premier ministre britannique entend toutefois empêcher que des normes européennes s’appliquent à l’Irlande du Nord en cas de désaccord entre Londres et Bruxelles.
Pour Maros Sefcovic, qui a qualifié le projet de loi britannique de « rupture de confiance », la réunion de lundi a prouvé « la nécessité urgente de passer à la vitesse supérieure » dans les négociations.
Il a cependant assuré que l’UE ne prendrait jamais l’initiative de mettre fin aux négociations.
Michael Gove a qualifié sa rencontre avec Maros Sefcovic de « constructive ». Les deux hommes ont constaté leurs désaccords mais ont exprimé leur volonté de combler leurs divergences, a-t-il dit.
« Maros Sefcovic et moi-même sommes engagés à utiliser chaque moment disponible, chaque seconde, chaque minute, chaque heure, afin de parvenir à un accord et je suis convaincu que nous y arriverons », a dit le ministre britannique.
A Londres, le porte-parole de Boris Johnson a dit que « si les deux dernières semaines de discussions informelles ont été relativement positives, il reste beaucoup à faire ». Il a notamment reproché à l’UE de ne pas accepter « la réalité de notre statut de pays indépendant ».
(avec Gabriela Baczynska; version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot)
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